‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 150 sur 302 · ADRIENNE GRAS · texte numérisé non relu

ADRIENNE GRAS

(Femme de Jacques Moerentorf (Moretus), 1514-1592).

Anvers. Musée Plantin-Moretus, salle II, n° 2.

ortrait en buste, vu de trois quarts. Adrienne Gras est âgée; les yeux sont baissés, les cheveux cachés sous un bonnet blanc uni, serrant sur les tempes. Au-dessus de ce béguin, elle porte un linge blanc uni qui forme des coques sur les côtés, se relève sur le haut de la tête et descend sur le dos. Au cou, une collerette plissée. Le buste est couvert d’un vêtement serrant de velours noir, garni de fourrure brune au cou et sur les bords.

Le portrait fut fait d’après une effigie, peinte du vivant du modèle, qui se trouve au même musée (Salle III, n° 7). Le travail inférieur est de la

(1) Inscriptions funéraires et monumentales de la province d'Anvers. I, 64.

main d’un collaborateur; Rubens a retouché considérablement la figure, le bonnet et la collerette.

Le tableau fut peint pour Balthasar Moretus, vers i633 (Voir notre n° 882). Photographie : Jos. Maes.

Phototypie : Jos. Maes dans: Max Rooses : Plantin , Imprimeur Anversois. 962. LA MARQUISE MARIE DE GRIMALDI.

Kingston Lacy. Collection de M. Bankes.

H. 290, L. i3o environ. Pendant de Brigitte Spinola.

ortrait de la marquise Marie, princesse Grimaldi, dans un costume de soie blanche avec une large fraise et de riches pierreries. Elle est accompagnée d’un nain difforme, qui tire un rideau rouge pour livretpassage à un rayon de soleil. La tête est fort délicatement peinte ; l’effet général, très clair et lumineux, se rapproche de la manière postérieure de Rubens. Le rideau seul rappelle le style d’Otto Venius. Acheté par feu M. Bankes dans le palais Grimaldi, à Gênes. Peint en 1606.

Le pendant de ce portrait, celui de la marquise Brigitte Spinola, est signé : Petr. Paulus Rubens pinxit 1606 (1).

g63. ANDRÉ GRITTI (Doge de Venise, -fi538).

a Spécification des tableaux trouvés dans la mortuaire de Rubens mentionne sous le n° 60, comme peint par lui d’après le Titien : - Un portrait d’André Gritti, duc de Vénise. »

Hugo Grotius

(Jurisconsulte, homme d’Etat, 1 583-1045).

Il est souvent question de portraits de Hugo Grotius peints par Rubens. (1) Waagen : Treasures. IV, 375.

Nous n’en avons pas encore rencontré un seul qui représente l’illustre jurisconsulte et qui puisse être attribué à Rubens.

Il existe d’abord une estampe gravée par A. Fogg, en 1796, d’après un portrait appartenant à J. Ward, portant le nom de Hugo Grotius, et attribué à Rubens. Le personnage représenté n’est nullement Hugo Grotius, mais Frédéric de Marselaer (Voir ce nom).

En 1846, dans l’exposition de la British Association for promoting the fine arts , figurait un portrait de Grotius, attribué à Rubens et qualifié de peinture insignifiante et dure (1).

Dans la vente Richard Sullivan (Londres, 1808), un portrait de Grotius fut adjugé à g5 livres sterling. Smith (Catalogue. II, 783) décrit le modèle comme âgé de 5o ans environ, de figure imposante, vu de front, avec une petite barbe et des moustaches; un large col entoure le cou, le vêtement est en soie ornée.

Dans une vente anonyme qui eut lieu à Londres, en 1812, un portrait désigné comme celui de Grotius fut adjugé à 16 livres 6 shellings. Dans une seconde vente Richard Sullivan (Londres, i85g), un portrait du même nom fut acquis par lord St. Leonards à i35 livres sterling.

Dans le cabinet Kums, à Anvers, le portrait d’un homme à figure maigre, presqu’ascétique, les yeux levés, le front fuyant, les cheveux et la barbe rares, l’habit noir et le col blanc, porte le même nom (Toile. H. 58,5, L. 47,5). Ce portrait nous parait être de la main de Van Dyck. Le portrait du même personnage figurait dans le catalogue de la vente Adolphe Schuster (Vienne, 1884) et y était attribué à Van Dyck.

Passavant signale dans la collection de Lord Arundel, à Wardour Castle, un beau portrait de Hugo Grotius (2). Waagen ne le mentionne pas.

Le plus intéressant des portraits qui portent ce nom est celui qui figure dans le tableau de la galerie de Florence, intitulé les Quatre Philosophes , où l’on voit réunis Pierre-Paul Rubens, son frère Philippe, le savant professeur Juste Lipse et un quatrième personnage, nommé ordinairement Hugo Grotius. Comme le tableau fut très certainement peint en Italie, de 1601 à i6o5, et que Grotius à cette époque était dans les Pays-Bas, il est évident que ce n’est pas lui qui est représenté par le quatrième personnage des Quatre Philosophes. Ce dernier, que nous croyons être Joannes Woverius, se trouve

(1) Art Union, 1846. P. 21 1.

(2) Kunstreise dur ch England und Belgien. P. 220.

séparément représenté sur un panneau faisant partie de la galerie du duc d’Aremberg à Bruxelles (Voir Woverhis).

Rubens a été en relation avec Hugo Grotius et l’a rencontré à Paris de 1620 à 1025; il n’y aurait donc rien d’étonnant qu’il eût peint le portrait du célèbre hollandais; mais, nous le répétons, la preuve n’en est pas fournie.

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