‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 110 sur 302 · DON CHRISTOBAL MARQUIS DE CASTEL RODRIGO · texte numérisé non relu

DON CHRISTOBAL MARQUIS DE CASTEL RODRIGO

Gravé par PAUL PONTIUS.

Pl. 284

au nom de son maître la princesse Henriette. A cette occasion, Buckingham lui fit faire deux fois son portrait : l’un était un portrait équestre, l’autre un portrait en buste. Philippe Rubens, dans la vie de son oncle, dit : « Lorsque Rubens était à Paris pour y placer les tableaux de l’Histoire de Marie de Médicis et pour y mettre la dernière main, c’est-à-dire en 1025, il y rencontra par hasard le duc de Buckingham qui jouissait de la plus haute faveur du roi d’Angleterre. Il pria Rubens de lui faire son portrait. »

Giustiniano Priandi, l’agent du duc de Mantoue, rendant compte à son maître des cérémonies du mariage de la princesse Henriette, écrit : « Les ambassadeurs extraordinaires d’Angleterre ont reçu en don de Sa Majesté des joyaux pour 3o,ooo écus ; et Buckingham a reçu un cordon de chapeau de la valeur de 5o,ooo écus, ce qui ne leur a pas paru une bien grande chose, ayant donné de leur côté, à différentes personnes de la Cour, des cadeaux pour plus de 25,ooo pistoles et au peintre Rubens une crédence d’argent de 2,000 écus d’or pour l’ouvrage de deux seuls portraits (i). « On ne sait s’il s’agit ici de deux portraits du duc de Buckingham, ou des portraits de deux ambassadeurs.

La collection Albertine de Vienne possède un dessin, représentant le duc de Buckingham, évidemment une étude faite, en 1025, pour le tableau.

Un portrait du duc de Buckingham, de même dimension, fut adjugé dans la vente de Fraula (Bruxelles, 1738), à 161 florins ; dans la vente Godefroy (Paris, 1748), à 5oo francs ; dans la vente Clos (Paris, 1812), à g5oo livres. Dans cette dernière, il fut acheté par M. Constantin.

Dans la vente lord Walgrave (Londres, 1842), un portrait du duc de Buckingham portant le ruban de la Jarretière en sautoir, par Rubens, fut adjugé à Farrer pour la somme de 23 livres 2 shillings.

Dans la succession de Rubens se trouvait « Le pourtrait du duc de Bocquingam ; « dans la Spécifiation, il porte le n° 127.

Gravure: F. Livi.

Photographie : Photographische Gesellschaft, Berlin.

(1) BASCHET : Galette des Beaux-Arts, 1868, Mai, p. 493

. -o,. Ub 907. LE DUC DE BUCKINGHAM A CHEVAL.

Galerie du comte de Jersey, à Osterley Park.

Toile. H. 2 1 5 . L. 3oo environ.

e duc de Buckingham à cheval. Quelques figures allégoriques sont introduites dans la composition. AVaagen décrit ce portrait de là manière suivante : « Portrait de Georges Villiers, premier duc de Buckingham, monté sur un cheval brun. A droite, dans un coin, Neptune et Amphitrite. Dans les airs, devant le duc, une Renommée avec une guirlande ; à côté de lui, un génie enfant et d’autres figures allégoriques. Dans le fond, la mer avec des vaisseaux. Figures de grandeur naturelle. Environ g pieds de haut, sur 10 pieds de large. Ce tableau est un des portraits les plus superbes du maître que je connaisse. En effet, la tête du Duc est si vivante, si animée de forme, le coloris si puissant et si clair, l’exécution a tant de délicatesse, que le désir du grand maître de produire ce qu’il pouvait de mieux pour le patron qui avait acheté ses collections, est incontestable. Le même sentiment l’engagea évidemment à exécuter de sa propre main les figures allégoriques. L’exécution de Neptune et d’Amphitrite a cependant été confiée à Jordaens et le paysage à quelque peintre inférieur de l’école (1). »

Wilhelm Bode qui vit le tableau dans l’exposition des maîtres anciens à Londres, en 1888, le jugea beaucoup moins favorablement. Il nous écrivit : u Le cheval est raide, comme s’il était de bois ; le cavalier a l’air automatique. Les figures allégoriques, sottement attribuées à Jordaens, sont ce qu’il y a de mieux. »

Le portrait, peint en iôàS, fut payé 5oo livres sterling. Dans le livre tenu par Sir Sackville Crowe des comptes, en recettes et dépenses, de la cassette privée du duc de Buckingham pendant les années 1622 à 1627, nous lisons parmi les annotations de l’année 1625 : « Donné à M. Rubens pour la peinture du portrait de Mylord à cheval 5oo L. (2). «

La duchesse de Buckingham.

