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BOITES AUX SAINTES HUILES

On donne en général, dans l’Église catholique, le nom de « saintes huiles » au saintchrême, à l’huile des catéchumènes et a l’huile des malades (i), qui depuis le v° siècle sont consacrés par l’évêque le jeudi-saint.

Fig. 492. — Boitf. aux saintes huiles de l’église de saint-viance (Corrèze). — xmc siècle.

Haut. orai44; larg. om09; long. omi2.

Il y avait, dans l’Antiquité, un vase en forme de patène destiné à contenir le saint-

(1) L’huile des malades est formée avec de l’huile d’olive et sert à administrer le sacrement de l’extrêmeonction. L’huile des catéchumènes et le chrême se composent d’huile d’olive et de baume; dans l’Église grecque, à l’huile d’olive on ajoute le bois, le fruit et la liqueur de l’arbre à baume, la cannelle, la myrrhe,

chrême : il s’appelait patena chrismalis ( i); mais aujourd’hui et depuis bien longtemps on le renferme dans des ampoules ou dans des petits flacons séparés appelés cresmier , cresmeau ou chrémier , placés dans un vase unique muni de trois compartiments distincts. Chaque compartiment est affecté à l’une des trois espèces d’huiles. Cette disposition était nécessaire, car chacune des trois huiles ne sert pas dans les mêmes cérémonies. On porte souvent au loin l’huile des malades; il fallait donc chercher le moyen de détacher chaque vase pour le sacrement spécial où il devait servir, tout en le renfermant ensuite dans une enveloppe qui les contient tous trois. Pour mieux les différencier et éviter toute confusion, car l’huile des catéchumènes et celle des infirmes ne diffèrent que par la bénédiction appropriée à chacune d’elles, et non par la substance, on place souvent au-dessus du couvercle du petit flacon qui les contient, la lettre O pour indiquer celle des catéchumènes, la lettre C pour le saint-chrême, la lettre I pour celle des infirmes.

La forme qui s’est naturellement présentée pour contenir ensemble et loger à part ces huiles saintes, est celle d’un faisceau de trois tourelles. Trois petites tours collées, pour ainsi dire, à un noyau central, contenues quelquefois elles-mêmes dans une tour plus grosse, telle est la construction ordinaire des vases de ce genre. Les textes anciens accusent suffisamment cette forme (2).

Un inventaire du Trésor de la cathédrale de Laon, dressé en 1423, contient à ce sujet des détails techniques des plus importants :

« Tria vasa magna argentea facta instar phialarum. In quarum prima solet poni sacrum chrisma ; in secunda sacrum oleum (catechumenorum) , et in tertia oleum infirmorum. Et soient recludi in armorio quod est juxta piscinam. Et in summitate operculi cujuslibet est fragum deauratum, ac super predictum operculum scriptum quid in singulis vasis contineatur. Super autem pedem cujuslibet sunt insignia. In quolibet illorum vasorum est longa virga argentea in more cochlearis facta ad extrahendum liquorem ex eis » (3).

Quand on veut donner plus d’importance au vase qui renferme les trois boîtes ou fioles, on l’établit sur un pied semblable à celui des calices ou de certains reliquaires. Ce pied élevé rappelle l’usage ancien de porter le vase des saintes huiles en procession ou de l’exposer à la vénération des fidèles, car, après l’eucharistie, rien n’est plus honoré que les saintes huiles. Quelquefois le pied présentait une disposition particulière pour contenir des hosties (4).

L’église de Saint-Viance possède une boite rectangulaire destinée à renfermer les saintes huiles (voir figure 492). Elle repose sur quatre pieds bas et arrondis et est fermée par un couvercle en forme de pyramide tronquée, à quatre pans; ce couvercle est surmonté d’une grosse boule en cuivre doré, fichée sur une base conique de même métal. Chaque face de la boîte est décorée de deux médaillons circulaires, émaillés, encadrant des bustes de saints, gravés et réservés, avec têtes en relief rapportées après coup. Les bustes se

le safran, l’essence de rose, l’encens blanc et autres substances qui dégagent un parfum doux et pénétrant. On s’en sert dans l’administration du Baptême, de la Confirmation, de l’Ordre et au sacre des souverains, ainsi que dans la consécration des calices et des patènes, dans celle des églises et des autels, et dans la bénédiction des cloches et des fonts baptismaux.

(1) « Patenam argenteam chrismalem obtulit », dit Anastase le Bibliothécaire au sujet de saint Sylvestre.

(2) 1295. — « Très ampullæ argenteæ, cum crimale et oleo ». Invent, de Saint-Paul de Londres.

1416. — « Un cresmier d’argent véré à 3 estuiz, pour mectre le saint cresme. » Inv. du duc de Berry.

(3) Ed. Fleury, Inv. du Trésor de la cath. de Laon, p. 47, ap. Annales archéoloqiques , t. XIX, p. 190.

(4) 1492. — « Ung cresmeau à 3 tournelles, dont le pié est en façon de boette, pour mettre pain à chanter ». Inv. nécrolog. de Paris , ap. Du Cange.

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