EXAMEN DU SANG ET DES ORGANES
D’UN HOMME MORT D, 'ŒDÈME MALIN OU CHARBONNEUX DES PAUPIÈRES 1 — 1 805 —
Le sang, examiné le 22 août au soir (trois jours après la mort) était fétide et ses globules n’étaient pas distincts; il contenait de nombreuses bactéridies, courtes et sans mouvements, ce qui les distingue des vibrions de la putréfaction. Un cobaye fut inoculé immédiatement avec ce sang; celui-ci, examiné le lendemain, montra de nouveau des bactéridies, que la potasse et l’acide sulfurique laissèrent intactes. La rate contenait un nombre considérable de ces corpuscules. Les élevures noires de l’estomac étaient constituées uniquement par du sang. On reconnaissait encore, dans ce sang, des hématies et, en outre, un nombre considérable de granules ou de granulations amorphes d’hèmatoïdine. Le sang était infiltré dans l’épaisseur de la couche muqueuse superficielle; il n’y avait pas de gangrène.
Le cobaye, inoculé le 22 au soir, mourut le 24, et a présenté de nombreuses bactéridies dans le sang des capillaires et du cœur, ainsi que dans la rate.
L’œdème des paupières est donc évidemment une maladie de nature charbonneuse.
i lu mémoire du Dr Debrou (Archives générales de médecine , octobre 1865, p . 403 ) .
Si l'on examine au microscope le sang d un animal atteint de maladie charbonneuse, on découvrira, parmi les corpuscules sanguins, de petits corps filiformes, très nombreux, appartenant par divers caractères à la famille des vibrioniens et qu’on classerait dans le genre bacterium , s’ils ne différaient des bactéries par l’absence des mouvements.
Dès 1850, j’ai observé dans le sang de plusieurs moutons atteints de la maladie du sang de rate ces corps, auxquels j’ai donné le nom de Bactéridies. Depuis cette époque plusieurs observateurs ont constaté également leur présence chez les animaux atteints du charbon, mais aucun de ces observateurs n’a déterminé le rôle que jouent les bactéridies dans le sang charbonneux : sont-elles la cause de la maladie? en sontelles l’effet, ou bien leur présence est-elle un simple accident ?
Pour élucider cette question, j’ai fait, depuis l’année 1863, de nombreuses expériences qui ont donné les résultats suivants : les bactéridies se trouvent dans toute maladie charbonneuse quelle que soit sa forme et chez tout animal atteint de cette maladie, à quelque espèce qu’il appartienne; l’apparition de ces petits êtres dans la rate, le foie et dans le sang précède celle des phénomènes morbides; enfin, le sang charbonneux cesse d’être contagieux lorsque les bactéridies ont disparu.
Ces faits et quelques autres qu’il serait trop long de rappeler ici, me paraissaient constituer des raisons suffisantes pour affirmer que le développement des bactéridies est la
I Archives générales de médecine , fùviier 186S, p. 144.
CIIARBOX, SEPTICÉMIE
cause du charbon ; mais ces raisons n’ont point eu la même valeur aux yeux de tous les pathologistes et ce n’est point sans réserves que, dans ces derniers temps, quelques auteurs très estimables ont parlé du rôle des bactéridies dans la production des maladies charbonneuses.
La recherche de la nature des maladies est l’un des objets les plus importants que se propose la médecine. Mais, dans le cas actuel, cette recherche offre un intérêt de plus, car si le rôle des bactéridies est tel que je l’ai annoncé, l’existence constante de ces petits corps donne un moyen de diagnostic prompt et certain de la forme la plus commune du charbon chez l’homme, à savoir de la pustule maligne. Userait donc très important d’établir d’une manière définitive le rôle des bactéridies dans la maladie charbonneuse; c’est ce que je vais essayer de faire en répondant d’abord à quelques objections, puis avec des arguments nouveaux.
Une première objection c’est, dit-on, que les bactéries se trouvent dans des conditions et dans des milieux divers, dans le pus et l’urine altérés, dans le sang putréfié, etc. Mais les auteurs de cette objection n’ont pas pris garde que, dans ces diverses conditions, les bactéries appartiennent à des espèces diverses, et que les vibrioniens du charbon se distinguent de ceux qui se trouvent dans les liquides altérés tels que le sang, l’urine, le pus, par un caractère spécial et très précis, qui est leur immobilité.
