HÉLÈNE FOURMENT EN PIED
TENANT UN ÉVENTAIL EN PLUMES A LA MAIN. Gravé par L. SAILLIAR.
Pl. 288
se détachent bien. Le cavalier a une figure avenante avec ses cheveux bouclés et sa mine bienveillante ; il est plein de calme et de sérénité au milieu du péril ; sa monture est pleine de fougue. Le prince a quelque chose du grand général et du héros, par cette assurance dans les traits et dans le maintien. C’est un excellent portrait équestre. La figure principale est très soignée, les accessoires ont l’éclat et l’abandon qu’on trouve dans les autres œuvres du maître faites à cette époque.
La figure du prince et le combat de cavalerie sont de la main de Rubens. Le cheval et le reste sont très largement retouchés par lui, de sorte que le travail est devenu pour ainsi dire sien. Le tableau a été exécuté vers i636. 11 semble avoir été destiné à servir de pendant aux portraits équestres de Philippe II et de Philippe IV que Rubens fit à Madrid en 1628-1629.
Au bas du tableau, sur une tablette, nous lisons : « Ferdinandus Dei gratia Hispaniarum infans, Philippi filius pii, Philippi prudentis nepos, invicti Caroli pronepos, Philippi magni fratris auspiciis, aquila Caesarea comité, ultionis divinæ fulmen, dum viam sibi ferro ad Belgas aperit Suecis et perduellibus romani imperii delatis campis Nerolingae ad Aras Flavias VIII idus septembris XXVI anno aetatis suae. Natus MDCIX aerae Christi XII Kal. Jun. hor. 2.3o post m. in regia S. Laurentii ad Scoriale. Dono publico. «
Le tableau se trouvait à la mortuaire de Rubens (n° 101 de la Spécification) ; il fut acheté par Michel d’Olivarès et payé 1200 florins (1). Il fut apporté en Espagne pour le roi par le premier marquis de Leganès (2).
La pinacothèque de Munich (n° 789) possède une répétition de ce portrait, sans l’aigle et le génie dans le haut (Toile. H. 263, L. 217). La tête et la cuirasse sont retouchées par Rubens.
Smith (Catalogue. II, 113g) mentionne un troisième exemplaire qui jadis faisait partie de la collection du marquis de Bristol (Toile. H. 122, L. g3).
Dans les ventes Crozat, duc de Tallard, de Julienne, Otley, parut une étude pour ce portrait dessinée sur papier.
Gravures : V. S. 218, Paulus Pontius. C’est l’estampe qui figure dans les liminaires de la Pompa Introitus. (Voir plus haut: Tome III, p. 332); 21g, Susanne Sylvestre, le buste du même portrait avec le nom « l’Archiduc Albert, Gouverneur des Pays-Bas « ; 220, Anonyme (portrait à mi-corps), c’est le
(1) Bulletin des Archives d Anvers. II, 81.
(2) D. PEDRO de Madrazo : Catalogo de los cuadros del Museo del Prado de Madrid, 1 88 5 , p. 309.
portrait de l’Archiduc qui figure en tête de l’Entrée de Ferdinand à Gand ; il n’est pas gravé d’après Rubens.
Le n° 223 de Voorhelm Schneevoogt représente le prince Ferdinand, à cheval, sur un champ de bataille. Le portrait a beaucoup d’analogie avec celui de Rubens, mais présente cependant des différences. Entre les pieds du cheval, on voit la bataille; dans le haut, on voit un plan topographique, soutenu par deux anges et deux génies, dont l’un sonne de la trompette et l’autre tient une palme. Au premier état, l’estampe porte uniquement le nom du graveur Antoine Van der Does ; au second état, on a ajouté la mention « Abraham Diepenbeek, invenit. »
Le n° 221 de Voorhelm Schneevoogt est un portrait du prince Ferdinand, gravé par Christophe Jegher d’après un dessin d’Erasme Quellin, reproduisant, avec quelques modifications, le Cardinal-infant, tel qu’il fut représenté par Rubens sur la face antérieure de l’arc de Ferdinand, lors de l’Entrée du prince à Anvers (nos nos 782 et 929).
Voir planche 286.