I .V COMTESSE
Qu'est-ce donc que tout ceci? Est-ce que ton camarade s'en mêle?
MONTAOE
Ah! chienne! lu me pinces!
L\ COMTESSE
Non, te voilà passé.
,MO>TADE
Serre, serre-le donc comme dans un ctau !
LA COMTESSE
Ah ! jarni ! il me brûle !...
MONTADE
Vous le méritez bien, pour le mal que vous lui avez fait... Ah ! ma mignonne ! qu'il est Imcu là !... qu'il y guérira vite! Mets-toi sur moi, sur mes genoux... A merveille!
LA COMTESSE
Me voilà donc à cheval sur ton criquet, comme les petits enfants!... Veux-tu que nous fassions voyage ainsi? Je tiendrai mon bidet par la bride, et tu me suivras comme en croupe.
MOXTADE
De tout mon cœur ! Faisons voyage... par exemple, allons sur le lit ; nous y serons mieux qu'ici.
LA COMTESSE
Je gage ([ue nous ne saurions faire autre chose.
^lONTADE
Oh ! que si !... Et quoi ?
LA COMTESSE
Monter dessus, tous deux, comme nous voilà, sans quitter prise... Essayons... je ne puis... Nous ne saurions... Si je mets les genoux d'abord sur le lit, je ne te tiens plus.
AIONTADE
Attends, serrons-nous ! Tiens bien ton bidet, approchons doucement... à reculons... Me voilà assis; c'est quelque chose. ïiens-toi toujours à cheval et ne te laisse pas désarçonner... Demeure sur moi, sur mes genoux. Je gage que j'ai assez de force pour t'enlever ainsi... Allons, tournons vite... Ferme !...
LA COMTESSE
Ah ! maladroit ! Où es-tu? Je ne tiens plus rien !
MOXTADE
Hélas! non... Mais cela peut se réparer, si je baise tes yeux... Donne ta langue que je l'avale... Je veux ôter mon habit et ma veste, cela m'impatiente.
LA COMTESSE
Tu en seras mieux. Relève aussi tes cheveux; les voilà tout défaits.
MOXTADE
Je prétends bien que tu ôtes la robe aussi : il faut jeter tout cela sur le sopha... Bon!... voyons les rubans du corset... là... là... là donc. Laisse, que je défasse tes cordons de jupes... Eu, voilà une...
Mon ami... mon ami ! tu me déshabilles tout à fait!
MONTADE
Ce chien de jupon blanc tient si fort... le voilà défait aussi... Point de robe! point de jupes! la pure nature n'a que faire d'ajustements.
244 l'œuvue de crébillon le fils
i.a comtesse Songes-tu que je n'ai plus que ma chemise?
MOM \1)K
C"esl encore trop... mais je te la laisse pour cette fois...
LA COMTESSE
Me voilà comme tu me veux ! Embrassc-moi donc, à présent, si tu m'aimes, et jure-moi que tu m'aimeras toujours! Jure, ou prends ton épée et tue-moi tout à l'heure.
MO>T\DE
Tu m'enchantes, mon amour, et je te le jure, je ne connais de vie que celle que tu me donnes. Je veux voir tes petits tétons : tu les caches toujours avec tant de soin qu'on les connaît à peine.
LA COMTESSE
Tiens, mon ami... il me semble qu'ils grossissent, qu'ils veulent tout à fait se former sous tes yeux et dans ta main.
AIO>TADE
Oh! quelle blancheur!... Oli ! comme ils sont déjà rondelets! qu'ils ont de jolis boutons? ce sont des boutons de roses!... Attends, (jue je leur donne un petit coup de langue.
Ah ! mon ami, que cela est chaud ! que lu me chatouilles ! Tu me mets la gorge en feu !
MONTADE
Que ne puis-je les baiser tous deux à la fois!... Prêle... que je pose la bouche sur ton sein ! je les sentirai du moins, les pauvres petits, qui me baiseront les joues.
LA COMTESSE
Que fais-tu donc? tu déchires ma chemise.
MOT VDi:
Pourquoi est-ce qu'elle m'arrête en chemin quand je veux te baiser du haut en bas!... Oui, je veux baiser ton petit nombril ; je veux conduire ma langue comme un pinceau sur toutes ces petites veines bleues que je vois là. Je voudrais porter ma bouche sur tout ton corps, qui est enchanté.
LV COMTESSE
Tu me chatouilles que je n'y puis tenir.
MONT VDE
... Je perdrais la respiration dessus !
EV COMTESSE
Mais vous, monsieur, ([ui mettez une pauvre petite femme toute nue, pourquoi vous tenez-vous tout habillé?
MONTADE
Tout habillé?