‹ L'Œuvre de LourdesChapitre 43 sur 47 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Les processions du Saint-Sacrement. — La France a reçu le dépôt intégral des révélations de la Vierge immaculée. — Depuis i83o la Vierge a toujours les yeux sur la France. — Jamais les Pèlerinages n'ont été interrompus. — Nous avons été lidèles à notre mission. — Motifs d'espérance.

LaFrance a misdans cette grande œuvre de Lourdes ce qu'elle avait de meilleur. Toute la sève catholique qui débordait en elle est venue se déverser à Lourdes.

Ses évoques, ses prêtres, ses religieux, ses savants et ses médecins, toutes les classes de la société ont uni leurs efforts [)our développer cette œuvre éminenmicnt française (jui devait porter jusqu'aux extrémités du monde, avec le nom de Lourdes, le nom de la France. La fusion est devenue si complète que les autres peuples n'ont pas même essayé de traduire ce nom de Lourdes dans leur langue, tous le prononcent avec la désinence française. C'est ainsi que nous trouvons partout cette alliance indissoluble entre

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noire foi el noire nationalité, privilège singulier, le plus précieux sans doute que la Providence nous ait départi.

Lourdes, disons-nous, est une œuvre éminemment française, nous pourrions dire franco-belge. La Belgique en effet a adopté celte dévotion avec le même enthousiasme que nous. 11 n'y a pas de jour de Lourdes, dit-on, sans Belges.

Mais cette réserve faite, nous pouvons dire que les quatre cinquièmes des pèlerins etdes membres de nos hospitalités sont Français.

Les religieux qui ont eu la garde et la direction du pèlerinage non seulement sont Français, mais ils sont presque tous de la région de Lourdes. Ils ont créé le Bureau des Constatations, celte clinique du miracle que le moyen âge n'avait pas connue.

Ils ne se sont pas contentés de graver sur la pierre elle marbre l'histoire de ces événements merveilleux, d'élever ces magnifiques basiliques qui continuent les plus belles traditions de l'art chrétien : dans un recueil mensuel et dans un journal hebdomadaire, ils ont conservé le récit des événements accomplis depuis plus de trente ans.

Avec les Annales, on peut reconstituer toute l'histoire de Lourdes. On trouve là non seulement le résumé des guérisons, les certificats des médecins, mais tous les progrès de ce mouvement inouï pour notre Age qui commence auprès de la grotte, en i858, et s'étend bientôt dans le monde entier.

Quand l'homme veut interpréter une œuvre divine, il y a des lacunes et des imperfections dans son langage. Nous ne pouvons à notre gré déchirer tous les voiles. Mais, par un travail patient, persévérant, en accumulant les preuves que le temps nous apporte, nous arrivons toujours à la démonstration cherchée.

L'histoire de Lourdes doit se lire dans l'ensemble

LOURDES ET LA FRANCE 38l

de ces faits merveilleux qui se prèteut un mutuel appui et forment un bloc inébranlable, à l'abri des vaines disputes et des critiques superficielles.

Les processions du Saint-Sacrement

C'est un prêtre du diocèse de Montauban qui eut l'inspiration de faire des acclamations sur le passage du Saint-Sacrement.

Ce projet ne pouvait qu'être favorablement accueilli par le R. P. Picard, l'homme de toutes les grandes et saintes initiatives. En quelques instants des paroles appropriées de l'Evangile furent recueillies, imprimées et distribuées aux pèlerins.

Le 22 aoiît 1888, à 4 lieures du soir, le Saint- Sacrement sortait de la basilique, et les invocations commençaient avec un accent, un enthousiasme indescriptibles. A dix-neuf siècles de distance, nous assistions aux scènes de l'Evangile. Comme le jour de son entrée à Jérusalem, des milliers de témoins criaient : Hosanna au Fils de David! Vers les piscines, l'enthousiasme fut à son comble. Cinq ou six mille personnes, les bras en croix, répétaient : Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur/ Des centaines de malades s'étaient fait apporter sur leurs grabats: deuxinlirmes se levèrent et marchèrent à la suite du divin Maître. Il fallut toute l'énergie des brancardiers pour empêcher que la foule ne les étouffât dans son délire. Plusieurs malades recouvrèrent subitement la force de (juitter leur brancard et vinrent prier à côté de leurs frères.

