DIALOGUE XIII
jyjmo j)]^ RASTARD, toujours vêtue en garçon et couchée sur l'herbe ; LE BEAU-FILS de M"» COPEN, déguisé avec les habillements de sa belle-mère.
M'"" DE RASTARD
C'est donc vous, madame Copen ?
LE BEAU-FILS
Vraiment oui ! c'est elle-même.
M'"" DE RASTARD
C'est donc vous qui êtes amoureuse de moi et qui me laissez refroidir sur l'herbe pendant des heures entières. Pensez-vous que je sois un garçon à endurer cela? Venez ici, vite, à genoux devant moi ! Je vais vous châtier comme vous le méritez ! Allons ! allons ! couchez-vous là, à mes côtés... ïournez-vous... Attendez, petite amoureuse, que je trousse un peu tout ça à ma fantaisie.
LE BEAl-FILS
Mon petit ami, qu'est-ce donc que tu me veux? u'avonsnous pas tout autre chose à faire?... Voilà mon cul tout à l'air... Ahi!... ahi!... ïu me fouettes... et avec des verges !... Sais-tu que ça fait mal et que je te le rendrai?
lyO l"(JlUvke de cukhillo.n le fils
M""' DE RASTARD
Je m'en moque, petite effrontée ; vous en aurez.
LE RKAU-FILS
Alii!... ahi!... encore?... ']'u ne veux pas finir?... Ah! cela est bon ; patine-moi les fesses, à la bonne heure !
M'"'^ DE RASTARD
Quoi ! c'est là ce derrière si vanté! il n'est pas plus gros que rien ! Cela fait pitié!
LE BEAL-FILS
Mais, mon petit drôle, qui me trousses la jupe si légèrement, voyons donc un peu ta culotte. Attends, que je défasse tout ça. Tiens-toi bien; voyons ton cul un peu à mon aise; j'aime assez ça... Diable! il est gros deux fois comme le mien : tu as raison. Ah ! quelles pommes de fesses ! que je suis fâché qu'on y voie si peu !
m""" DE RASTARD
Claquez, claquez ! madame l'insolente, je vous le rendrai bien !
LE BEAU-FILS
Je n'ai jamais vu à aucun garçon d'aussi belles fesses, ni aussi dodues, ni aussi fermes. Attends donc, petit drôle, que je l'examine pourtant. C'est là un cul de châtré ou de bardache, si jamais il y en a eu. Il faut que je tàte un peu comment ça va par devant...
Tiens, ma polissonne, me voilà retournée. Je te livre le devant tout de même. Je n'ai rien à te refuser.
LE BEAU- FILS
Ah! ah! ah! ah! Celait une attrape, mon petit drôle! Vous êtes une petite drôlesse déguisée...
M"" DE RASTARD
Eh bien! ma grande folle, met.s-toi sur moi... là...
Attends, que je lève tout à fait ma robe, qui m'embarrasse. Voilà ma culotte au plus bas; voilà ma chemise levée : puis-je mieux faire !... Ah!... fort bien! baise-moi !... bon ! Passe tes bras dessous; embrasse-moi... serre-moi... qu'est-ce que je sens là!... parle donc, madame l'eflroniée!... Dis donc... lu me fais mal !... Ahi!... ahi!... ahie!... Ah! ah! qu'est-ce, cela? Qu'est-ce, cela?... ahie!... ahie!... Est-ce vous, madame Copen?... ahi!... ahie!... Ça n'est pas possible... Ahie!... ahie !... ahie !... foutre!... foutre!... je suis perdue !
LE BEVl-FILS
Non, tu n'es que foutue, et lu l'es bien!... Présentement, ma petite reine, que le coup est fait, je te dirai que c'est un tour de ma façon. Je soupçonnais ma bcllc-mère, depuis quelque temps, d'aller se faire sangler en cachette, et, eu vérité, je n'imaginais pas que ce fût avec des filles. Hier, par aventure, je surpris un billet qu'on lui apportait; je voulus voir ce qu'il contenait. Il y avait dedans : Madame, demain, à onze heures précises du soir, le plus beau garçon que vous ayez jamais vu sera dans le petit bosquet à vous attendre. Tu comprends bien, et tu le vois mieux encore, que j'ai gardé le billet sans m'en vanter; en sorte que ma belle-mère n'en a aucune nouvelle et ne s'est doutée de rien. J'ai attendu ce soir qu'il fût onze heures et demie; ma belle-mère s'étant couchée, j'ai j^ris une de ses robes; je me suis mis et coiffé comme elle pour que le garçon s'y trompât, pour qu'il ne fût pas effraye et pour me donner la comédie à moi-même. C'est dans cet état que tu m'as vu entrer ici, croyant y trouver un véritable garçon, et que loi, tu as pensé d'abord que c'était ma belle-mère.