Une seconde objection, c’est qu’on ne trouve point toujours ces infusoires filiformes dans le sang des animaux malades ou morts après l’inoculation du charbon. En effet, il peut arriver deux cas où l’observateur ne trouve pas de bactéridies dans le sang de l’animal qui succombe après cette inoculation : le premier cas est lorsque l’animal meurt d’une maladie intercurrente pendant la période d’incubation; mais alors, l’époque rapprochée de la mort, l’autopsie qui montre ordinairement l’existence d’une lésion organique grave, 1 inoculation du sang qui ne détermine pas le charbon feront facile ment reconnaître !a cause de l’absence des bactéridies. Le
nature des maladies charbonneuses
second cas, c’est lorsque l’observateur se borne à rechercher ces corpuscules dans le sang du cœur et des gros vaisseaux, car il arrive assez souvent que tous ces corps se trouvent rassemblés dans des caillots fibrineux, blanchâtres ou demitransparents, ordinairement petits, qu’on néglige d’examiner. Ces caillots, en effet, ont ramassé, en quelque sorte, dans le sang, toutes les bactéridies, agissant comme fait l’albumine dans la clarification de certains liquides. Un savant vétérinaire, Delafond, avait déjà signalé ce fait dans un travail dont il a donné communication à la Société de médecine vétérinaire en 1860, travail resté à peu près inconnu, sans doute parce qu’il est rapporté sous le titre très vague de maladie régnante (Recueil de médecine vétérinaire, 4mo série, t. \ II, p. 730, 1860).
Enfin l’on a dit que les vibrioniens sont l’effet et non la cause de l’altération du sang. Cette manière de voir, qui est la dernière objection à laquelle il importe de répondre, a été donnée par Delafond comme conclusion aux recherches que je viens de citer : « Je suis loin de prétendre, dit en effet ce savant, que ce soient ces productions qui engendrent le charbon, et que la nature propre du virus qui transmet la maladie soit due à leur existence; mais je dois faire remarquer que le sang des animaux charbonneux me parait avoir acquis une constitution morbide favorisant essentiellement la multiplication de ces productions *. »
Des observateurs plus récents ont pensé que le seul moyen d’établir l’identité du virus charbonneux et des bactéridies serait de séparer celles-ci du sang par la filtration, et l’on a même essayé de le faire. Mais ce serait là, évidemment, une tentative vaine, car les recherches de M. Coste, relatives à la question des générations spontanées, nous ont appris que des infusoires, d’un volume infiniment supérieur à celui des vibrioniens, passent à travers tous les filtres.
Cependant, relativement à la question qui nous occupe, le
1 Ouvraye cité, page 740.
78 CHARBON, SEPTICÉMIE
filtre que l’industrie humaine ne peut nous procurer, la nature peut nous le fournir; on sait, en effet, que chez les mammifères en état de gestation, un organe qui établit de larges communications entre la mère et le fœtus, le placenta, ne laisse point passer les corps solides les plus petits, ni les corpuscules du sang, ni les substances les plus ténues que l’on emploie dans les injections. Il était donc très probable que les bactéridies, qui sont des corps solides, ne passeraient point de la mère au fœtus et j’ai, en effet, pu vérifier ce fait dans un nombre de cas suffisant pour acquérir à ce sujet une certitude.
Gela posé, si les bactéridies et le virus charbonneux sont une même chose, le sang du fœtus qui ne reçoit point de bac téridies doit être incapable de produire le charbon ; c’est ce qu’a montré l’expérience suivante :
J’ai inoculé un cobaye en état de gestation très avancée avec du sang charbonneux. Ce cobaye, étant mort deux jours après l’inoculation, offrit dans son sang et dans celui du placenta des myriades de bactéridies ; mais il n’y avait aucun de ces corpuscules visible dans le sang ou dans les organes du fœtus qui se trouvait seul dans la matrice.
