NICOLAS ROCKOX
Gravé par PAUL PONTIUS.
Pl. 3io
Photographies : Du tableau de la galerie de Liechtenstein, Miethke et Wawra; du tableau de Dresde, Photographische Gesellschaft de Berlin ; A. Braun.
Voir planche 3n.
1037. JEAN RUBENS (Père de Pierre-Paul Rubens, i53o-i587).
l existe un portrait gravé par J. J. Van den Berghe, portant l’inscription : « le Père de Rubens. « C’est un homme âgé d’une soixantaine d’années, vu en buste, de trois quarts, dans un ovale. Le front est large, les cheveux rejetés en arrière, la barbe pleine. Au cou, un grand col raide. Sur l’habit noir est passé un ruban, auquel est suspendue une médaille dont on ne voit que l’anneau. Les traits ont de la ressemblance avec ceux de Pierre-Paul Rubens.
Sous la rubrique Marie Pypelinckx (notre n° io33), nous avons mentionné des portraits du père et de la mère de l’artiste, adjugés à Albert Rubens pour la somme de 80 florins.
Un autre portrait du père de Rubens fut adjugé dans la mortuaire du peintre à Hélène Fourment et porté en compte pour 40 florins.
Une copie du portrait de Jean Rubens fut encore adjugée dans la même mortuaire à Albert Rubens, le fils aîné du peintre, à 10 florins.
Gravure: Non décrite, J. J. V. d. Berghe. Londini. Titre: « Rubens’s Father. «
io38. UN ENFANT DE RUBENS (Nicolas Rubens).
Berlin. Musée, 763.
Panneau. H. 48, L. 39.
’est un enfant de deux ans environ, aux cheveux blonds et bouclés, vu de profil, tourné à droite ; il porte une chemise blanche, un collier de perles rouges et blanches autour du cou. De la main gauche, il tient le fil auquel un oiseau vert est attaché et lève un doigt de
la main droite, comme s’il voulait engager l’oiseau à prendre son vol. La peinture est largement faite, avec des empâtements ; elles n’est pas terminée ; la tète est en pleine lumière sur un fond sombre. C’est un véritable enfant rubénien, d’une santé splendide.
Le tableau a passé des châteaux royaux dans le musée de Berlin.
C’est l’enfant assis dans le coin droit supérieur de la Madone entourée d’anges de la pinacothèque de Munich, n° 72g (notre n° 98).
C’est aussi l’enfant assis et contemplant la grappe de raisins posée sur ses genoux dans la Marche de Silène du musée de Berlin, 776B (notre nü 678).
C’est encore l’un des Sept enfants portant une guirlande de fruits , celui que l’on voit de face, au milieu, dans le tableau de la pinacothèque de Munich, 728 (notre n° 865).
Nous croyons que l’enfant représenté est Nicolas Rubens, le second fils du peintre, né en mars 1618. Ce portrait et les tableaux où le même enfant figure, dateraient donc de 1620. Nous avons déjà fait remarquer que ce pourrait être l’esquisse désignée dans l’inventaire des tableaux d’Arnold Lunden sous le nom de - l’enfant « (voir n° 982).
Photographie : Anonyme.
io3g. NICOLAS RUBENS.
Galerie du comte de Radnor.
Panneau. H. 94, L. 67,5*
outrait en pied d’un fils de l'artiste, âgé de huit ou neuf ans. Il est vu presque de face, avec de longs cheveux flottants ; l’habillement consiste en un pourpoint et des hauts-de-chausse gris, des manches à crevés brodés d’or et montrant le linge blanc. Un manteau
écarlate est jeté sur ses épaules et des rubans de la même couleur ornent les genoux ; la main gauche pend négligemment le long du corps et la droite tient un chapeau dont la plume touche presque la terre. La main droite repose sur la poignée d’une petite épée. C’est une esquisse magistralement achevée.
Mr E. Osterrieth, d'Anvers, en possède une copie terminée, sur toile (H. 120, L. 6q,5). Elle doit avoir été faite au siècle dernier en Angleterre. Elle a été exposée, en 1886, à Bruxelles.
io4o. PHILIPPE RUBENS
(Frère de Pierre-Paul, 1574-1611).
ubens fit un portrait de son frère Philippe pour le monument funèbre de celui-ci dans l’église de l’abbaye de St. Michel, à Anvers. Le tableau se trouvait au-dessus de la porte de la petite sacristie. Sous le portrait, on lisait l’inscription suivante composée par Balthasar Moretus :
Philippo Rubenio J. C. Joannis Civis et Senatoris Antverpiensis F. Magni LipsI discipulo et alumno, cujus doctrinam poene adsecutus modestiam féliciter adæquavit. Bruxellæ præsidi Richardoto, Romæ Ascanio Cardinali Columnæ ab Epistolis et Studiis ; S. P. Q. Antverpiensi a secretis. Abiit non obiit, virtute et scriptis sibi superstes V kal. Septembris. Anno Christ MCXI ætate
Marito béni merenti Maria De Moy duum ex illo liberorum Claræ et Philippi mater, propter illius ejusque matris Mariæ Pypelincx sepulchrum hoc mœroris et amoris sui monumentum P. C.
Laurent Beyerlinck avait exprimé le vœu que Rubens fit le portrait de son frère pour l’épitaphe de celui-ci :
Fac etiam ut fratris frater post fata superstes Æmula cui coelo dextera mensque data est Qua poterit, certa sollers arte exprimât ora Et frater fratris vivat in effigie Dumque hic arte sua, superestque in imagine frater Alteri ab alterius munere surget honos (1).
Le portrait disparut pendant la Révolution française. Nous retrouvons une effigie du même nom dans la vente Stier d’Aertselaer (Anvers, 1817), où il fut racheté par le propriétaire à 160 florins. Dans la vente Stier d’Aertselaer du 29 juillet 1822, il fut acheté par Nieuwenhuys, au prix de 1070 florins pour le duc de Mecklenbourg. Dans le catalogue de la vente de ce prince, en 1854, le portrait est désigné comme suit : « Philippe Rubens est représenté en buste, presque de face. Sa chevelure noire et bouclée orne élégamment sa tête, dont le front développé annonce un esprit supérieur ; son visage expressif porte des moustaches relevées et son menton légèrement
(1) Ph. RUBENIUS : S. Asterii Homiliæ. P. 160.
barbu est encadré dans les gros plis d’une collerette blanche qui se détache sur son pourpoint foncé. Panneau. H. 67. L. 5i. Ce beau portrait, d’une couleur admirable, est largement peint et terminé. Le costume resté en ébauche est rendu par des frottis intelligents qui se perdent dans un fond harmonieux. - Il fut adjugé à 3200 francs.
Le portrait de Philippe Rubens fut encore dessiné par Rubens pour l’édition des œuvres posthumes de son frère (S. Astcrii homiliœ , etc.) publiées par l’imprimerie plantinienne en i6i5.
Dans la vente de la collection Meffre (Paris, i863) se trouvait un soi-disant portrait du frère de Rubens, vu presque de face. Moustaches sans barbe. Manteau noir, col uni, rabattu. Buste sans mains. Fond gris clair (Panneau. H. 60, L. 5o). Adjugé à n5o francs.