ISABELLE BRANT
ans la vente Hamilton (Londres, 1882) passa un portrait d’Isabelle Brant qui fut adjugé, pour 1750 guinées, à M. Colnaghi. Le catalogue le décrit en ces termes : « Première femme de l’artiste, habillée de noir avee une fraise et des manchettes blanches, un corsage de brocart d’or, une chaîne avec croix, un cercle orné de diamants dans les cheveux, bracelets et bagues en pierres coloriées, assise dans un fauteuil sur lequel on lit : Aet. 3o, a0 1622. Dans le fond, un autel, sur lequel se trouve une peinture de la Ste. Famille avec St. Jean et l’agneau par Rubens. «
Isabelle Brant naquit en i5gi, elle fut baptisée le 20 octobre, donc les dates concordent.
Isabelle Brant.
Dans la vente Schamp d’Aveschoot (Gand, 1840), un portrait portant le nom d’ Élisabeth Brants fut adjugé au prix de 9750 francs à Thys pour le duc d’Arenberg. Le modèle est mal nommé ; ce n’était pas Isabelle Brant, mais la femme inconnue aux cheveux crépus du musée de Dresde, n° 970.
Le musée de Gotha, n° 5o, possède un portrait attribué à Van Dyck et portant le nom d’Isabelle Brant. Ce n’est pas la première femme de Rubens qui est représentée et l’auteur n’est pas Antoine Van Dyck, mais Corneille De Vos.
Waagen signale, dans la collection Mathieu Anderson, un portrait de la première femme de Rubens qu’il appelle Catherine Brandt, portant un costume et un chapeau noirs. - L’expression est très vivante, dit-il, l’exécution solide et transparente, inaccoutumée même chez Rubens (1). «
Le même auteur signale dans la collection de M. Stirling un dessin à la craie d’Isabelle Brandt, vêtue de blanc et de rouge. Dessin vigoureux et large (2).
Dans la vente sir Thomas Lawrence (Londres, 1860), on adjugea à M. Tiffen, pour 88 guinées, un portrait d’Isabelle Brant en chapeau et en manteau, dessin au crayon noir.
Voorhelm Schneevoogt signale encore les portraits suivants d’Isabelle Brant :
N° 92, A. Biessel. Isabelle Brant lisant dans un livre. Ce portrait n’est nullement celui de la première femme de Rubens.
N° p3, Jos. Canale. Le modèle de ce portrait est le même que la femme inconnue du musée de Dresde n° 970.
N° 42, L. A. Claessens. C’est encore l’inconnue du musée de Dresde n° 970.
N° 43, J. B. Michel, fait d’après le tableau du musée de l’Ermitage à St. Pétersbourg, n° 5 77, intitulé Hélène Fourment. Le modèle est le même que celui des deux estampes précédentes.
Les nos 104 et io5 que Voorhelm Schneevoogt appelle Hélène Fourment sont des portraits d’Isabelle Brant. Le premier représente le tableau de la galerie de Windsor Castle (notre n° 890) ; le second représente le buste d’Isabelle Brant se rapprochant de notre n° goo.
(1) Waagen : Treasures. IV, 483.
(2) Ibid. IV, 450.
go3. JEAN BREUGHEL ET SA FEMME ELISABETH DE JODE
(Jean Breughel, peintre anversois, i568-iÔ25 ;
Élisabeth de Jode, i578-i6o3).
ar un testament, fait le io septembre i63g, Ambroise Breughel, fils de Jean Breughel de Velours, légua à son beau-frère, le peintre Jean Baptiste Borrekens, les portraits de son père et de sa mère, Jean Breughel de Velours et Élisabeth de Jode, peints sur un même panneau par Rubens (i).
goq. JEAN BREUGHEL.
n portrait de Jean Breughel de Velours, que d’aucuns attribuaient à Rubens, d’autres à Van Dyck, se trouvait dans l’église St. Georges à Anvers, au-dessus du tombeau de Jean Breughel, l’ami de Rubens. Sous ce portrait se trouvait l’inscription suivante :
Joannes Bruegelius Pétri filius hic situs est qui artis gloriam a pâtre et avo materno, Petro Coeckio Alostano, pictorib. sæculi sui primariis, velut hereditario jure acceptam, ingenio et industria adæquavit. Imp. Caes. Rudolpho II Aug. acri omnium bonarum artium æstimatori, ac patrono, gratus et acceptus ; et a sereniss. Archiducib. Alberto et Isabella Belgii, principib. in familiam adscitus modestia et morum comitate omnium animos etiam invitos devinxit. Liberi ex Isabell. De Jode et Cathar. a Marienburg conjugib lectiss. superstites Parent. Cariss. P. C. Decessit prid. Idus Januar M. D. CXXV Vixit ann. LVII.
Il est probable que le portrait était de Rubens, puisque, à la mort de Breughel, Van Dyck se trouvait en Italie et que Rubens était un ami particulier du défunt. Aux frais de la mortuaire de Jean Breughel, le célèbre statuaire Robert de Noie tailla, pour la somme de 685 florins, un monument sépulcral en marbre destiné à recevoir ce portrait (2). Enlevé par les Français en 1 7g 4, il ne revint pas dans les Pays-Bas. Nous ignorons où il se trouve actuellement. Dans la vente des œuvres d’art délaissées par le peintre Balth. Ommeganck
(1) F.-JOS. VAN DEN BRANDEN : Geschiedenis der A ntwerpsche schilderschool. P. 460.
(2) F.-JOS. VAN DEN BRANDEN : Ibid. P. 453.
et vendues le ig juin 1827 à Anvers, on trouve mentionné, sous le n° 761, un « beau tableau, attribué au pinceau de Rubens et offrant le portrait de Breugel. « Il fut vendu 68 florins.
go5. PIERRE BREUGHEL LE VIEUX, SA FEMME MARIE COECKE ET LEURS DEUX FILS PIERRE BREUGHEL LE JEUNE ET JEAN BREUGHEL DE VELOURS
(Pierre Breughel le vieux, peintre anversois, i525 ?-i56g ; Pierre Breughel le jeune, peintre anversois, i564-i638; Marie Coecke, +1578).
orsque, en 1637, Anne Breughel, fille de Jean Breughel de Velours, épousa David Teniers, elle lui apporta en dot, entre autres biens, le portrait de son grand-père Pierre Breughel, le vieux, celui de sa grand-mère Marie Coecke et de leurs deux enfants, Jean et Pierre, tous peints sur un même panneau (1).
go6. LE DUC DE BUCKINGHAM (Homme d’état anglais, i5g2-iÔ28).
Florence. Galerie Pitti, 324.
Panneau. H. 63, L. 48.
e duc de Buckingham est peint en buste et vu presque de face. Sa chevelure brune bouclée et longue est extrêmement épaisse; la moustache est retroussée, la barbiche en pointe : figure belle et régulière d’une expression légèrement soucieuse. Il porte un large col à bords de dentelle, un vêtement noir à crevés blancs et sur la poitrine, en sautoir, un large ruban vert foncé. Le fond est teinté de bleu gris. Le modèle est vu en pleine lumière et parait fidèlement suivi d’après la nature. C’est une peinture soigneusement faite, sans grande hardiesse, sage et solide. Elle est entièrement de la main de Rubens et exécutée en 1625.
Rubens rencontra le duc de Buckingham à Paris, au mois de mai 1625, lorsque l’illustre favori de Charles I était à la cour de France pour y épouser
(1) F.-Jos. Van DEN BRANDEN : Geschiedenis de r Antwerpsche Schilderschool. P. 990.