Quatre cobayes furent inoculés alors, l’un avec le sang du placenta qui contenait des bactéridies, et les trois autres avec celui du cœur, de la rate et du foie du fœtus qui n’en contenait pas. Or, le premier cobaye mourut le lendemain infesté de nombreuses bactéridies, tandis queles trois autres, inoculés avec le sang du fœtus, ne furent nullement malades, et je les conservai vivants pendant plusieurs mois encore.
L’envahissement d’un animal par un infusoire qui le détruit est un fait jusqu’aujourd’hui sans analogue, et c’est parce qu’il est isolé qu’on exige pour admettre ce fait des preuves multipliées. Ce serait apporter un nouvel argument à l'appui du rôle attribué aux bactéridies charbonneuses, que de faire connaître quelque observation du même ordre, quand même l’être organisé qui en serait le sujet n’appartiendrait pas aux animaux. Je vais donc dire quelques mots d’une maladie ob-
servée chez un végétal, et qui est déterminée par l’envahissement des bactéries.
Chez les plantes grasses ou chez des végétaux à parenchyme très tendre et humide, j ai vu plusieurs fois une alteration qui, débutant parla racine, envahit bientôt le reste de la plante et la détruit complètement en peu de jours. Cette altération, qui réduit les tissus en une sorte de putrilage, est causée par le développement de bactéries qui ne diffèrent de celles du charbon qu’en ce qu’elles sont douées de mouvements. On peut facilement transmettre cette maladie d’une plante à une autre par l’inoculation : autour du point inoculé apparaît une tache comme huileuse, qui va grandissant et qui s’emparera de toute la plante, si on ne retranche la partie atteinte.
On dira peut-être, comme on l’a dit pour le charbon, qu’un virus invisible donne à la sève une qualité propre à engendrer les bactéries. Les faits suivants répondraient, je crois, à cette assertion : Si l’on chauffe les bactéries à H- 52® C., elles perdent toutes le mouvement ; or, à ce degré aussi, la transmission de la maladie devient impossible ; si la température n’a point atteint 52° C., l’inoculation transmet encore la maladie, mais le microscope fait voir que toutes les bactéries n’ont pas perdu le mouvement.
Si l’on maintient une plante grasse atteinte de ces bactéries à une température un peu supérieure à 52° C., et pendant un temps suffisant pour que la chaleur pénètre toute l’épaisseur de la partie malade, l’altération cesse de faire des progrès, la partie désorganisée se dessèche et la plante continue de végéter comme si elle n’avait jamais été atteinte.
Ces expériences prouvent qu’un être vivant, doué d’une organisation déjà très complexe, peut être envahi et détruit par un vibrionien. On verra, j’espère, dans ce fait un argument de plus en faveur de l’opinion que je soutiens ici sur la nature des maladies charbonneuses.
so
CHARBON, SEPTICÉMIE
RAPPORT SCR DES RECHERCHES DE M. RaIMBERT RELATIVES A LA CONSTITUTION ET AU DIAGNOSTIC DE LA PUSTULE MALIGNE 1 — 1SCS —
J'ai l’honneur de présenter à l’Académie le résultat de nouvelles recherches de M. Raimbert sur la constitution et le diagnostic de la pustule maligne.
Mais auparavant j’exposerai en peu de mots quel est aujourd'hui l’état de la question. Plusieurs fois, la pustule maligne a été l’objet des recherches des histologistes sans qu'on y ait jamais observé les filaments caractéristiques de la maladie charbonneuse auxquels j'ai donné le nom de Bactéridies. C'est que ces filaments, à cause de leur extrême ténuité et de leur constante immobilité, ne pouvaient guère attirer l’attention d'un observateur qui n’en faisait point une recherche spéciale. Je signalai, le premier, l’existence de ces filaments dans la pustule maligne. Leur présence constante me parut pouvoir être regardée comme une preuve nouvelle de la fonction de ces corps dans la maladie charbonneuse ; elle me parut aussi pouvoir servir à déterminer, dans la pratique médicale, la nature charbonneuse des tumeurs qui les offriraient. En effet, six pustules qui avaient été reconnues comme de nature charbonneuse, soit par l’examen de médecins très compétents, soit par le résultat de l'inoculation à des animaux, soit par la mort du malade, ces six pustules m'avaient offert des bactéridies parfaitement caractérisées et en nombre prodigieux. Cependant, toutes ces pustules ayant été plus ou moins changées d’aspect, plus ou moins altérées par la dessic-
l Bulletin de r Académie de médecine , année 1S6S. p 703.