Des salves d'applaudissements, des cris d'enthousiasme saluèrent ces prodiges. C'estàgrand'peine que le Saint-Sacrement pouvait s'avancer à travers les rangs pressés de la foule. Des milliers de fidèles par-

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laient à Jésus comme s'ils l'eussent contemplé vivant en chair et en os au milieu d'eux. Qui pourrait dire le nombre des résurrections spirituelles, plus belles que les résurrections du corps! Une protestante frappée de ce spectacle voulut faire son abjuration à Lourdes même.

Chaque année, les mêmes manifestations se reproduisent avec les mêmes foules, le même enthousiasme. Nous avons tous le souvenir des processions du Jubilé du pèlerinage national de 1897. Toutes nos corporations étaient représentées : hospitalité du Salut, hospitalité de Lourdes, tous nos ordres religieux; quinze centsprêtres en surplisprécédaient deux cent cinquante miraculés qui défilaient sous nos yeux comme une vision du ciel : poitrinaires arrachés des portes du tombeau, paralytiques, aveugles ou sourds-muets, incurables : tous les blessés de la vie, que la main de Dieu était venue guérir ou consoler: et sur l'esplanade du Rosaire, deux mille malades assis, couchés, formaient une double haie sur le passage du Saint-Sacrement. Après la bénédiction, quinze, vingt malades se levèrent aux applaudissements d'une foule de trente ou quarante mille âmes. Jamais pareil spectacle ne s'était présenté sous nos yeux avec un tel caractère de grandeur ; nous avions touché la dernière limite des émotions humaines; au delà, ce n'est plus la terre.

Le !«' septembre 1904, pendant le pèlerinage du Nord, nous vîmes défiler par rangs de six de front quinze cents à deux mille enfants de Marie, avec leur ruban bleu, leur ceinture bleue etleur long voileblanc. Quel beau cadre pour la procession! Pour acclamer avec la foule le Dieu de nos autels, ces deux mille jeunes filles garnissaient complètement la double rampe du rosaire, semblables à une immense couronne blanche et bleue. Le coup d'œil était féerique.

Mais sur ce sol de Lourdes, en présence du Saint- Sacrement, une pensée sublime avait germé dans leurs cœurs, pensée inspirée par leur directeur, et bénie par Mgr l'évèque de Tarbes.

Elles avaient laissé dans leurs paroisses les écoles vides, abandonnées par le départ des religieuses; les œuvres, les patronages, les ouvroirs sans directrices. Elles venaient de promettre de prendre au retour la place des sœurs dans les écoles ou les ouvroirs, de se faire catéchistes volontaires, d'enseigner les ouvrages manuels. Elles avaient promis d'être des apôtres, et d'acquérir pourcelales vertus nécessaires. C'est ainsi que Jésus-Hostie n'avait pas seulement relevé ce jourlà quelques malades sur leur grabat, mais avait pénétré le cœur de ces enfants de Marie de ses rayons les plus ardents.

Dans un seul diocèse, deux mille jeunes filles s'ollVaient pour remplacer les religieuses dispersées, La sève de l'apostolat n'est décidément pas tarie dans les veines de la France.

Les hommes politiques, sénateurs, députés, suivent nos processions. Nous avons vu des ministres de Belgique solliciter l'honneur de porter le dais, et à côté d'eux, les officiers supérieurs de nos armées.

Les drapeaux de toutes les nations flottent à Lourdes au-devant du Sainl-Sacrement : drapeaux de l'Angleterre et des Etats-Unis, drapeaux de la Chine et du Japon, et nos basiliques renferment, comme dans un musée sans pareil, les bannières de tous les peuples qui sont venus s'incliner sur le passage de notre Dieu.

