MUCIUS SCÉVOLA
e roi Porsenna est assis sur son trône, le sceptre en main. Devant lui se trouve un autel antique, sur lequel le feu est allumé. Mucius tient le poing fermé au-dessus de la flamme ; quatre guerriers l’entourent. Au pied du trône, le cadavre du secrétaire du roi git percé d’un coup de poignard.
L’inventaire de i636 des tableaux appartenant aux rois d’Espagne mentionne un tableau de Rubens avec l'histoire de Mucius Scévola se laissant brûler la main sur un brasier allumé. Porsenna est assis ; dans la partie inférieure, il y a un homme tué d’un coup de poignard et d’autres figures encore.
Rubens a apporté ce tableau lors de son second voyage à Madrid. En 1700, il se trouvait encore dans l’Alcazar de la même ville et probablement il périt dans l’incendie de ce palais, en 1734 (1).
Le musée de Buda-Pest (n° 647), possède une copie de cette œuvre (Toile. H. 200, L. i5o environ). Elle faisait partie de la collection du prince Kaunitz, lorsque Schmutzer la grava en 1776. Elle fut achetée dans la vente du comte Lambert à Vienne par le comte Esterhazy, au prix de y5oo francs.
Dans la vente Boymans (Utrecht, 1811) se trouvait un tableau représentant le même sujet (H. ii5, L. 1 36).
(1) Cruzada Villaamil : Op. cit. P. p. 3n et 3 80.
Le musée de Buda-Pest (n° 656) possède une esquisse de ce tableau, différant considérablement de l’œuvre définitive.
Dans la vente Van den Branden (Bruxelles, 1801), on adjugea cette esquisse à io5 florins.
En 188g, nous avons vu chez M. Danlos, marchand d’estampes à Paris, une ancienne grisaille de cette composition faite pour le graveur.
Dans la vente Hazard (Bruxelles, 178g), deux dessins de cette composition furent adjugés à 5 florins 10 sous.
Gravures (du tableau de Buda-Pest) : V. S. 33, Jac. Schmutzer, 1776 ; 34, G. Marchand.
Voir planche 256.
La fuite de Clélie.
Dresde. Musée, 978.
Toile. H. 180, L. 267.
A gauche du tableau, on voit le dieu du Tibre, assis sur son urne, tenant de la main droite un bâton, s’appuyant du bras gauche sur une pierre sculptée représentant la louve qui allaite Romulus et Rémus. Sur le devant coulent les
eaux du fleuve dans lesquelles deux Romaines nagent, et où une troisième
entre. Plusieurs autres s’apprêtent à suivre cet exemple ; cinq se déshabillent, un plus grand nombre monte à cheval pour traverser le fleuve. Clélie, à cheval, ayant une compagne en croupe, est déjà entrée dans l’eau. Dans le
fond, un paysage montagneux ; au haut d’une colline, on voit les guerriers
de Porsenna poursuivant les Romaines. Sur les hauteurs et au bord de l’eau, des arbres. Un pont dont l’une des arches est brisée traverse le fleuve. La composition rappelle évidemment Rubens ; dans mainte femme, on retrouve ses types bien connus. La première des deux Romaines à cheval, prêtes à entrer dans la rivière a les traits d’Hélène Tourment ; celle qui se déshabille en levant les bras au-dessus de la tête est à peu près identique à la Minerve du Jugement de Paris (n° 663). Mais nous ne reconnaissons pas la main du maître dans la facture de cette œuvre.
Le musée du Louvre possède un tableau attribué à Van Diepenbeeck (n° 118. H. 11 5, L. 145), traitant le même sujet d’une façon identique. Au musée de Berlin (n° g6q, H. 236, L. 3q3), on retrouve le même sujet avec quelques variantes, attribué également à Van Diepenbeeck sans raison suffisante.
Dans la mortuaire de Rubens, un tableau intitulé Cuelici, et qui était probablement une Clelia , fut cédé à Albert Rubens pour la somme de 5q florins.
Le 7 septembre 1686, une Fuite de Clélie fut soumise par l’ancien bourgmestre d’Anvers Jean van Weerden au jugement des doyens de la confrérie anversoise de St-Luc qui l’attribuèrent à Rubens.
Du temps de P. C. Hooft, c’est-à-dire avant le 21 mai 1647, un tableau attribué à Rubens et représentant ce sujet, se trouvait déjà en Hollande, probablement en possession du prince d’Orange Frédéric-Henri. Le célèbre poète a fait deux pièces de Vers sur ce tableau (1).
Celui-ci se trouvait dans la succession du prince Frédéric-Henri, sous le nom de Rubens, et tomba très probablement en partage à sa fille Lucie-Henriette qui avait épousé le grand électeur de Brandebourg. Des châteaux du roi de Prusse, il passa au musée de Berlin où il se trouve attribué à Van Diepenbeeck.
Tout cela ne prouve pas encore pour nous que Rubens ait jamais traité le sujet en question.
Photographie du tableau du musée de Dresde : Photographische Gesellschaft, Berlin.
Tarquin et Lucrèce.
Mois (Ms 5735, p. 414) cite dans la collection de M. Dubois, d’Anvers, l'Histoire de Tarquin et Lucrèce. Un ancien inventaire de tableaux appartenant à la famille Lunden cite également l'Histoire de Tarquin , évaluée à i5o florins.
Histoire de Décius (Voir nos 707 à 714).
(1) Voici la principale de ces deux pièces :
Op Rubens schildery der sw emmende maeghden.
Vorst onder de stroomgoden Uw sap waer wtgesoden En met den dauw verclommen Doe maeghden u beswommen :
Had niet haer manlyck waeghen U ysend neergeslaeghen.
Dans l’autre, un morceau de trois distiques, il célèbre le courage de Clélie et de ses compagnes.