C. Corot
C'est toujours le même humour. « Le bûcheron va bientôt vous rejoindre et retourner au bois >/, disait-il, en parlant de lui-même, dans une autre lettre (i). Mais, hélas, son énergie a beau lutter; le mal est impitoyable et l'espoir, à certaines heures, l'abandonne. Il a des mots comme celui-ci: « On m'assure qu'il faudra deux mois pour que l'appétit revienne. J'aimerais mieux qu'on me parlât d'un délai plus long. J'aurais plus de confiance». Mais il s'oublie volontiers lui-même pour s'occuper des épreuves d'autrui. Il apprend la mort de Millet et le dénûment de sa veuve. Il veut avoir le privilège de mettre un peu de bien-être dans cet intérieur désolé et donne dix billets de mille francs à un ami pour les porter à Barbizon. (i) Lettre à Mme Gratiot, i" décembre 1874.
M. l'abbé Jouveau, curé de Coubron (35 janvier 1875).
Le 25 janvier, il rentre de Coubron pour une nouvelle consultation, qui doit avoir lieu le jour même. Quand il descend de voiture, le concierge est effrayé de sa mine. Les médecins sont très inquiets de son état. Cependant, il fait toujours bonne contenance et voici en quels ternies il donne de ses nouvelles à Mme Gratiot :
Paris, ce 26 janvier 1875.
Madame et amie, La consultation a eu lieu. Il a été décidé par l'aréopage que la cure serait au lait de vache seul. Deux litres par jour. Ainsi, voilà mes affaires de février arrêtées. Espérons que l'on me débarrassera et que je pourrai rechanter des romances.
Souvenirs à M. le Curé, et recevez. Madame, mes meilleurs compliments.