‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 185 sur 302 · THÉOPHRASTE PARACELSE · texte numérisé non relu

THÉOPHRASTE PARACELSE

Pl. 3o 7.

Gravé par P. VAN SOMPEL

III, avec l’inscription « Philippus Portugalliæ rex XIX, vixit an XLII m. XI obiit MDCXXI. » C’est à peu près le même portrait que le précédent, seulement il porte la couronne royale. Il se trouve dans l’ouvrage de Joan. Caramuel Lobkowitz : Philippus Prudens (Anvers, Plantin. i63g, fol. P. 84). Il ne porte pas de nom de peintre et n’est pas gravé d’après Rubens.

endant son séjour à Madrid, en 1628-1629, Rubens peignit entre autres portraits celui du roi Philippe IV, à cheval.

L’inventaire des tableaux du roi d’Espagne, rédigé en i636, mentionne cette œuvre en ces termes : * Portrait du roi notre seigneur, Philippe IV, que Dieu ait en sa garde. Il est de la main de Rubens, en armure, monté sur un cheval châtain, avec une écharpe cramoisie, le bâton à la main, un chapeau noir à plume blanche sur la tête. Dans le haut, un globe terrestre que soutiennent deux anges et la Foi qui porte une croix et offre à S. M. une couronne de lauriers. D’un côté, la divine Justice qui lance la foudre contre les ennemis et de l’autre un Indien qui porte le casque du roi. «

Les inventaires de 1686 et de 1700 mentionnent encore ce tableau qui doit avoir péri dans l’incendie de 1734 (1).

La galerie royale de Florence, n° 210, possède un portrait de Philippe IV, faussement attribué à Velasquez et entièrement conforme à la description de l’inventaire de i636. C’est évidemment une copie d’après l’original de Rubens.

Le 2 décembre 1628, Rubens écrivit de Madrid à son ami de Peiresc : “Je m’occupe ici à peindre et j’ai déjà exécuté le portrait équestre de Sa Majesté le Roi, qui l’a bien goûté et en a été très satisfait (2). « Lopez de

(1) Cruzada Villaamil. op cir. P. 334.

(2) Io mi m’attengo qui a depingere corne da pertutto ed ho gia fatto il rittratto equestre di Sua Maesta con molto suo gusto e sodisfattione, che visamente si diletta in estremo délia pittura ; ed al giudizio mio, questo Principe e dotato di bellissimi parti. Io gia lo cognosco per prattica, poiche havendo stance in pala\\o, mi viene veder quasi ogni giorno. Ho fatto ancore le teste di tutta la famiglia Reggia accuratamente, con molta commodita nella lor presenza per servicio délia serenissima Infante mia signore (Rubens à Valavez, 2 de'cembre 1628. RUELENS : Pierre-Paul Rubens. Lettres et documents. P. 142).

Vega et Francisco Lopez de Zarate firent chacun un poème en l’honneur de ce portrait. Le titre de la seconde de ces pièces peut servir à expliquer la signification allégorique des figures accessoires. “AS. M. le roi Philippe notre maître, dont Pierre-Paul Rubens vient de faire le portrait à cheval et tout armé. La Foi lui donne, comme à son défenseur, une couronne de la main droite, tandis que, de la gauche, elle plante la croix sur un globe terrestre et que la colère divine foudroie ses ennemis. Un Indien, personnifiant le Nouveau-Monde, lui tient le casque et semble dire que c’est avec ses richesses que le roi soutient le poids de la guerre. »

Pacheco dit que Rubens fit immédiatement après son arrivée à Madrid, c’est-à-dire en 1628, le portrait du roi, de la reine et des infants, à mi-corps, pour être envoyés en Flandre et qu’il fit de Sa Majesté, le roi, cinq portraits et entre autres un portrait à cheval avec plusieurs autres figures (1).

Il est évident que le portrait équestre dont parle Pacheco est celui dont nous nous occupons. Nous mentionnons plus loin les autres portraits du roi qui nous sont connus.

Le musée de l’académie de Vienne possède une esquisse représentant un roi espagnol, ressemblant plutôt à Philippe III qu’à Philippe IV. Il est nu-tête et monte un cheval qui se cabre ; derrière lui se trouve un page qui lui présente son casque. La ressemblance avec le présent tableau est frappante. Le tableau du musée de l’académie de Vienne porte la mention - d’après Rubens. ~

Gravure (d’après la copie du musée de Florence) : Cosmus Mogalli.

Voir planche 3o8.

Munich. Pinacothèque, 787.