Y eut-il jamais concert plus unanime? Dans notre siècle si tourmenté, au milieu de tant de ruines, la France conserve ce foyer de surnaturel plus vivant, plus intense; jamais les foules n'ont été plus nombreuses, la foi plus vive, les guérisons plus éclalantes.

Pendant le pèlerinage des hommes, nous avons vu

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vingt mille hommes précéder le Saint-Sacrement. Pendant trois heures, ces immenses foules ont fait retentir les rues de Lourdes de leurs acclamations. C'est une des plus belles manifestations dont nous ayons été témoins. 11 n'y avait là ni la variété des costumes, ni ces corporations qui rehaussent l'éclat de nos cérémonies, c'était un défilé plus imposant par son uniformité même : tous ces hommes semblaient porter le poids de préoccupations communes, et des milliers de voix lançaient vers le ciel leurs acclamations.

Le Dieu de nos autels, abandonnant ses tabernacles, la pompe de ses temples, venait sans intermédiaire au milieu de son peuple. Il y avait là un contact plus intime, plus direct : c'était toujours Lourdes avec ses foules, ses enthousiasmes, mais Lourdes parlant à son Dieu qui paraissait plus accessible sous le regard de sa Mère.

Il y avait dans ces immenses foules, dans ces élans spontanés, dans ce cadre unique au monde, le tableau du plus bel hommage que l'homme puisse rendre au Saint-Sacrement.

Sans doute, dans le cours des âges, des âmes d'élite n'ont cessé de se consumer d'amour devant nos autels, mais nous n'avons pas vu souventvingt mille adorateurs jetés sans distinction, sans choix, sur le passage de notre Dieu. Jusqu'au dernier moment, on se demandait si ce pèlerinage des hommes deFrance réussirait; l'organisation préalable semblait faire défaut, mais il s'était crée un courant spontané : ces hommages libres doivent plaire entre tous au Dieu de nos autels. Voilà les grandes fêtes du Saint-Sacrement que les historiens de l'avenir devront enregistrer.

Le culte de la Vierge immaculée est intimement uni au culte du Saint-Sacrement; le cinquantenaire de l'Immaculée Conception coïncide avec le vingt-

cinquième anniversaire des congrès eucharistiques.

Qui donc a disposé ces divines harmonies? C'est la Vierge de Lourdes qui, pendant trente ans, appelle les foules auprès de sa grotte pour les conduire ellemême à son divin Fils. Ce n'est plus seulement à la piscine, c'est à la procession, c'est au grand jour, sous les yeux de mille témoins que les guérisons se produisent : c'est le miracle demandé par les incrédules, dans un lieu déterminé, àheurelixée, sur sujet choisi; tous les voiles sont déchirés.

Le dix-neuvième siècle avait été le siècle de l'Immaculée Conception ; nous saluons à l'aurore du vingtième le règne du Sacré Cœur et les triomphes de l'eucharistie. Désormais, les acclamations sur le passage de nos processions ne seront jamais interrompues et ces manifestations devront marquer une ère nouvelle dans l'histoire des fastes eucharistiques.

Lourdes a eu le privilège de nous donner les grands enseignements et c'est Dieu lui-même qui, par des prodiges plus éclatants, nous a montré comment il voulait être glorifié.

N'est-ce pas là le commencement du règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ? Lourdes et Montmartre sont étroitement unis. Nous avons à Lourdes des adorations de nuit de trois et quatre mille personnes et jamais le culte du trèsSaint-Sacrement n'avait pénétré aussi profondément dans les masses. Ce n'est plus seulement sous la voûte des temples, mais dans nos esplanades, dans nos rues que le Dieu de nos autels s'avance au milieu d'ovations triomphales : nous sommes revenus aux scènes de la Judée.

Dans le pèlerinage des médecins catholiques ùRome les trois (|uarts des médecins étaient Français, et pour la plupart les hôtes habituels du Bureau des Constatations. La reproduction de la grotte de Lourdes dans

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les jardins du Vatican aélé faite par une souscription recueillie surtout en France.

Lourdes est désormais soudé plus intimement à l'Église et ses guérisons recevront la consécration de la Curie romaine.

Que nous réserve l'avenir?

