PREFACE. VII
mencé, ce mouvement de décadence (si toutefois certains écrivains tiennent à l'appeler ainsi) touche à son terme. Du naturalisme tant décrié, passé bientôt à l'état de cadavre, naîtra comme une fleur nouvelle d'une tombe à peine fermée, une génération de brillants écrivains qui, loin d'être de purs idéalistes comme Rousseau et Chateaubriand, seront cependant fortement épris d'idéal, mais prendront comme base, comme point de départ de cet idéal dans leurs œuvres, le réel. La littérature d'imagination conduit aux plus belles sottises. La réalité, la vraisemblance surtout, dont on ne doit jamais s'écarter, sera toujours le critérium de l'art. Voilà mon principe : il semble p4&.'difîérer peu de celui de Platon, et je crois que l'on en reviendra à son application, non seulement en littérature mais dans tous les autres arts, qu'unit du reste le lien commun de la pensée philosophique. On ne retombera plus ainsi dans l'excès du « convenu », de la « chose admise », qui caractérise la littérature absolument classique, ni dans les bouffonnes licences du romantisme décadent, aussi dégradantes pour l'art que les pires grossièretés du naturalisme. (( Dieu vous entende, allez-vous vous écrier, mais je ne crois pas à ce que vous dites! » Eh bien, moi j'y crois; tant pis si je me trompe; j'aurai du moins exprimé le dcsideralum de tous les gens de cœur et de goût. « A (|uoi, ajouterez-vous, faut-il attribuer les causes de la réaction que vous signalez? » Je les ai déjà indiquées, je n'ai |iliis qu'à les développer.
Le {)Ositivisine a enseigné une excellente cliose : c'est à ne |)lus se passer des données de rcxiiériciice et à réduire le domaine de raiislraclion mélaphysicjue. Los lésullals thi positivisme sont ci'ilainenient un progrès; mais, en von-