Toile. H. 1 1 2 , L. 84.

e roi est vu de trois quarts et à mi-corps ; sur le haut de la tête, les cheveux sont ramenés en avant et à la naissance du front ils sont retroussés pour former un toupet ; sur les oreilles ils sont longs et forment des boucles; la moustache est faible et à peine perceptible. Il porte

(1) Rubens primeramente retratô à los Reyes é Infantes de medio cuerpo, para llevar. â Flandes : hizo de Su Majestad cinco retratos, y entre ellos uno â caballo, con otras figuras muy valiente (CRUZADA VlLLAAMIL: Op. cit. 142).

un col raide et un pourpoint noir, sur lequel brille le collier de l’ordre de la Toison d’Or, porté en sautoir. Un manteau, non attaché, est jeté sur les épaules. Le fond est formé par un rideau rouge. Le visage est en pleine lumière, les chairs ont beaucoup de moelleux et d’éclat.

Entièrement de la main du maître. Peint pendant son séjour en Espagne, en 1629. Provient de la galerie de Dusseldorf.

La Spécification des tableaux trouvés dans la mortuaire de Rubens mentionne, sous le n° 1 1 5 : * Un pourtrait du Roy. « « Sur toile, ^ dit le texte anglais. Sous le n° 116, le même catalogue cite: « Un pourtrait de la Royne. - La pinacothèque de Munich étant la seule galerie qui conserve à la fois les portraits des deux souverains, il est assez probable que ce sont ceux qui figuraient dans le catalogue susdit.

Le musée de l’Ermitage de St. Pétersbourg, n° 55g, possède une copie de ce portrait (Toile. H. 114, L. 83).

La collection du comte Spencer, à Althorp, en a une seconde copie. Une troisième fut présentée en vente par M. Philipps, à Londres, en 1828, et retiré à 200 guinées (1).

Gravures : V. S. 172, P. Pontius (i632). Dans le tableau, on voit la main sur la garde de l’épée; dans la gravure, on ne voit pas de main. I72bis, Guil. du Tielt ; 177, Anonyme (Franciscus Hoejus exc., i63q) ; 178, N. Viennot ; 179, P. de Jode ; 180, Anonyme (Michel van Lochom exc.) ; i83, Anonyme.

Toutes les estampes, citées après celle de Pontius, sont copiées d’après cette dernière. On peut dire la même chose de la gravure de J. Louijs qui présente le même portrait jusqu’aux épaules avec un vêtement plus riche et dans un encadrement de fruits et de feuillage (V. S. 181).

Voorhelm Schneevoogt, cite d’après Bartsch, sous le n° 184, un portrait de Philippe IV, sans nom de peintre ni de graveur ; sous le n° i85, un portrait gravé par Vorsterman, sans nom de peintre. Nous ne connaissons pas ces deux pièces. Sous le n° 186, il cite le portrait de Philippe IV faisant partie de la suite des comtes de Flandres gravés par Corn. Visscher ; le roi y est représenté portant la couronne.

Photographies (du tableau de la pinacothèque de Munich) : F. Hanfstaengl ; (du tableau de St. Pétersbourg) A. Braun.

Voir planche 3og.

(1) Smith : Catalogue. II, go5 ; IX, ni.

Gênes. Palais Durazzo.

Toile. H. z5o, L. i5o.

e roi est représenté en pied et de grandeur naturelle. Il est debout sur une terrasse, bordée d’une balustrade et ornée de colonnes de marbre blanc, entre lesquelles est suspendue une forte draperie rouge à reflets chaudement éclairés. Il est nu-tête, porte le collier de la Toison d’Or, des boutons d’or à son pourpoint noir, un col raide et un manteau ouvert. Il pose la main gauche sur le pommeau de l’épée; de la main droite, il tient un pan de son manteau ; au-delà de la balustrade, on voit de la verdure. La tête est vivement éclairée, la pose est aisée, mais sans beaucoup de distinction. C’est un bon portrait, sans qualités supérieures.

Le buste de ce portrait est pareil à celui du tableau de Munich.

Peint par Rubens, en 1628-1629.

St. Pétersbourg. Collection du se'nateur Peter von Ssemeno.

Toile. H. 89, L. 100.

e roi est représenté une main sur la hanche, l’autre appuyée sur un bâton de commandement. Il porte une armure et par dessus une écharpe rouge; sur la tète, un chapeau. Figure pâle, cheveux blonds, armure très largement traitée avec un jeu de lumière. Peint probablement par un élève, avec de larges retouches du maitre.

La Spécification des tableaux trouvés à la maison mortuaire de Rubens mentionne, sous le n° 123 : “ Un pourtrait du Roy, le chapeau sur la teste, sur toile, * qui pourrait bien être le présent tableau.

ans la vente de la collection Hamilton (Londres, 1882), le n° 22 consistait en un portrait de Philippe IV, en riche costume, avec l’ordre la Toison d’Or, par Velasquez, copié par Rubens (H. 76, L. 64). Il fut adjugé à M. Stettiner pour le baron de Hirsch de Gereuth, au prix de 5jo gui nées.

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