Au moment des apparitions, la Vierge de Lourdes avait devant les yeux tous les courants d'impiété qui devaient ravager notre pays ; elle n'hésita pas à poser son pied sur les roclies Massabielles, elle voulut nous confier le secret de ses plus chères prérogatives et nous donna la mission de faire connaître dans le monde son Immaculée Conception.

La France n'a pas failli à cette mission.

Cette parole qui, le ii février i858, s'est fait entendre au pied des Pyrénées, a retenti déjà sous les cieux les plus lointains et dans les solitudes les plus ignorées. Il n'est pas un peuple dans l'univers qui ne connaisse, ne bénisse ou n'implore la Vierge dont Bernadette nous a laissé la ravissante image.

La France s'est éprise de la dévotion la plus tendre pour la Vierge immaculée.

Elle a reçu la garde du sanctuaire de Lourdes et les pèlerinages n'ont pas été interrompus. La foi persécutée entraine auprès de la grotte des multitudes plus nombreuses, c'est toujours le même élan, la même ferveur dans la prière.

L'idée de Lourdes s'impose chez nous avec une puissance, une sorte de fascination irrésistible. Il faut donc que cette idée ait par elle-même une raison d'être, une force qu'elle n'emprunte pas aux courants extérieurs.

Faut-il dire que cette idée exerce une suggestion collective sur la société contemporaine? Lorsque les événements de Lourdes se produisirent, le rationalisme régnait en maître dans nos écoles, dans la littérature.

LOURDES ET LA Fil ANGE 887

dans la science, partout. La suggestion aurait dû s'exercer en sens contraire.

Lourdes présente un caractère d'universalité; on y vient de toutes les contrées de la terre; on y rencontre un mélange d'hommes de toutes croyances; des protestants, des scliismatiques sont mêlés aux catholiques. Les médecins accompagnent les malades.

A Lourdes, l'idée religieuse se dégage seule des aspirations de toutes ces multitudes, pure, sans mélange. Les préoccupations de la politique ou des alÎJiires, le choc des intérêts s'arrêtent sur ce seuil. Tous les peuples se rencontrent et se coudoient, une même pensée les anime, les rapproche. Depuis quarante ans, rien n'est venu troubler ces multitudes dans la manifestation de leur foi, et c'est vraiment merveilleux qu'il y ait sur notre sol si troublé comme un asile invidlé où toutes les passions viennent expirer, asile que le monde entier nous envie, où il se rend en pèlerinage.

Lourdes est devenu la plus haute manifestation de cette puissance d'expansion religieuse que nous avons toujours conservée. Si les nations qui nous environnent avaient un centre d'attraction pareil, penseraientelles à le détruire? Gomme la Belgique, elles feraient converger toutes les forces vers le développement de ce pèlerinage. Il est préférable pourtant que Lourdes se soit développé dans une indépendance absolue de toute attache otïicielle; il fallait un terrain neutre pour appeler les nations étrangères sur notre sol.

N'est-il pas étonnant d'avoir vu germer chez nous, en plein dix-neuvième siècle, le culte de la Vierge immaculée, le culte qui résume tout ce que notre religion a de plus délicat, de plus doux, de plus aimable, de plus consolant.

Depuis cinquante ans, dans cette grotte de Lourdes, on parle du surnaturel et du miracle, on l'étudié, on

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le discute. Les croyants et les incroyants, les savants et les médecins semblent subir un entraînement collectif et viennent observer sur place ces phénomènes inexpliqués.

Pour qu'un peuple puisse descendre aux dernières limites de la négation ou du doute et remonter au plus haut sommet de la foi, pour qu'il puisse réagir avec cette intensité, il faut une vitalité bien grande. La France n'est pas une malade sans ressort, elle a toute sa jeunesse, elle peut faire germer encore les grandes idées qui fécondent le monde.

Pour comprendre Lourdes, il faut entrer dans le détail de son organisation, suivre son développement, étudier ses guérisons.