La collection Albertine de Vienne possède un dessin de Rubens portant

(1) WAACEN : Treasures , IV. 272.

(2) Given to Mr. Rubens for drawing his Lps picture on horseback. 5oo liv. (NOËL SA1NSBURY : Op. cit. p. 68).

l’inscription de la main d’un élève du maître: « Hertoginne van Bockengem. ?» Elle est vue de trois quarts jusqu’aux épaules. Sur le haut de la tête, les cheveux sont ramenés ; sur les tempes, les tresses s’élargissent en boucles légères ; au cou, elle porte une rangée de perles. Les traits sont réguliers, l’expression souriante. Il est probable que Rubens fit le dessin à Paris, en 1025, pour servir de modèle à une peinture. Nous ignorons si celle-ci a été exécutée.

Le pere Innocent à Calatayerone.

Petit portrait en ovale, sans nom de peintre, rangé on ne sait pourquoi dans l’œuvre de Rubens. Il est vu de trois quarts, il porte le froc, le capuchon et une longue barbe.

Gravures: V. S. 240, Anonyme; 241, Lommelin (Inscription: Vera effigies Adm. Rdi Ptris Innocentii a Calatayerone P. P. Capucinorum generalis visitantis Provinciæ Flandro-Belgicæ).

908. JACQUELINE VAN CAESTRE (Épouse de Jean-Charles de Cordes).

Bruxelles. Muse'e, 418.

Panneau. H. 71, L. 56.

’est une figure frêle, au teint d’un blanc jaunâtre, les cheveux bruns frisottants et relevés sur le haut de la tête, où un cercle de rubans

multicolores les enserre. Son costume est fort riche. Elle porte des

pendants d’oreilles précieusement travaillés, un collier en or et un tour de perles autour du cou ; un col en dentelles se dresse derrière la tête. Le corsage et les manches bouffantes sont en soie blanche, brochée de fleurs, avec bandes noires appliquées. Elle est assise sur une chaise de velours vert à passementeries d’or. L’expression de sa figure régulière et aristocratique est triste, et fait, par sa langueur maladive, un vif contraste avec son pendant, le portrait du mari, Jean-Charles de Cordes.

La peinture solide fut exécutée en 1617-1618 ; elle répond absolument à la manière du maître à cette époque et est entièrement de sa main.

Jacqueline Van Caestre épousa, le 3 octobre 1617, Jean-Charles de Cordes

et mourut en 1618. Elle fut peinte en même temps que son mari : c’est donc pendant l’année de leur mariage que fut exécuté le tableau.

Il fut acquis avec son pendant, en 1874, des héritiers de Madame la comtesse de Beaufort pour la somme de i3o,ooo francs (1).

Gravure : Ch. Waltner.

Photographies : Fr. Hanfstaengl ; Anonyme,

Casimir III, roi de Pologne.

Dans un panégyrique écrit à l’occasion du couronnement du roi Michel Wieçnowieçki, en 166g, un poète de cette époque, en s’adressant au prince, dit : “ Vous verrez en entrant dans votre château la suite des rois vos prédécesseurs qui décorent la grande salle des festins. Ce sont des tableaux anciens conservés en parfait état. » Suit une liste poétique plutôt que descriptive, mais arrive une phrase qui semble devoir être de la réalité : “ Et vous Kazimir (III) pourquoi Rubens vous a-t-il représenté dans une enceinte de murailles ? Serait-ce parce que vous avez mis une Pologne de pierres à la place de la Pologne de bois que vous avez trouvée à votre avènement (2) ? «

Page 1