DOSSE DAME IE VOS AYM LEALMANT POR DIE VOS PRI QVE NE MOBBLIE MIA
UET SI MON CORS A UOS COMANDEMANT SANS MAUUESTE ET SANS NULLE FOLIA.
Sur le couvercle, quatre figures debout, divisées en deux couples, occupent chaque extrémité. D’un côté, un jeune homme. ayant à la main droite un faucon, appuie son bras gauche sur l’épaule d’une jeune femme, coiffée d’un voile et portant un surcot. Ce surcot, posé par-dessus une robe à manches étroites, est décolleté, bridé sur les épaules, dépourvu de manches et fendu latéralement des aisselles aux hanches, comme les femmes nobles commencèrent à le porter sous le règne de Philippe-le-Bel. De l’autre, le jeune homme, ganté, lève le bras pour protester de son amour; la jeune femme, une main à sa coiffure, tient de l’autre l’alliance sacrée qu’on vient de lui offrir. Ces deux scènes personnifient la rencontre et l’accord. Les figures ont les traits et les plis du costume largement gravés en creux et remplis d’émail bleu lapis ; elles sont entièrement dorées. Nous avons déjà rencontré cette manière d’appliquer l’émail sur certaines parties de la châsse de saint Étienne à Gimel.
L’ornementation du fond, que les personnages cachent en partie, consiste en quatre rangs de six médaillons à quatre lobes avec des angles saillants aux points de jonction, chargés d’écus triangulaires. Ces écus sont ornés, de deux en deux, d’animaux fantastiques sur fond rouge, et d’écussons armoriés. Les armes sont de France, d’Angleterre,
et d’or , à la croix d'azur vairée d’or. L’intervalle compris entre les médaillons est orné d’une croix formée de quatre tiges courbes terminées par une feuille de lierre cantonnée de quatre points, sur fond bleu lapis (voir figure 645).
Trois écus triangulaires inscrits dans des quatrelobes occupent la face principale (voir figure 644). Celui du milieu est d’Angleterre, les deux autres de France. Le champ des lobes, en émail rouge, est orné de dragons en réserve. Le fond de la plaque, émaillé de bleu, est décoré autour de l’écu central de monstres à tête humaine ; ils sont encapuchonnés, et leurs membres, qui rappellent les bêtes féroces, sont velus. Deux d’entre eux sont armés de bâtons et de rondaches. D’autres monstres ou des oiseaux garnissent les extrémités du coffre.
Les autres faces de cet intéressant objet présentent une décoration analogue.
Fig. 646 et 647. — Boite de fiançailles avec son développement. — xm' siècle. (Collection Victor Gay, à Paris.)
La boîte reproduite sous les figures 646 et 647 se trouve dans la collection Victor Gay. On peut l’appeler une boîte de fiançailles, en ce sens que les sujets qui s’y trouvent représentés se rapportent tous aux préliminaires du mariage ; cet objet fort curieux a été reproduit dans le Glossaire archéologique.
Quatre scènes différentes se déroulent sur le pourtour de la boîte. La première pourrait s’intituler la Rencontre; elle se trouve à droite de notre dessin (voir figure 647) : un jeune homme, le faucon au poing, montre par un geste la surprise qu'il éprouve à la vue d’une jeune personne, qui de son côté paraît toute saisie. Dans la scène suivante, à genoux, il lui fait une déclaration d’amour. Dans une troisième il apporte des présents;
BOITES ÉMAILLÉES
ils sont agréés car les heureux fiancés s’élancent dans les bras l’un de l’autre pour s’embrasser. Les personnages sont en réserve et se détachent sur un fond en émail bleu parsemé de rinceaux.
La coiffure de la jeune fille, formée par un chaperon et une mentonnière qui laissent voir les nattes de cheveux sur la nuque, nous reporte vers l’an 1225, en nous permettant de fixer ainsi une date certaine à la fabrication de cette boîte.