‹ L'œuvre de C.-J. DavaineChapitre 31 sur 132 · RECHERCHES RELATIVES · texte numérisé non relu

RECHERCHES RELATIVES

A L’ACTION DES SURSTANCES DITES ANTISEPTIQUES SUR LE VIRUS CHARBONNEUX1

Dans une précédente communication, j’ai établi que le virus charbonneux est détruit par une température qui varie entre 48 et 55°C., suivant la durée de l’application de la chaleur; je vais rechercher aujourd’hui quelle est l’action, sur ce virus, de plusieurs autres agents auxquels on donne en médecine le nom d 'antiseptiques.

1 Comptes rendus de l'Acidémie des sciences , 13 oclol re 1873

Mais d’abord je dois rappeler que le cobaye étant tué cou stamment par une quantité de sang charbonneux frais inférieure à un cent millième de goutte, lorsqu’on la lui injecte sous la peau avec la seringue de Pravaz, cet animal peut servir de réactif pour déterminer l’existence du virus charbonneux, même lorsqu’il se trouve en quantité extrêmement minime.

Si donc on mêle avec de l’eau un centième, un millième, un dix millième de sang charbonneux, et si l’on ajoute à cette eau la substance dont on veut connaître l’action antiseptique, il suffit, après un certain temps de contact, d’injecter sous la peau d’un cobaye une seule goutte de ce liquide pour obtenir le résultat cherché. En effet, si l’animal continue de vivre, c’est que le virus a été détruit par la substance antiseptique ; il mourra, au contraire, si le virus est resté intact.

La mort du cobaye, après l’injection du virus charbonneux, arrive dans les limites de un à quatre jours: ce n’est que dans des cas très rares qu’elle dépasse cette limite, qui n’atteint jamais huitjours.

Par ces considérations, les expériences faites successivement avec la même substance, et dont je vais parler, ont eu entre elles un intervalle d’au moins quatre jours.

En l’absence de toute donnée sur la puissance d’action de chacune de ces substances, la première dose essayée a été prise arbitrairement; puis, dans des expériences successives, elle a été augmentée ou diminuée, suivant les résultats obtenus. Un exemple fera comprendre cette manière de procéder :

Dans 2”'', 50 d’eau distillée, on introduit une quantité de sang charbonneux suffisante pour qu’une goutte du liquide injectée sous la peau d’un cobaye le tue nécessairement ; on y ajoute ensuite un centigramme d acid'! chronique. Après une demi-heure do contact, une goutte de ce liquide est injectée sous la peau d’un cobaye, qui n’en éprouve aucun effet. Quatre jours après, la même expérience est répétée avec une solution d’acide chromique au un cinq-centième, puis successivement au un millième, au un quinze -centième, au un deux-millième, au un deux mille cinq-centième, au un trois-millième, au un trois-millième, au un quatre-miilième, au un cinq-millième, au un cinq-millième. Tous les animaux survivent.

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