Il ne suffît pas de dire qu'un vent de folie a passé sur le monde, que les médecins, les savants, en ont ressenti les atteintes et que les peuples chrétiens semblent pris de suggestion collective ; la folie, c'est le désordre ; ici c'est une évolution lente, progressive, raisonnée ; ce sont des événements qui s'enchaînent, qui se déroulent- avec un plan, une méthode que rien ne vient troubler.

Pour avoir voulu tout nier, les faits et leurs conséquences, les principes qu'ils mettent en cause, l'opposition soulevée autour de Lourdes a perdu toute force. On a dit que Lourdes était un déti jeté à la science, à la raison ; avec le concours des médecins, Lourdes est devenu un centre d'étude, où chacun peut venir apprécier, discuter des résultats qui se passent au grand jour. Toutes ces ([uestions de maladies nerveuses et de suggestion, où sont-elles mieux étudiées?

L'erreur de la science a été de rétrécir le débat, de vouloir tout expliquer par la suggestion ; les théories exclusives sont toujours en défaut par quelque côté. Expliquer ce qui s'est passé hier, ce qui se passera

demain, ce que l'on connaît et ce que l'on ne connaît pas, est toujours difficile. Englober tout cela dans un même système devient téméraire et ne peut satisfaire l'esprit. Vainement on a essayé de détourner les médecins, de les distraire de tout mouvement de curiosité, ils viennent chaque année plus nombreux : ils étudient toutes les guérisons qui se produisent ici ; ce qui s'édifie d'enquêtes, de travaux sur Lourdes est incalculable.

Nous avons essayé de démontrer que les pèlerinages de Lourdes s'étaient développés en dehors de toute attache officielle, par une force d'expansion propre ; tout dans ce pèlerinage, son origine, ses progrès rapides, son caractère, son indépendance absolue de toute cause locale, tout l'élève au-dessus des conceptions humaines. Le surnaturel n'est pas seulement dans les guérisons, il est partout; il est dans cette attraction irrésistible qui grandit et se développe sans tenir compte des courants contraires, dans cette puissance de développement qui n'emprunte rien à la condition de milieu, au système politique de tel ou tel pays.

Une œuvre qui prend, en quelques années, une telle importance, qui nous ramène des manifestations de foi oubliées depuis les Croisades, qui soulève tout le monde catholique, n'est pas un accident passager dans la vie d'un peuple.

A côté de la question religieuse et de tous les problèmes que la science essaie de résoudre, se présente une question d'intérêt national que nous ne saurions négliger.

Tous les peuples viennent chercher sur notre sol le dépôt des traditions sacrées dont nous avons la garde. La France peut perdre momentanément la suprématie des armes, mais dans la voie de la civilisation, elle n'a cessé démarchera la tête des nations.

3ç)0 l'œuvre de LOUIIDES

Ses Iraditions, ses croyances, le christianisme dont elle est imprégnée semblent entretenir dans son sein un foyer paissant qui rayonne sur le monde entier. Si ce foyer venait à s'éteindre, sa mission serait interrompue, et le monde en serait profondément troublé. Il est nécessaire de se dégager de tout esprit de parti pour étudier ces questions dans toute leur ampleur, pour comprendre tous les intérêts (ju'elles mettent en cause.

Certes, les œuvres de Dieu sont inimitables, elles ont toutes le môme caractère de grandeur ; cependant, je cherche vainement dans le passé, je ne trouve pas d'exemple pareil.

Une Vierge radieuse, blanche madone, idéale vision d'un monde supérieur, apparaît à Lourdes ; elle dispense à pleines mains les faveurs célestes, elle déchire les nues sur notre tète, pour nous transmettre les ordres du Très-Haut et nous confier le secret de ses prérogatives les plus chères. Nous la reconnaissons à ses bienfaits mieux encore qu'à ses paroles ; elle guérit nos souffrances physiques pour atteindre plus sûrement nos cœurs et réveiller nos âmes.

