‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 183 sur 302 · DOM · texte numérisé non relu

DOM

Fr. Michaelis Ophovius Ord. Præd. S. T. D. quem conventus hic 4tum Priorem, Belgium Provincialem, Sylva-ducis patria VI Antistitem vidit, sub hoc lapide jacet. Obiit anno 1637, 4 novembris.

Le portrait fut adjugé dans la vente Vinck de Wesel (Anvers, 27 avril i8i3) à 38oo francs; dans la vente Stier d’Aertselaer (Anvers, 1822), à 465o florins.

Rubens a donné les traits du père Ophovius au St. Dominique qui figure dans la Vierge recevant l’hommage de quatre Pénitents et d’autres Saints des musées de Cassel et de St. Pétersbourg (nos numéros 20g et 210).

Les Trophées du Brabant de Butkens (Supplément. Tome II, p. 427)

renferment un portrait d’Ophovius, gravé par un anonyme, portant la mention P. P. Rubens pinxit. Le prélat y est représenté, coiffé d’une calotte; revêtu du camail d’évêque. Le portrait est en buste sans mains. Nous ignorons sur quoi se fonde l’attribution du modèle de la gravure à Rubens. Le même portrait existe sans le nom du peintre ; le cabinet d’estampes de la bibliothèque royale de Bruxelles en conserve un exemplaire.

Le musée de Weimar et la collection Suermondt, à Aix-la-Chapelle, possèdent du buste de cet évêque un dessin, attribué à Rubens.

Gravures : V. S. 266, N. Van den Bergh (Inscription : - Illust. D. Michael Ophovius Ord. Præd. episcopus Sylvæ-Ducensis etc. P. P. Rubenii confessarius Antv. apud PP. Praed.) Non citées : F. L. Huygens dans le Recueil Steengracht, F. B. Waanders (lithographie); J. J. Mesker (Id.) ; les deux dernières dans la Kunstkronijk.

Voir planche 3o6.

1014. ABRAHAM ORTELIUS (Géographe, i527-i5g8).

Anvers. Musée Plantin Moretus, salle II, n° 4.

Panneau. H. 62, L. 48.

e célèbre géographe est représenté en buste, vu de profil, les cheveux rares sur le haut de la tête, la barbe pleine. Il est vêtu d’une houppelande couleur vert d’olive. Au cou, une petite fraise tuyautée ; sur les épaules, un large col de fourrure. Il pose la main gauche sur un globe terrestre. La tête, le col et la main sont peints par Rubens.

Fait vers i633, au prix de 24 florins, pour Balthasar Moretus (voir n° 882). Le portrait gravé d’Ortelius, que l’on voit dans les dernières éditions de son Theatrum Orbis, a servi de modèle pour la tête.

Photographie : Jos. Maes.

ioi5. PIERRE PANTINUS

(Professeur de l’Université de Louvain, i556-i6ii).

Anvers. Musée Plantin Moretus. Salle II, n° 6.

Panneau. H. 62.5, L. 48.5.

e savant est représenté en buste, vu de trois quarts; cheveux et barbe rares, courts et grisonnants, col plat, robe noire. Dans la main, il tient un livre relié en vélin, portant sur le dos les mots Vita B. Theclœ , le nom d’un ouvrage écrit par lui. Dans le coin supérieur, à gauche, ses armoiries, avec la devise ÜANT’EiN AFA11HI. Les chairs seules sont de la main de Rubens ; leur pâleur extrême trahit l’imitation de l’œuvre d’un autre peintre.

Peint en i633, pour Balthasar Moretus, au prix de 24 florins, d’après un portrait appartenant à Louis-Joseph d’Huvetter, d’Ypres (voir n° 882).

C’est le seul des portraits des deux séries d’effigies peintes par Rubens pour Balthasar Moretus, dont la correspondance de ce dernier ait conservé quelque trace.

Le 7 juillet i63o, Moretus écrivit à Louis-Joseph d’Huvetter, à Ypres, pour le remercier de lui avoir offert un portrait de Pantinus. Il ajouta que cette œuvre ne pourrait lui servir, parce qu’elle ferait disparate dans la série de portraits qui ornaient son salon. Il le priait toutefois de lui faire parvenir le tableau pour que Rubens pût le copier (1). Le 21 septembre, il lui écrit que le portrait s’est égaré dans la maison du peintre. Le 29 juillet i633, il lui fait savoir que Rubens a retrouvé le portrait de Pantinus, qu’il l’a copié et que l’original est renvoyé au propriétaire (2).

(1) Ludovico Josepho Dbuvetter.

Rde et Clarme Domine.

Gratias R. V. ago, quod Rdi admodum Dni Pantini, patri olim meo mihique amicissimi, imaginem benigne offerat. At vereor ut pictor isthic non eamdem formam imitetur, quae caeteris in aula mea imaginibus respondeat, quae pleraeque sunt a D. Rubenii, aevi nostri Apellis, manu. Itaque gratias mihi R. V. fecerit, si suum prototypum transmittere haud gravetur, remittendum a me. ubi aliam ex eo effigiem Rubenius expresserit.

Librum pro concesso prototypo, quem voles reponam. Vale Rde et Clarme Dne, et si vicissim inservire hic possim manda.

