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Allocations pour 1911]
Gouvernement civil... LS FVRR Titres ave -:..::8 41,850.00 Collège d'Agriculture... at PERS RE .... 259,041.00 Collège des Vétérinaires. PR OLES cp de Fe 32,488.00 Division des Sociétés Agricoles ..,.,.... ÉRTSOR NRES ant 125,505.00 Division du Bétail.. ° A OP Ne e #4,720.00 Division des Institutions ARTICOIMEC EEE ATEN SET ; se 39,583.00 Division de l'Industrie Dattiôres. ur TE PER 62,750,00 Division des Fruits. ....... ER re RP JE ANR RE -... 50,020.00 Boisement de la Ferme..." MR EE 10,000.00 Instructeurs de districts (Appointements additionnels, $22, 800.00.) 27,600.00 Division des Le pe Un Vanne DR ED 5,500.00 Division de l'Immigration... US 28 DITS ST NE A 100,600.00 Expérimentation sur la Forme... DS a ee Dane ee EN 8,000.00 PER ÉN Tae es can à dde à tee eus UE US sas 30,250.00
Dépenses du compte de capital ....,.... D PT AT ENT RE PR le 70,732.00
Un bas quartier
Habitations Insalubres Par LE Dr. CH4s. A. Hoparrrs
Médecin-conseil du Comité de la Santé Publique de la Commission de la Conservation
Répondant au désir de Son Excellence, le Comte Grey, quia su mériter la profonde reconnaissance des Canadiens par l'expression pratique de l'intérêt personnel qu'il porte à tout ce qui touche à l'avancement social et national de notre pays, M. Henrv Vivian,M.P., a appelé, d'une manière toute gracieuse et particulié », l'attention des Canadiens sur la question de l'habitation.
La généralité des hommes reconnaît maintenant que les maux engendres par l'habitation insalubre chez l'individu ruinent, par leur action morbide continue, et sa santé et ses mœurs. Mais plusieurs de ceux-là, qui étaient sous la candide impression que les maux attribués à l'insalubrité de l'habitation en Europe, et dont on a tant dit et écrit, ne pourraient jamais s'implanter dans notre beau Canada, seront peut-être tristement surpris d'apprendre que cette lèpre sévit parmi nous et exerce ses ravages d'une façon plus alarmante qu'il nous est permis de le dire; je n'affirmerai pas cependant qu'elle soit aussi généralement répandue qu'ailleurs. Toutefois, ce mal existe, et si nous prenons la peine d'ouvrir les yeux, nous pourrons nous convaincre qu'il a déjà franchi les limites de nos grandes villes—car les taudis se trouvent même au-delà des frontières de la civilisation, et 1à aussi ils exercent leur action pernicieuse sur la santé et les facultés intellectuelles des habitants.
Conditions Les quelques lignes suivantes, empruntées aux écrits existantes de trois fonetionnaires publies bien connus, sont la hois description de la situation, dans au moins trois parties de notre Dominion.