Depuis un siècle, que de fois la France n'a-t-elle pas entendu la voix de la Vierge Immaculée ! En i83o, dans la chapelle de la rue du Bac : en i83(3, M. Desgenettes, guidé par une inspiration surnaturelle, consacre Notre-Dame-des-Victoires au Cœur immaculé de Marie. En 1842, M. de Ratisbonne voit devant ses yeux l'image de la Vierge de la rue du Bac : c'est à Borne, dans l'église « DeiFratte», mais M. de Ratisbonne est Français ; son ami, M. de Bussière, qui a préparé sa conversion, est Français. C'est un jésuite français, le Père de Villefort, qui a reçu son abjuration. Nous avons le dépôt intégral des révélations de la Vierge immaculée.

Depuis i83o, la Vierge de Lourdes a toujours les yeux sur la France, et la Vierge ne vient jamais parmi les hommes en messagère des coups de la justice, mais pour nous apporter les trésors de la miséricorde divine.

A l'heure où nous fêtons le cinquantenaire de Lourdes, notre pèlerinage est à son apogée ; nous voyons des élans de foi qui nous ramènent aux premiers siècles du christianisme. Ce pèlerinage, qui aurait dû disparaître sous le choc de l'opposition, n'a jamais été atteint ; tous les peuples se reconnaissent nos tributaires et viennent chercher, sur notre sol, le dépôt des traditions saintes dont nous avons la garde.

Les catholiques du monde entier se demandent si Lourdes ne sera pas fermé, s'ils pourront encore venir prier devant la grotte. Cette situation est sans précédent : jamais, dans nos Révolutions passées, nous n'avons eu des preuves aussi éclatantes de la proteclion divine. On ne peut Jermer la grotte de Lourdes, les foules sont entraînées par la force d'un courant auquel rien ne résiste. Si l'on fermait Lourdes, tous les chemins qui conduisent à la grotte ne pourraient contenir les pèlerins qui afflueraient dans tous les sens. On prierait sur la rive opposée du Gave, sur les coteaux voisins.

Le caractère international de Lourdes met ce pèlerinage à l'abri de toutes nos convulsions politiques. On ne peut fermer la grotte de Lourdes dans les jardins du Vatican : fermer les grottes de Lourdes en Belgique, à Constantinople, dans les deux Amériques, au Japon et en Chine. Non, il n'est plus au pouvoir de l'homme d'effacer, au plus intime de nos âmes, le culte de la Vierge immaculée !

En nous agenouillant devant la grotte, le ii février 1908, nous trouverons là, au milieu des plus

LCEÙVRE DE LOUUDES

sombres jours, le gage de surnaturelles el d'invincibles espérances.

Nous entendrons encore les paroles de la Vierge : Prières e\ pénitence. C'est par la pénitence que nous pourrons racheter notre pays, par le sacrifice poussé jusqu'aux dernières limites, s'il le faut, mais le triomphe est assuré.

TABLE ANALYTIQUE

Adler 187

Agnès (Sœur) 319 320

Albrech (Philomène) 338

Anios (D') 251

Angèle (Sœur) 172

Anne-Philomène (Sœur) 115

Archnmhault-Lassale (D') 39

Arents 303

Athanasie (Marie) 1 30

Auge (DO 18 19

Autane (C" d) 245

Bailly (Marie) 69, 70, 71, 74,

Baltus(D') 86 87

Banning (D') 48

Bans (Louis) 184

Barbedette 372

Béliard (D') 279, 280 283

Bender (D')... 243

Bénével (M"« de) 276, 277,

Benoît XIV 307 349

Benoît (M. et M°") 213

Benoît (M'" Juliette) 213, 214,

Bérillon, 329, 339, 340, 341.

Bernadette, 1, 209, 218, 319,

Bernlieim (D') 3, 6. 305, 329,

Besnier (D') 255, 257, 258.... 361

Biraud(DO 52

Birot (D'^) 306

Boissarie (D') 48, 85, 87 . 90, 91, 119, 134, 162, 232, 231, 252, 253, 254, 255, 278, 383,

Bonamy (D') 166 169

Bonnefond (de) 52

Boucliaud 197

Boudin (Abbé) 230

Bourard (Père) 167

Bracliman (Eslher)271 etsuiv, 366

BriJraut (Marie) 25

Bron (Charles; tl

Bryas (C'"" de) 223 224

Bul [b'\ 48 185, 186, 192.193,

Buron (H. P.) 191

Bussière (de) 390

Caillol (M"") 26

Castel (D' du) 257

Catherine Labouré(Sœur)372, 375

Céleste (Sœur) 159 164

César Franck 223

Chabalier (D^) 70

Charcot (i)') 3, 6, 7, 29, 250.