M"" DE R.VST VRD
Ah ! je n'en reviens pas ! je suis confondue ! je ne sais où
je SUIS
L ŒUVRE DE CHEBILLON EE FfLS
LE BEAU-FILS
Eh ! qu'est-ce donc qui l'alarme, pendant qu'il ne s'agit ici que de se divertir? Est-ce que tu n'es pas faite à ce mctier-là? S'il ne s'agit que de bien payer, je te payerai mieux peut-être que ma belle-mère n'aurait fait... Allons, allons ! de la joie!... Réveille-toi, petite gueuse ; je veux te le mettre encore une fois au moins, tu ne t'en iras pas sans cela. Baise-moi... encore... Donne-moi tes tétons! Déboutonnons tout cela. Qu'ils sont jolis, tes tétons ! qu'ils sont ronds et fermes ! Je vois bien qu'il n'y a pas longtemps que tu fais le métier. Combien y a-t-il? dis-moi.
M"'° DE RAST VUD
Non, monsieur, pas longtemps.
'LE BEAU-FILS
Marche donc; fort! fort!... Je te fesserai à ton tour, si tu ne vas pas mieux... Bon ça... boE ça... bon ça... Voilà ce que c'est!... là... là... tout du long. Ali! que tu m'enchantes ! Écarte les cuisses, écarte. ïu as une chienne de culotte bien incommode... Te fais-je mal?
M™" DE RASTAUD
Non, monsieur... Ahi!... ahî!... ahi!...
LE BEAU-FILS
J'entre aisément à cette fois-ci.
m'"" DE RASTARD
Vous y êtes assurément.
LE BEAU-FILS
Oui, parbleu! tout y est... \h ! gueuse! tu me tapes sur le cul... tape... tape... Tu me pinces !... fais, fais!... Remue donc, remue donc...
>r" DE RASTARD
Monsieur, vous me faites mal, et vous voyez bien que
VOUS ne sauriez finir .. Je vous le disais bien!... Laissez-moi que je m'en aille ; il se fait tard.
LE BEAU-FILS
Ah! lu ne l'en iras pas que je n'aie..,
M'"" DE RASTARD
Vous voyez bien que cela est impossible.
LE BEAU-FILS
Oh! que nonP Tourne-toi...
M'"" DE RASTARD
Monsieur, vous me crèveriez ! je ne le souffrirai pas !
LE BEAU-FILS
Bon ! bon ! Ne semble-t-il pas que tu sois pucelle par ce côté plus que par l'autre? Tourne-toi, le dis-je... je le veux, ou je vais prendre ces verges-là tout de bon et je t'écorcherai .
M"" DE RASTARD
Ah ! monsieur, ayez pitié de moi ; je n'en puis plus.
LE BEAU-FILS
Donne-le-moi comme il faut et ne t'embarrasse de rien. Il faut que j'en passe ma fantaisie ou que le diable l'emporte!... Allons donc!... Eh! qu'on a de peine!... Allons, petite gueuse, cela xa cire fait d'abord. Tiens-toi sur les genoux... là... là...
M'" DE RASTARD
Monsieur, monsieur, ayez pitié de moi !
LE BEAU-FILS
Je te payerai bien, jeté le promets... Tiens-toi comme il faut... Te voilà à merveille, et moi aussi. Soutiens-toi bien sur les mains... Oh ! mon petit cœur !
M""" DE RASTARD
Ah! monsieur, vous me faites trop de mal!
i8o l'œuvre dï; ckébillon le fils
LE BEAU-FILS
... Morbleu ! que de peine !
M'"*" DE P.ASTARD
Laissez-moi faire, monsieur... là... là...
LE BEAU-FILS
Oui... oui... fort bien!... m'y voilà! j'y suis... Oli ! chienne ! ah ! pelite bougresse ! que tu me fais de plaisir !... Ahi!... ahi!... ahi!... ah! jerni ! ah! foutre!... Je voudrais pouvoir recommencer, tant ça est bon. Je me retire malgré moi... Ah ! ah ! ah ! j'ai été trompé !
M'"° DE RASTARD
Oui, monsieur, je l'avoue.
LE BEAU-FILS
Ah ! carogne. .. tu l'as placé comme tu voulais !
M""" DE RASTARD
Eh bien! vous en repentez-vous? N'avez-vous pas eu de cette façon-là moins de peine et plus de plaisir?
LE BEAU-FILS
Tu as raison, je te le pardonne. Allons, raccommodonsnous... Tiens, voilà deux louis parce que tu es une brave fille. Tu t'en vas par cette petite porte-là et moi parcelle-ci. Baise-moi, adieu.