‹ L'œuvre de guerre du peintre Albert BesnardChapitre 2 sur 7 · SR · texte numérisé non relu

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1914, — st pacifiques en effet que Le peintre les employait à terminer sa superbe allégorie de la Paix, pour le Palais de la Haye.

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La Guerre nous à séparés. Alors, grâce à des lettres, des envois de croquis, de photographies, — comme j'ai pu, — j'ai eu encore le. privilège de l'accompagner sans cesse. Puis nous nous sommes retrouvés, pendant les quelques visites qu'il a faites à Paris. Il n'avait pas un inotant cessé de servir son art, et par son art, sa patrie. Les souffrances de Son cœur n'y avaient rien changé.

Mais par la force même des circonstances, la direction de sa recherche avait été modifiée. Nul ne songeait plus à faire décorer de peintures des murs de palais : tous les palais étaient fermés. Mais il y avait encore des images à perpétuer. Besnard est devenu le peintre des grands portraits historiques. C’est ce que l’on appellerait par excellence être peintre d'histoire, si le sens de ce mot ne s'était pas tant spécialisé.

Ce n'est pas que Besnard ait renoncé au plaisir de peindre pour la joie des yeux, où de peindre pour exprimer des symboles. Il sera parlé dans ces courtes pages de certaines peintures où se découvre un symbole, d'autres encore qui ne sont que peinture, qu'art et nature. L'année 1917 elle-même a vu naître un adorable corps de néréide, que

caresse la lumière transvarente et voilée de la vague.

Mais ce furent des exceptions, des vacances d'esprit que Le peintre se donna. Tout le reste de son effort se concentra vers un haut devour, qui eut aussi ses joutssances profondes. Dès les premiers mots de la Guerre, il fut appelé à reproduire l’image de quelques-uns des hommes gui ont tenu la première place, en ces jours terribles et grandioses

que nOuY VON d.

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Les uns sont venus le trouver dans son atelier de la Villa Médicis. D'autres — les plus glorieux — l'ont appelé près d'eux. I alla au Vatican, contempler les traits ascétiques de Benoît XY. Et plus tard, il lui fallut gagner les bords de la mer du Nord, pour y rencontrer, sur la terre libre de la Belgique, les champions de l'honneur, le Rot et la Reine des Belges.

C'est l'histoire de quelques-uns de ces grands portraits que j'ai voulu commémorer, en notant des détails de fait dont quelques-uns me sont personnellement connus. La chose m'a semblé en valoir la peine.

L'histoire continuera. Parmi les hommes qui dirigent la lutte de cette heure, d'autres, par force, passeront encore devant notre peintre. Cet hiver même, pendant les quelques jours qu'il demeura parmi nous, on murmurait des noms : c'était Venizelos, c'était Clemenceau. Je ne sais ce qu'il en faut croire.

Mais il ya un chapitre que je puis clore, parce que je Le connais. Je raconte ici ce que j'ai vu, ou ce que j'ai appris durectement. EE ce sont choses que l'histoire de l'art ne regardera pas avec indifférence.

D'ailleurs, si j'ai cherché jadis la pensée cachée dans les peintures de Besnard, — ses portraits encore ne sont-ils pas pleins de pendée ? Seulement icc il n'y a guère besoin d'explication et chacun la trouvera lui-même. Je fixe seulement les circonstances. EE pour cela je réunis et je publie ensemble deux fragments de souvenirs personnels, écrits, l'un en mai 1916 pour la Revue hebdomadaire, l’autre en décembre 1917. Je les donne tels quels, et sans presque y rien changer. Toute leur valeur est d'avoir été écrits sous l'impres-

sion directe des faits.

Je puis, pour y ajouter de la beauté, y joindre la reproduction de quelques magnifiques dessins de Besnard. Etudes pour ses peinbures où morceaux détachés de ses grandes compoaitions, traités à part pour la satisfaction du peintre, et préparant (pour quelques-

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