Antverpiae, in officina Plantiniana, 7 Juli i63o.

(2) Repperit tandem Rubenius effigiem D. Pantini p. m. eamque mihi ad exemplar tuum depinxit : quod R. T. hoc tabellario remitto, cum débita gratiarum actione.

MICHEL OPHOVIUS.

Gravé par N. VAN DEN BERGH.

Pl. 3o6.

ioi6. THÉOPHRASTE PARACELSE.

(Médecin, alchimiste, 1493-1541).

Anvers. Collection Kurns.

Panneau. H. 75, L. 53.

ortrait du célèbre médecin, en buste, vu à peu près de face. Il est imberbe et porte de longs cheveux châtain clair, une barrette rouge avec un cercle de fourrure sur le sommet, une tunique jaune et un surtout noir sur lequel tranche un bout de chemisette. Il pose les deux mains sur le devant et le bas du tableau ; dans l’une, il tient un livre. C’est un homme gros et gras, d’âge moyen. La peinture est claire et ferme. Les chairs de la figure et des mains sont très fraiches, les joues moelleuses et rouges. La facture est de la main de Rubens. Les draperies, faites par un élève, sont retouchées par le maître. Dans le fond, un paysage tout en bleu ; le ciel est d’un bleu profond avec quelques nuages blancs. Sur ce fond très clair, la figure ressort lumineuse. Le portrait date de i6i5 à 1618.

Il provient de la galerie du duc de Marlborough. Dans la vente de cette collection (Londres, 1886), il fut adjugé à Sedelmeyer pour 125 livres sterling.

Dans la bibliothèque Bodléienne à Oxford, il existe un portrait de Paracelse ressemblant parfaitement à celui de Rubens, mais plus énergique encore par les fortes ombres dont il est tacheté. C’est probablement une copie d’après le présent tableau.

Le médecin qui figure dans le tableau Le Pensionnaire Oldenbarneveld (Voir plus haut, page 3q) a les traits de Paracelse. Le bonnet dont • il est coiffé a la même forme que celui qu’il porte dans le présent portrait ; seulement, dans le tableau, la coiffure est surmontée d’une plume d’autruche.

Gravure: Pierre Van Sompel a gravé le buste de ce portrait (V. S. 268). Le premier état de l’estampe 11e porte pas le nom de Rubens ; le second porte P.P.Rub. pinxit , P. Soutmannus excud., P. Van Sompel sculp. ; le troisième Soutman inv. et effigiavit. R. Gaywood a copié la gravure de Van Sompel (V. S. 269). Non citée Jo. Payne. (Inscription : The lovely portraiture of the most famous and profound philosopher and physitian Aureolus Philippus Theophrastus Paracelsus Bombast of Hohenheim who was poysned the q7th yeare of his âge). Voir planche 307.

ioi7- THOMAS PARR.

Paris. Galerie Maurice Kann.

Panneau. H. 62,5, L. 48.

|u de face, barbe blanche et cheveux blancs, face rougeaude, la tête allongée, le haut du front un peu dégarni, les yeux contractés, néanmoins un homme très bien conservé. Un bout de linge au cou, un habit rouge sur le buste et par dessus un manteau de fourrure. Belle pièce, d’excellente qualité, d’une facture soignée et moelleuse, d’une teinte très chaude. Peinte en 1629-1630.

Sur le revers du panneau, on lit en écriture du temps: - C’est le portrait d’Old Parr peint par Rubens quand il était ambassadeur. Parr avait 142 ans et mourut à l’âge de 145. «

Le tableau fut vendu dans la collection Munro (Londres, 1878). Il provenait de la collection de sir Robert Price et figura dans l’exposition de la British Institution, en 1846.

Gravure : Non décrite, Condé sc. Inscription : - Old Parr aged i52 years. «

1018. PIERRE PECQUIUS (Chancelier du Brabant, i562-t625).

Bruxelles. Galerie de Mgr le prince Antoine d’Arenberg. Toile. H. 140, L. 119.

e chancelier est assis dans son fauteuil, une main posée sur le bras du siège, l’autre tenant un papier. Il est drapé dans sa toge noire et porte une fraise au cou. Les cheveux courts sont de couleur châtain, de même que les moustaches et la barbiche. C’est un homme robuste, dans toute la force de l’âge ; la tête est grosse et fortement bâtie, les paupières et le nez sont lourds, les mains sont grandes et blanches. Figure peu avenante, mais traitée avec une grande sincérité, avec une vérité presque brutale. Il se rapproche du docteur Van Thulden de la Pinacothèque de Munich, mais lui est inférieur. Comme ce dernier, il doit dater de 1612 à i6i5 ; conjecture

confirmée par l’âge du modèle : Pecquius né en i562, ne pouvait guère avoir plus de cinquante ans lorsque Rubens le représenta.

Joshua Reynolds vit en 1781 le tableau dans la galerie Peters.

Dans la vente Stier d’Aertselaer (Anvers, 1817), il fut adjugé pour j5 florins au prince d’Arenberg.

Gravure: Gravure sur bois dans la Gazette des Beaux-Arts , 1 novembre 1886.

Page 1