RENAULT
Je ne sais, en effet, comment m'excuser auprès de TÉcole, qui, depuis plus de cinq mois, m'a fait le très grand honneur de m'offrir la présidence de cette réunion, et qui Ta remise de mois en mois, jusqu'ici, avec tant de bonne grâce. L'état de ma santé a été la seule cause de tous ces retards bien involontaires. Il me laisse encore malheureusement aujourd'hui bien peu de forces et je vous demanderai votre indulgence s'il ne m est pas possible de vous parler de l'objet de notre réunion et de celui que nous venons y fêter comme j'aurais voulu pouvoir le faire.
Je connais bien, sans y avoir pris part, l'enseignement de cette grande École. Je compte parmi ses maîtres plus d'un ami. Et j'étais heureux de venir vous dire combien, dans mes fonctions diverses, j'ai trouvé d'excellents collaborateurs parmi ses anciens élèves. — Ceux qui se forment ici ne puisent pas seulement dans son enseignement les connaissances spéciales les plus exactes et les plus profondes, mais ils prennent aussi, autour de ces chaires, à l'exemple de leurs maîtres, ces habitudes d'esprit et de caractère qui leur ont permis de donner, dans les carrières publiques, tant de preuves de haute culture intellectuelle et de forte valeur morale.
Enfin, messieurs, je n'oublie pas les excuses personnelles que je dois aussi à mon ami Louis Renault pour lui avoir fait aussi longtemps attendre sa seconde apothéose. {Sourires.)
Je suis vis-à-vis de lui dans une situation vraiment difficile. L\isage est que le Président d'une conférence présente le conférencier à l'auditoire. Aujourd'hui, c'est le conférencier, professeur depuis tant d'années dans cette chaire, qui devrait bien vous présenter le Président étranger!
Que vous apprendrais-je sur lui que vous ne sachiez mieux que moi? Je sais par une expérience récente quel est le respect, quelle est l'affection, dont l'entourent tant de générations d'élèves. L'an dernier, j'avais l'honneur de présider à la Faculté de Droit la séance où Ton fêtait le 25'' anniversaire de son Enseignement, et j'ai pu m'associer à une des plus émouvantes manifestations de gratitude qu'un maître puisse souhaiter de ses élèves et de ses collègues. — N'en est-il pas de même ici, et quelle parole pourrais-je prononcer en l'honneur de Renault, qui ne fût devancée par vos esprits et, plus vite encore, par vos cœurs! (Applaudissemeyits,)
Aussi, me ferais-je un scrupule de retarder plus longtemps le plaisir que vous attendez de Tentendre et de Tapplaudir. Vous avez la parole, mon cher ami. {A pplaudissemrnis ,)