L’ARCHIDUCHESSE ISABELLE-CLAIRE-EUGÉNIE
Madrid. Musée, i6o5.
a princesse est représentée assise dans un fauteuil de velours rouge,
contre une draperie de la même couleur. Dans la moitié gauche du
tableau, on voit, par dessus une balustrade, le château de Mariemont et le paysage avoisinant. La tête dénote une santé plus vigoureuse que celle
d’Albert, les formes en sont arrondies et point laides. L’expression a de la
dignité, non sans morgue. Un collier de perles fines descend en quintuple rangée sur la poitrine; elle porte un diadème de grosses perles fines dans les cheveux, une plaque ornée de pierres précieuses sur le cœur, une croix sur la poitrine, de riches dentelles au cou et aux mains. La coiffure est semblable à celle du portrait précédent, la pose des mains tenant l’éventail est la même, ainsi que les manchettes et la fraise, mais le visage est moins jeune.
Ce portrait est un des 25 tableaux qui furent envoyés en i635 par le Cardinal-infant à la reine d’Espagne (1).
Rubens a eu peu de part à ce tableau, de même qu’à son pendant. Il a peint les chairs et donné quelques retouches dans les draperies. Vu la
(1) Cruzada Villa am il : Op. cit. P. 38 1 .
concordance presque complète avec le portrait gravé par Muller, il est probable que le tableau, ayant servi de modèle à ce graveur, a été suivi par le collaborateur qui a aidé à faire le second portrait. Ce dernier fut peint vers i635. La plaque que l’Archiduchesse porte sur le cœur représente Notre-Dame de Bon Secours ; c’est l’insigne des membres de la confrérie des Esclaves de Marie, fondée par Barthélemi de los Rios, à Bruxelles, en 1626, approuvée par l’archevêque de Malines en i63o.
Photographie : J. Laurent.
96g. L’ARCHIDUCHESSE ISABELLE-CLAIRE-EUGÉNIE.
lle est représentée debout, la main droite appuyée sur le dossier d’une chaise, la gauche tenant un mouchoir. Dans les cheveux, elle porte des perles ; autour du cou, un collier de perles à six tours; sur la poitrine, le médaillon des Esclaves de Marie.
L’original de ce tableau parait s’être perdu ; nous en avons rencontré une copie ancienne, faite évidemment d’après une œuvre de Rubens, chez le comte de Mérode, prince de Rubempré, à Bruxelles, formant pendant avec le portrait de l’archiduc Albert (notre n° 87g).
Le buste seul de ce portrait a été gravé par J. Suyderhoef dans un riche encadrement, formé d’une couronne de lauriers et de festons de feuillage. Ce fut Soutman qui fournit le dessin de cette estampe.
Gravure: V. S. 189, J. Suyderhoef (P. P. Rubens pinxit, P. Soutman effigiavit et excud.).
Le même buste, descendant un peu plus bas, a été gravé par Pierre De jode (V. S. 201).
Voir planche 298.
L ’ A rchiduchesse Isabelle-Claire-Eugénie.
Bruxelles. Muse'e, 4 1 5 (Voir notre n° 779).
C’est le portrait d’Isabelle qui a figuré dans la façade postérieure de l’arc de Philippe, lors de l’entrée du prince Ferdinand à Anvers. L’infante porte la même toilette et la même coiffure que dans son portrait de Madrid. Ici
la tète est tournée; elle est debout; l’une des mains tient l’éventail, l’autre repose sur la balustrade.
Photographie : Fr. Hanfstaengl.