‹ L'Œuvre de LourdesChapitre 7 sur 47 · AVANT-PROPOS XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XV

Cher Monsieur le Docteur,

La Providence. vous a confié une bien belle mission. Elle vous a chartîé d'être l'historiographe des merveilles opérées par sa mère au sanctuaire de Lourdes. Vous en êtes le témoin, et en votre qualité dç médecin, le critique, le juge.

Gomme vous le dites très justement, la négation du surnaturel est la vraie caractéristique de l'erreur contemporaine; et le sanctuaire de Lourdes semble avoir été élevé par la Providence pour faire éclater aux yeux de tous le surnaturel, en y multipliant les guérisons et les miracles. Le miracle, c'est le surnaturel se manifestant par un fait sensible que l'on peut, pour ainsi dire, voir et toucher, et que l'on peut constater comme tout autre fait sensible. Le miracle, a-t-on dit, n'a jamais été scientiliquement établi. Ceux qui répètent cette parole de Renan n'ont donc jamais lu vos livres ; ils n'ont jamais mis les pieds dans votre Bureau des Constatations à Lourdes. C'est là, on a bien le droit de le dire, un lieu unique au monde, et ceux qui ont eu la chance d'y voir entrer un miraculé, d'assister à son interrogatoire, d'avoir été témoin de la manière dont on cherche à découvrir la vérité, à reconnaître le surnaturel, s'il existe; à le rejeter, s'il n'existe pas ; à suspendre son jugement, s'il est seulement suspect ou douteux, ceux-là savent que vos enquêtes se passent au grand jour, et qu'elles sont entourées des précautions les plus sérieuses. On ne cherche pas à grossir le nombre des miracles; on travaille, au contraire, à écarter impitoyablement tous ceux qui n'en ont que l'apparence.

L'Eglise, dans les procès de canonisation des saints, ne leur octroie ce titre qu'après avoir fait constater, par des certificats de médecins compétents et savants, qu'ils ont opéré des guérisons naturellement inexplicables, A Lourdes, on a eu l'heureuse idée d'imiter cette procédure : Vous recevez là sur place les premiers témoignages, vous dressez les procès-verbaux, vous vérifiez les rapports des médecins des malades; vous ne négligez rien pour arriver à la vérité et, cela fait, vous ne vous prononcez pas encore; vous voulez attendre que le temps confirme la guérison, ou démontre qu'elle n'était pas réelle; tout cela, vous le faites publiquement, devant un grand nombre de médecins qui sont loin d'être tous catholiques, devant des protestants, des libres penseurs ; vous ne parlez pas de miracle, mais vous dites : voilà les faits; je constate que cette personne qui était venue

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