‹ L'œuvre de LimogesChapitre 45 sur 118 · PARABOLE DES DIX VIERGES · texte numérisé non relu

PARABOLE DES DIX VIERGES

« Alors le royaume des deux sera semblable à dix vierges, qui, ayant pris leurs lampes, s’en allèrent au-devant de l’époux et de l’épouse. 11 y en avait cinq d’entre elles qui étaient folles et cinq qui étaient sages. Les cinq folles, ayant pris leurs lampes, ne prirent point d'huile avec elles. Les sages, au contraire, prirent de l’huile dans leurs vases avec leurs lampes. Et comme l’époux tardait à venir, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Mais, sur le minuit, on entendit un grand cri : Voici l’époux qui vient, allez au-devant de lui. Aussitôt toutes ces vierges se levèrent et accommodèrent leurs lampes. Mais les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, parce que nos lampes s’éteignent. Les sages leur répondirent : De peur que ce que nous en avons ne suffise pas pour vous et pour nous, allez plutôt à ceux qui en vendent, et achetez-en ce qu’il vous en faut. Mais, pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva; et celles qui étaient prêtes en-

(1) S. Matth., c. XIV, v. 22 à 29.

L’EMAILLERIE LIMOUSINE

trèrent avec lui aux noces, et la porte fut fermée. Enfin, les autres vierges vinrent aussi et lui dirent : Seigneur, seigneur, ouvrez-nous. Mais il leur répondit : Je vous le dis en vérité, je ne vous connais point. Veillez donc, parce que vous ne savez ni le jour ni l’heure » (1).

Fig. 424 et 423. — Les vierges sages et les vierges folles.

Long. om 26. — Émail allemand du xmc siècle, d’après une photographie de M. le comte R. de Lasteyrie.

(Musée de Cluny.)

Ce petit drame est représenté sur deux plaques du Musée de Cluny. Dans le premier panneau (figure 424), les Vierges sages, nimbées, tiennent allumée la lampe vigilante qu’elles peuvent offrir à leur reine, la Vierge par excellence ; cette dernière a dans les mains l’effigie d’une basilique.

Dans le second panneau (voir figure 425), les Vierges folles, non nimbées, portent leur lampe sans mèche, sans huile et renversée. Les sages sont à la droite de Marie ; les folles à la gauche du Christ.

Ces deux plaques proviennent de l’église de Huiron, près de Vitry-le-Français, mais elles sont attribuées à tort a l’École limousine dans le catalogue du Musée imprimé en 1881 (Nos 4495 et 4496).

Les plaques cintrées sur lesquelles les personnages sont directement gravés au trait sont, dans le premier panneau, alternativement en émail bleu clair et bleu foncé et reposent sur un fond émaillé en vert clair et bleu clair, dans le second en bleu sur fond vert. Les nimbes sont en jaune ; celui du Christ a le croisillon rouge. Ces émaux ont une couleur terne ; l’ensemble des plaques est froid et ne rappelle en rien la couleur brillante et la riche décoration des émaux limousins. Le dessin feuillagé garnissant

(1) S. Matth., c. xxv, v. 1 à 13.

CHASSES

l’espace laissé libre entre les arcatures qui abritent les personnages, appartient aussi à l’École allemande.

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