Charles-Auguste, 24, 222, 223, 224, 225, 226, 227, 228, 229,

Chatillon (M"' de) 158

Cliéradame i^Louise) 346

Chipault (D') 135 139

Christel (D'1 232

Cirette, 19 363

TABLE ANALYTIQUE

Oiselet (D') 300

Clavé 312

Clément (D^) Il 12

Clément (Général) 122

Clément (M'") 122, 126, 128, 129

Coirins (M'") 250

Collins 241

Cools (Marie) 299, 302, 303

Coremans, 303, 304 306

Courcel (M"') 24, 231, 233,

Courtoùt '(Ù'ù) "..'.'.'.'.'.'..'..'. 220

Cox(D^) 232

Darboy (Mgr) 153

Dauchez (DO 3oH

David (Félicien) 223

Davignon 21

Decressac (D"") 95

Desgenettes (Abbé) 390

Dejardin (D^ 199

Delbœuf, 338 348

Desguin, 303 306

Desjardins (D-") 196

Desplat (DM 33 105

Dethier (D--) 205

Diday (DO 12

Dieudonné (Abbé) 131 138

Doilière (M"'« delà) 165, 161,

Dor(Dr) 41

Dubillard (Mgr) 124

Duplay(DO 212

Duret (Professeur) 31, 36,291,

Duval (Hélène) 322

Franssu (M"» de) 83, 86.

Fritz Sauo (D')