CONSTITUTION ET DIAGNOSÏIC DE LA l'USTUI.E MALIGNE 81
cation, par un liquide conservateur ou bien par une cautérisation préalable, il n’avait pas été possible de déterminer avec exactitude les points où siégeaient principalement les bacléridies et de déterminer le moyen de les trouver promptement et sans hésitation, de manière à rendre celte recherche facilement applicable à la pratique de la médecine.
Ce sont ces questions que M. Raimbert vient d’entreprendre de résoudre. Je vais exposer les premiers résultats de ses travaux.
Les observations sont au nombre de quatre; les pustules extirpées m’ont été envoyées desséchées pour être soumises à mon examen, et les détails m’ont été donnés par lettres.
Je demande à l’Académie la permission d’en transcrire simplement les passages qui concernent la maladie. Je pense que, dans un sujet aussi nouveau, il est bon qu’on en connaisse toutes les difficultés. Les hésitations, les tâtonnements de l’observateur pourront servir d’enseignement pour les médecins qui voudront contribuer par leurs recherches à la solution prochaine de la question.
« Châteaudun, 9 juillet 1868.
« Je viens d’observer deux cas de pustule maligne; j’en ai conservé les escarres et les vésicules desséchées. Elles contenaient un grand nombre de bactéridies ; je les tiens à votre disposition.
« L’une de ces pustules s’est déclarée sur le front de la femme d’un marchand de vaches ; il affirme n’avoir pas de bestiaux malades chez lui. L’autre existait à la tempe d’un homme occupé à diriger une machine à battre. Il soutient qu’il n’a pas approché de bestiaux malades et qu’il n’en existe pas chez son maître. L’origine du principe de cette affection sera un sujet éternel de dispute à cause de la difficulté de la découvrir.
« J’ai en traitement ce dernier malade. La gangrène s’est développée aux paupières, du côté de la pustule, quoique celle-
DaVaine. L’Uiuvre.
82 CHARBON, SEPTICÉMIE
ci en fût à une certaine distance. Le mal s’est, dans ce point, borné spontanément; la pustule avait été cautérisée. »
(v Châteaudun, 12 juillet 1868.
« Mes recherches sur les bactéridies, dans la pustule maligne, se sont portées sur les points que vous m’indiquez, mais je ne les crois pas suffisantes ; il existe encore quelques points qui ne sont pas complètement éclaircis, je vais vous dire le résultat tel quel obtenu de ces recherches :
« L’escarre de la pustule maligne, comme je l'ai dit dans mon article du dictionnaire, n’est pas toujours une escarre à proprement parler ; ce n’est souvent que du sang extravasé dans l’épaisseur du derme et de la couche épithéliale profonde. Avec un très faible grossissement, on aperçoit le sang extravasé, sous forme de stries bleuâtres ou d’un rouge violâtre foncé, plus ou moins rapprochées. La pariie de la peau où cette extravasation a lieu est menacée ou même déjà atteinte de mortification ou d’exfoliation. Je n’ai que rarement trouvé des bactéridies dans ce tissu noirâtre ou bleuâtre. On y trouve des granulations plus ou moins grosses, ayant un mouvement brownien, ou bien de petits corps oscillants, se rapprochant de très courtes bactéridies, plus étroites aussi et plus sombres. Ce sont peut-être des bactéridies altérées. J’ignore ce que ce peut être. La vraie bactéridie m’y a paru très rare. Les bactéridies existent dans la sérosité, soit que cette sérosité se trouve interposée aux molécules violâtres (qui ne sont que des globules sanguins altérés) et qui constituent l’ecchymose ou l’escarre, soit, ce qui est le plus ordinaire, qu’elle infiltre les couches épithéliales. C’est là qu’elles abondent, c’est là qu’il faut les chercher et qu’on les trouve avec la plus grande facilité. Pour cela, il faut abraser la pustule et réserver pour l’examen les couches épithéliales infiltrées de sérosité, lesquelles constituent les vésicules et entourent le point central déprimé et noirâtre. Déposé immédiatement sur le porte-objet, le liquide présente, d’une part, des globules
GO N STI 1 UTION KT DIAGNOSTIC Dli» LA PLS1ULK MALIGNL
sanguins souvent altérés, crénelés ; d’autre part, des bactéridies0 nageant dans le sérum. Le sang rouge qui s’écoule par suite de l’abrasion ne contient pas de bactéridies. »
« 13 juillet 1868.
