‹ L'œuvre de C.-J. DavaineChapitre 28 sur 132 · ACTION DE LA CHALEUR SUR LE VIRUS CHARBONNEUX · texte numérisé non relu

ACTION DE LA CHALEUR SUR LE VIRUS CHARBONNEUX

grande fonction, c’est une fonction de destruction; mais cette fonction, ils ne l’accomplissent pas seulement dans la nature morte, ils détruisent aussi les êtres vivants, et l’homme a besoin de s’en défendre. 11 nous importe donc de les connaître et d'encourager, dans un sujet aussi obscur, toutes les tentatives et toutes les recherches. Celles de M. Onimus paraissent ouvrir une voie nouvelle; en conséquence, je crois devoir demander à l’Académie de remercier l’auteur pour son intéressante communication et de l’engager h continuer ses travaux.

RECHERCHES RELATIVES A L’ACTION DE LA CHALEUR SUR LE VIRUS CHARBONNEUX 1

Dans ces dernières années, on s’est beaucoup occupé de l’étude de divers agents qui puissent détruire facilement les matières septiques ou les virus, et s’opposer ainsi au développement et à la propagation des maladies infectieuses ou contagieuses; mais généralement ces recherches n’ont point eu toute la précision désirable, parce qu’on ne possédait pas un moyen certain de constater si le virus avait été complètement détruit.

Mes travaux sur la putréfaction et sur la maladie charbonneuse ont donné un moyen facile de reconnaître si les agents virulents qu’elles renferment ont été détruits par les diverses substances avec lesquelles ils ont été mis en contact. En effet, un cent millième ou même un millionième de goutte

1 Comptes rendus de l' Académie des sciences , 2'J septembre 1873. Davaine. L’Œuvre.

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de sang contagieux injecté sous la peau d’un cobaye ou d’un lapin suffit pour déterminer la maladie et la mort de ces animaux; ainsi de l’eau dans laquelle on introduit une quantité infiniment petite de sang charbonneux ou septicémique, et en même temps l’agent antiseptique que l’on veut expérimenter, déterminera la mort du lapin ou du cobaye auquel on en injectera une seule goutte, si l’agent antiseptique n'a pas détruit le virus. Je me propose de communiquer prochainement à l’Académie le résultat de mes recherches sur les substances antiseptiques; aujourd’hui je ne parlerai que de l’action de la chaleur sur le virus charbonneux.

J’avais fait, il y a plusieurs années, sur cette question d’assez nombreuses recherches qui m’avaient donné des résultats contradictoires : c’est que le sang coagulé, introduit sous la peau des petits animaux, donne souvent lieu à des inflammations ou à des abcès qui s’opposent a l’absorption du virus; mais de l’eau contenant un cinq millième ou un dix millième de sang reste limpide sous l’action de la chaleur, et peut être injectée sous la peau, à la dose d’une ou de plusieurs gouttes, sans déterminer aucune inflammation locale qui s’oppose à l’absorption du virus qu’elle peut contenir.

Si donc la chaleur tue le virus charbonneux, une goutte d’eau contenant un cinq millième ou un dix millème de sang charbonneux, injectée sous la peau d’un cobaye, n’aura aucune action sur cet animal; mais elle en déterminera la mort d’une manière certaine dès que le degré de chaleur sera insuffisant pour tuer le virus.

J’avais reconnu, par ce procédé, que le virus de la septicémie n’est nullement détruit par une ébullition prolongée; mais il n’en a pas été de même pour le virus charbonneux. Des expériences successives, faites à des degrés de température sans cesse décroissants, m’ont amené a reconnaître qu a 55° C. le virus charbonneux est toujours détruit dans l’espace de cinq minutes. 11 peut l’ètre encore par une température de -18° G.; mais alors il faut qu’il soit soumis h cette chaleur

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