‹ L'œuvre de MeyerbeerChapitre 12 sur 25 · F1DÈS, DU « PROPHÈTE · texte numérisé non relu

F1DÈS, DU « PROPHÈTE

De tous les personnages de Meyerbeer, Bertram, Marcel et Fidès sont ceux qui ont le plus d'originalité et de relief et méritent le mieux d'être l'objet d'une appréciation spéciale.

Bertram est une figure tout à la fois humaine et surnaturelle. Comme père de Robert, il a des accents profondément humains. C'est lui qui, au moment où Raimbaud va chanter la Ballade qui flétrit les méfaits de Robert devant tous les seigneurs du duché de Normandie, arrête le bras de son fils qui veut châtier le naïf pèlerin, et cela dans la crainte que

ce nouveau crime ne déchaîne contre son auteur le courroux des chevaliers. C'est Bertram aussi qui, quand Robert va succomber dans un tournoi où la victoire devait lui assurer l'amour de la princesse de Sicile, vient à son aide et lui sauve la vie. Quand, au premier acte, Robert dit à Bertram :

Tais-toi, Bertram, je crains ta funeste influence ; En moi, j'ai deux penchants, l'un qui me porte au bien, Naguère encore j'en sentais l'influence ; L'autre me porte au mal, et tu n'épargnes rien Pour l'éveiller en moi (i) !...

la voix du père parle et avec quelle expression ! La musique sanglote sur ces paroles : « Robert, tu me chéris, je le crois. »

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