SUSANNE FOURMENT
Gravé par W. PETHER.
Pl. 294
renommée dans le fameux Chapeau de paille. Il y a une parfaite analogie entre les deux peintures, les traits, la pose des mains et d’autres détails étant à peu près semblables. La dame est représentée avec une simple coiffure, ornée d’un filet de perles. Il ne saurait y avoir doute sur l’identité de la personne et, sans établir aucune comparaison avec le grand chef-d’œuvre de la galerie de Sir R. Peel (le Chapeau de Paille ), nous pouvons dire que le tableau que nous décrivons possède l’éclat accoutumé et la facilité du pinceau du grand maitre. »
g52. SUSANNE FOURMENT ET SA FILLE CATHERINE LUNDEN.
St. Pétersbourg. Musée de l’Ermitage, 635.
Toile, H. 174, L. 1 17.
a mère est assise dans un fauteuil, appuyant une main sur le bras du siège et mettant l’autre dans les mains de son enfant. Elle porte de riches vêtements, une robe rayée de rouge et de blanc, une mantille noire, un col de dentelle, un corsage jaune d’or. L’enfant, coiffé d’un chapeau rond, sourit au spectateur. Tous deux regardent devant elles d’un œil fixe et largement ouvert ; figures pâles, peu modelées. Les draperies sont fortement empâtées. Le tableau n’est évidemment pas de Van Dyck, auquel le catalogue l’attribue. Nous n’hésitons pas à l’attribuer à Rubens. Les traits de la mère sont ceux de Susanne Fourment et c’est, à n’en pas douter, cette belle-sœur de Rubens avec son enfant qui sont représentées ici. Par un hasard bien remarquable, elle porte le même collier à triple tour, dont Isabelle Brant est ornée dans son portrait de l’Ermitage et qu’elle même porte sur son portrait du Louvre. La facture a beaucoup d’affinité avec celle du portrait d’Isabelle Brant, de l’Ermitage (n° 5y5). Un élève a fait le premier travail ; Rubens en a terminé les parties principales, la figure et les mains. Lui aussi a posé les lumières sur les draperies. Le groupe offre la pose calme, immobile, que le maitre donnait à ses effigies. Van Dyck mouvementait davantage le modèle qu’il avait devant lui ; Rubens le reproduisait simplement.
Le portrait est peint vers i63o, une dizaine d’années après le Chapeau de Paille. Susanne Fourment s’était mariée en secondes noces avec Arnold Lunden, dont elle eut deux enfants : Arnold, né le 25 mars 1623, mort en 1634, et Catherine, née le 2 avril iô25, morte en mars i656, qui épousa, le
ig novembre 1645, son cousin Guillaume Lunden (1). C’est donc avec cette dernière enfant, âgée de 5 ans environ, que Susanne Fourment est représentée ici.
Le tableau était autrefois dans la collection du receveur des finances Gaillard de Gagny, à Grenoble; plus tard, dans celle du duc de Choiseul. Le portrait portait alors le nom d'Isabelle Brant.
g53. SUSANNE FOURMENT.
l existe une gravure en manière noire de W. Pether, portant le nom de « Helena Forman, wife of Rubens, » faite d’après un tableau appartenant, en 1769, à B. Bâtes. Il représente une jeune femme en buste, vue de trois quarts, coiffée d’un chapeau de paille doublé de soie, dont le bord relevé est attaché par un bouquet composé d’un coquelicot et d’épis de blé. La chemise rabattue laisse voir un des seins ; elle tient dans la main droite une houlette qui repose sur l’épaule et un bouquet de fleurs des champs.
Le portrait ne représente pas Hélène Fourment ; nous croyons y retrouver le portrait de Susanne Fourment qui, dans l’inventaire des tableaux appartenant à son petit-fils, est désigné comme « le pourtrait de la même (Susanne Fourment, grande mère) en bergère. »
Une répétition de ce tableau se trouvait dans la vente Schamp d’Aveschoot, sous le nom d 'Hélène Fourment ; il fut poussé jusqu’à mille francs et retiré.
Gravures: V. S. 9 7, W. Pether, 1769; 98, W. Pether, 1775 (en format plus petit).
Voir planche 294.
François Francken (Peintre anversois, 1581-1642).
Le catalogue du musée de Montpellier, n° 263, mentionne un portrait de François Francken II par Rubens. Il porte la barbe et des moustaches ; il est vêtu de noir avec un col blanc. De la main droite, il retient le manteau fermé (Panneau ovale. H. 6 1 , L. 47).
(1) Détails généalogiques communiqués par M. Alphonse Goovaerts, chef de section aux Archives du Royaume, à Bruxelles, auteur d’une Généalogie de la famille Lunden.
Le portrait a été gravé à l’eau-forte par Van Dyck. C’est assez dire qu’il n’a pas été peint par Rubens et doit être attribué à son élève, pour autant qu’il soit authentique.
Photographie : Louis Lauzit.
François de Médicis (Grand-duc de Toscane, +1587).
Voir nos numéros 753 et 75 3X.
g54. L’EMPEREUR GALBA.