« Un homme s’est présenté à moi aujourd’hui même, se disant atteint de charbon. Le mal avait été tellement altéré par les manœuvres auxquelles on l’avait soumis, les onguents ou emplâtres qu’on y avait appliqués, que je ne garantis pas mon diagnostic, qui tendrait cependant a admettre la chose ; mais ce serait alors le cas d'une de ces pustules peu actives, qui guérissent seules, ou ce que j’ai appelé pustule pseudocharbonneuse.
« La pustule a la largeur d’une pièce de 50 centimes; elle est formée par une surface d’un rouge violâtre plus foncé au centre, recouverte en partie par un fragment d’épiderme. Cette surface est mortifiée ou sur le point de l’être, insensible jusqu’à 1 millimètre environ de profondeur; elle crie sous le scalpel; elle est rendue humide par un léger suintement de liquide séro-sanguinolent. Ce liquide, examiné au microscope, contient des granulations et de petits corpuscules courts, oscillants, semblables à ceux dont je vous ai parlé hier; c’est à peine si j’en rencontre quelques-uns que je puisse considérer comme de véritables bactéridies. Il en est aussi d’assez longs ; mais il me semble qu’ils se sont produits sous mes yeux, ce qui me fait poser cette question : Ne sont-ce pas des filaments fibrineux?
« Le tissu cellulaire qui entoure l’escarre est dur et engorgé ; au delà il existe une légère tuméfaction, mais n’ayant pas la mollesse tremblotante ou la résistance élastique qu’on devrait trouver autour d’une pustule maligne très charbonneuse, après cinq jours d’existence. Léger liséré rouge autour de la surface escarrifiee. Tout annonce une terminaison spon— lanée; j’ai cependant cautérisé parce que le malade est saisi d une frayeur telle, qu’il prétend avoir fait pour venir me
CHARBON, SEPTICÉMIE
trouver six lieues en quatre heures et que son père est mort du charbon. C est une des plus complètes observations de mon traité.
« Si c est bien une pustule maligne, je remarque que celles de cette année sont peu graves. C’est la troisième que je vois au cinquième jour sans accident grave, lorsque ordinaire ment, à cette époque, il y a déjà quelques symptômes généraux d’intoxication.
« Cette habitude qu’ont les malades de déchirer leur pustule ou toute espèce de bouton, avant de venir trouver le médecin, et d’y appliquer des onguents, rend souvent difficile la détermination des bactéries. Cependant pour peu qu'il y ait des vésicules intactes autour du point central ecclrvmosé ou mortifié, on parvient à examiner le liquide qu’elles contiennent et à y découvrir des bactéridies ; mais quand y apparaissentelles? comment se propagent -elles? ce sont autant de questions difficiles à résoudre sans un très grand nombre d’observations. »
o 15 juillet 1868.
« Je vous envoie immédiatement une pustule pseudo-charbonneuse, c’est-à-dire qui confirme la valeur des bactéridies comme caractère diagnostique de la vraie pustule maligne. Je n’ai prisque le temps d’examiner le liquide sanguin contenu dans le soulèvement épidermique qui environnait la dépression noire centrale, et je n’y ai pas trouvé de bactéridies, mais beaucoup de globules blancs ou pyoïdes.
« La pustule date de trois jours, je crois; elle s’est développée sur l’avant-bras d’un ouvrier tanneur. Son aspect m'a fait douter de son caractère charbonneux; cependant la physionomie de la pustule même s’en rapprochait d’une manière excessive, mais il existait à peine du gonflement au bras et une aréole rouge, peut-être un peu violâtre, entourait la pustule. Celle-ci était caractérisée par une dépression centrale noirâtre, ou plutôt par une perforation de l’épiderme à fond noirâtre, de 3 millimètres de diamètre; autour, soulèvement