Le Dr, Elzéar F:lletier, secrétaire du Bureau de Santé de Québec, dans un savant article sur Nos Habitations Insalubres, ” dit ce qui suit sur la province de Québec:
“A mesure que les populations de nos villes deviennent plus non:breuses, les habitations se sont agglomérées, sans souci de leur orientation; on ne s'occupe pas de savoir si un rayon de soleil ou un peu de lumière pourra pénétrer dans les différentes pièces, s’il y a place autour de la maison, pour que l'air puisse circuler. La hauteur des édifices ne tient aucun compte de la
largeur des rues; celles-ci ne seront bientôt que des sentiers. On flanque des allonges précisément aux endroits où elles interceptent le plus les rayons du soleil, Des maisons, que l'on appelle améliorées, sont construites de manière que la moitié des chambres donne sur des cours fermées, où, nécessairement. il ne pent y avoir qu'un air fétide. D'ailleurs, quelques-unes de ces cours ne sont que des sortes de puits, décorés du nom de trous de lumière, mais qui ne voient jamais le soleil Il y a même des chambres sans fenêtre: enfin, des habitations saines jusqu’à présent, sont converties en véritables taudis: et malgré cela, elles trouvent toujours des occupants
“Les autorités publiques devraient, sans crainte, se lancer à l'assaut de l’avarice des propriétaires d'immeubles: qu'ils n'hésitent pas. “Que personne, écrit Chessyon, ne parle du droit de propriété." Si la possession a des droits, elle a aussi des devoirs, et le respect des intérêts du propriétaire ne saurait aller jusqu’à livrer à celui-ci, sans contrôle ni recours, la vie des familles qu'il loge dans son immeuble. Si, en realité, la possession est une des bases de la société, la santé pub’ jue en est une autre, et elle a également droit à considératio Touchant aux conditions de l’insalubrité des taudis dans l’On-
tario, J. J. Kelso, surintendant de la division des Enfants Négligés, rapporte ce qui suit:
‘Ces taudis sont un des pires dangers pour la santé et la morale d’une ville; ils sont inconnus de la majorité des gens; personne n'ose y pénétrer. Si les citoyens dirigeants en faisaient fréquemment l'inspection, le délabrement, la puanteur et la misère générale des mères et des enfants leur inspireraient tant d'horreur qu’ils s’efforceraieit d'y porter remède. Mais, ils passent, indifférents, car ils ne se rendent pas compte de cette lamentable situation......Si les municipalités adoptaient des mesures sévères, en vertu desquelles toute maison d’habitation, qui ne fait pas face à une rue de quarante ou soixante pieds de large, devrait êtie démolie, combien de temps existeraient l’ivrognerie, le vice et l'ignorance? Peu de temps, étant donnée l’action combinée d’un bon régime municipal et de l’esprit chrétien pour le relèvement social. A bas les bouges, ce sont les ennemis du foyer qui est la pierre fondamentale de l'état. L’habitation du taudis conduit fatalement les parents à l’ivrognerie, les enfants au crime: elle engendre le désordre, l'abandon de la femme et des enfants par le mari qui les trouve à charge; faute de séparation convenable, la jeune génération est entrainée à l’immoralité et à la perte de toute modestie. L'habitation malsaine sème la fièvre typhoiïde, la diphtérie,
Une rangée de maisons dans une ruelle, À Montréal.
la fièvre scarlatine et tous les ravages de la grande plaie des
blancs.”
On relève dans le rapport du Dr. A. J. Douglas, médecin de la ville de Winnipeg, ce qui suit sur l'agglomération à outrance dans cette ville. La première partie indique de quelle manière est signalée cette agglomération: la seconde nous montre les moyens mis eh œuvre pour y porter remède, —un exemple que devraient aivre aussi les autres villes:
‘Le nombre des avis d'encombrement s’est élevé à 1852; € es une augmentation sur le total de l'an dernier: mais, en sént ral, cet entassement n’était pas poussé à l'excès. L'insve'"teur de santé, chargé de surveiller ces encombrements, s'est contenté d'avertissements de vive voix, avec recommandation de réduire le nombre des lits. Il faut qu'il exerce une vigilance constante pour empêcher certaines personnes de suppléer à leurs moyens d'existence en prenant des logeurs, quelle que soit la dimension des chambres où du nombre des membres de la famille
“Je crois que nous pouvons dire franchement que l’amélioration obtenue, l'an dernier, parmi la classe susmentionnée, s'est continuée cette année. Le total des maisons fermées et placardées, au 31 décembre 1909, était de 145. Plusieurs sont restées inoccupées depuis longtemps et sont, en réalité, hors de réparation. Elles causent cependant beaucoup d’ennuis à ectte division et à l'inspecteur des habitations; car elles tombent en ruine et créent des dangers. ”
Dans le rapport du Régistraire Général de l'Ontario, année 1908, on trouve ce qui suit sur la question de l'habitation :
“IT y a aussi beaucoup d’autres améliorations à faire sur plusieurs points; de ce nombre est le logement des classes pauvres, surtout de celles qui occupent des maisons détachées ou cottages; il faudrait empêcher l'encombrement. J'irais même jusqu’à recommander aux législateurs d'empêcher, sous certaines conditions, la construction de maisons à plusieurs logements. Ce sont de pernicieuses inventions d'architecture. Il nous faut de l’espace, afin que tout le monde puisse jouir de l'air pur et du soleil.”