Garde (Sœur de la) 150 151

Gardey (abbé) 161

Gargam, 9, 9:<, 102, 103, 104, 101, 108, 109,110, m, 112,

Garibaldi 154

Gaube(U'-) 135

Gaulejac (D-- de) 128

Geoffray [D') 13 80

GInet (Marie) 131

Goix (DM 318

Goullioud, 12 14

Gounod 223

Gouraud (D"") 251 212

Goux (DO 121 128

Grallier 19

Grancher, 211 283

Grosset (Joséphine) 332

Guénard (DO 13^

Guéniot (DO 251

Guillo-Lehan (Chanoine) .... 293

Hamelein (Abbé) 280 281

Hibert(MmO 20 21

Hébrard(DO 305

Henderickx 504

Hery (DO t21

Hispa 352

Hotfman (DO 41

Hollman (Marie) 313

Huysmans 368

Elisa 348

Erns (DO 240, 243, 244, 231, 254 Estrade 368

Fabische 314

Féron-Vrau (DO 36, 351, 358, 360

Félicien David 223

Filhol 84

Fissot 223

Fondet (DO H

Fournier (DO 255, 251 261

Franck, 305 nort

Frar.ck (César) 22J

.lacobs (DO 301, 303 348

Jacquart (Irma) 332

Javal(DO 18-

Joachim 4

John Cherry (DO 46

Jorissen (DO 47

Jourdan (Abbé) 154 158

Julienne (Sœur) 6 285

Justinien (Sœur) 24, 111, 112,

Kersbilck, 193, 196, 191, 198,

Kneipp 55

Koch 20

Kreglinger, 301 302

TABLE ANALYTIQUE

Labouré (Sœur Catherine) 371 372

Laconi])e 332

Lacroix(D') 305

Lacroix (M"") 245

Lalljiit'D'^) 128

LaNéele, 6, 20 21

Langénieux iC) 352

Lapersonne (Ù^ige, 199.. .. 200

Lapponi (D-^) 7,362 363

Lassale(U--) 39

Lasserre (Henri) 367

Laurence (ftlnr) 1, 2, 353 ... 365

Lebec (D^) 2o7 358

Lebrancliu (Marie) 285, 315,

Lecovec (l)"^) 6i 6."i

Lefebvre (D^) 270, 271. 273. . . 275

Lefur(UM 109

Le Marchand (Marie) 21, 314,

Lenorniant (M"") 114

Lcntz (0^)251,252, 255 261

Léon XIII 3.J3

Longe (D') 48

Luys (D') 338 368

Marché (Marie) 202, 203, 204,

Mathieu (Père) 191

Maupomé (Abbé) 281 282

Maximilien (Sœur) 141 147

May (Maurice de) 225

Mayer (D^^ 251

Melchtide (Sœur) 246 247

Ménager (I)') 59, 60. 65

Ménager (M-"') 27, 28

Manaud (M.irguerite) 275 34tj

Merry del Val (G»') 363

Mest.lag 301

Monguilhem M"« 29

Montreuil (Irma) 2rt5

Mordret (1)'^) ^9 65

Moreau (D'j 87

Mulier (D')244, 252,253, 551,

0 Donnel (D^; 46

Olivaint (I>erc) 152 1.55, 156, ib6 159

Painblanc (D'j 199

Parvy 223

Pascal (Sœur) 197

Pepper (Fanny) 232

Pérotin (Louise) 265, 266, 267,

Peyramale (Mgr) 372

Picard (R. P.) 326, 327, 331, 381 Pie IX 351, 352, 353, 354,

Pie X, 1,355 359

Pierre l'Ermite 319

Pigerre, 154, 155, 157 159

Piou (Député) 161

Pion (U') ■ 234

Piou de Saint-Gilles (D^, 9. . 48

Planquette 223

Poiniios (Père) 179

Pontmain 372

Poussel [b') 149

Ponvillon 368

Probst, 175, 176, 178, 179,

Racine (D^ 277,278, 283 284

Radini-Tedeschi (Mfir) 357

Rampai (D-^) 147, 148 149

Ratisbone (de) 351 375 390

Régnier (D^) 131

Renon (D'^) 49

Riirarth 44

Riko 48

Riou (Abbé) 229 230

Riss (M'"") 248

Rouchel (M"-") 239 à 261

Roux (Curé) 123

Roy ih'i 71 72

Rudder 4, H, 12, 46 364

Ryckmans, 303, 304, 305, 306, 307

Nazaris (D'^ de) 122, 124, 128. 130

Neumann (Curé) 44

Newmarin (G"'] 189 190

Nimier (D') 121

Noblet(M"')130, 131,132,134,

Nyssens 301

Saint-HilaifH (Sœur) 18 19

Sainte Germaine (Sœur) 295,

Salivas (D^) 280 287

TABLE ANALYTIQUE

Salvator (Père) 57, 58,59,60,

Schœpfer (Mgr) l, 2, 154, 158,

Scorsery (M"*) 31, 29J, 292,

Serreau (Félicie) 3r)2

Sherry (D' John) 46

Sophie (Sœur) 244, 248 252

Soubirous 370

Taine 152

Taussig {m 358 35i<

Tenesson (D-^) 255 256

Terver(D') 70

Terwagne (D^ 303, 304, 305. . 306

fessier (D') 96 •.... 99

Thieron(D') 300

ThiUier(DO 197 199

Torrebruna (Princesse de)

Trouvé (Clémentine) 318, 319,

Valude (D^ 235

Van de Vorst (D') 300 305

Van Eeden (D') 48

Van Gehuchten ih^) 301

Van Hœstenbergne (D') 46

Van Horeen (D') 46

Van Loir (D-^) 23

Van Waquinay 302

Van Nieuwenhuyse 302

Vergez(D'^) 2

Victor (Père) 123

Villefort (Père de) 390

Villemans (D^ 128

Viilepinte (Malades de) 263 et

suiv., 343 347

Vincent (D^) 48 49

Vion Dury 41

Wael(de) 302

Waffelaert (Mgr) 363

Witteman 348

Wolff(DM 255

Zola, 6,48,259, 305, 309,310, 311, 313,314,316. 317,318, 320, 321,323, 324,326,327, 329,335,347 368

Zammen (D^) 255 256

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