‹ L'œuvre de LimogesChapitre 51 sur 118 · L’ONCTION DU CORPS DE JÉSUS · texte numérisé non relu

L’ONCTION DU CORPS DE JÉSUS

Les « Mises au Tombeau » ne sont pas rares au Moyen-âge; elles abondent surtout aux xve et xvie siècles. Mais au xme siècle, l’idée dominante était fonction du corps de Jésus avant qu’il soit confié à la terre.

L’auteur d’une châsse de la collection Spitzer et qui provient de la collection Soltykoff, a reproduit sur l’une des faces et dans le panneau supérieur, la table de l’onction qu’il eût creusée, ne fût-ce que légèrement, s’il avait voulu en faire un sépulcre. Au surplus, le Christ nu repose simplement sur un linceul que soutiennent les deux disciples fideles, Joseph d’Arimathie et Nicodème ; un troisième personnage répand sur le bras gauche du Sauveur la mixtion de myrrhe et d’aloès. La présence de ce troisième personnage est une infraction au texte de saint Jean ; on ne peut donc le nommer, mais on le retrouve sur la Vierge ouvrante du Louvre et sur la châsse des grandes reliques à Aix-la-Chapelle. Le P. Martin a déjà constaté ce fait; il l’attribue à une tradition populaire aujourd’hui disparue, et laisse supposer que ce troisième personnage pourrait bien être saint Jean (1).

Le panneau dont nous parlons est divisé en trois parties par des arcs surbaissés reposant sur des colonnettes. Les deux extrêmes abritent deux saintes femmes qui encore, contrairement au texte des évangélistes, viennent assister à cette dernière scène.

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