On pourrait peut-être me demander, avec raison ; Qu'entendez- Vous par habitation malsaine? (C’est cet état de chose qui, par le fait qu'il existe, rend le logement inhabitable, insalubre : peu importe la durée de l'occupation: c’est ce milieu dont les conditions intolérables ruinent la santé et les facultés de l'occupant et sont préjudiciables à la population avoisinante. Quelques-unes de ces conditions peuvent s'appliquer à la maison à äppärtements; celle-ci
ne vaut guère mieux qu'une suite de caisses d'emballage; c’est pour ainsi dire un entrepôt d'êtres humains. Faut-il conclure de là que les appartements des maisons modernes soient des taudis? Non, mais ces sortes de maisons sont des ruches insalubres, une monstruosité architecturale. Toutefois, ce sont ces sortes de maisons qui, lorsqu'elles commencent à se délabrer, constituent les pires taudis.
Actuellement on applique la dénomination de taudis aux logements de deux classes de la société, c'est-à-dire à ceux de la classe ouvrière qui cherche à vivre honnêtement, et à ceux de la classe pauvre qui éprouve de la difficulté à se faire un che” oi ou qui désespère d'y parvenir. Les logements des pauvres ne sont guère autre chose que des masures disséminées çà et 1à—des maisons qui ont vu de meilleurs jours; souvent la propriété de riches citoyens ou des municipalités; elles n'appartiennent Pas au pauvre occupant obligé de payer un loyer exhorbitant, si l’on considère qu'elles manquent souvent des commodités et du confortable indispensables; et cela, sans tenir compte des “réparations les plus urgentes,” qui sont des quantités négligeables. En un mot, ce n'est que délabrement, pourriture et désolation. Le voisinage n'est qu’une émanation continue d'infections s'échappant à travers des couches successives de poussière, de déchets de maison, de rebuts domestiques: ici, ce sont des murs crevassés, là, des escaliers en lambeaux, dangereux, étroits et sombres. Ces maisons n’ont même pas de cave, quelquefois; elles sont basses et humides, reposant de plein pied sur le sol. Ajoutons à celà des chambres obscures que la lumière ne peut attendre, et l'on se trouve en face d’un tableau auquel on peut, à bon droit, appliquer le qualificatif “ maudit.” Telle, en un mot, est la description, dans l’ensemble, de ce que l’on appelle communément au Canada, le “taudis.
Une telle habitation est à la réunion des citoyens ce que l'infirme est à la société; on la rencontre parmi toutes les classes de là population; on la trouve surtout parmi les miséreux. Quelque part qu'il puisse être, le taudis est une menace pour les citoyens de la localité. Comme les bactéries dont nous entendons parler si souvent de nos jours, et que nous connaîtrons mieux plus tard, ce foyer générateur de maladies est d’une nature plus ou moins pestilentielle, mais il existe. Le taudis, semblable aux pinces de la tentacule, emprisonne sa proie dans ses murs, l’enserre et l'étouffe pour ainsi dire impereeptiblement, mais avec rapidité. Ses victimes tombent en langueur et contractent cette maladie de la ville moderne, la dégénération. C'est une infection qui engendre d’autres infections, une bave qui, se répandant par le taudis, enrôle d’autres habitants de taudis sur son passage, laissant ses victimes frappées d'inertie, abruties par la paresse, l'ivrogneric et le crime.