‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 187 sur 302 · ROI D’ESPAGNE · texte numérisé non relu

ROI D’ESPAGNE

Grave par Paul PONTIUS.

Pl. 3og

réellement le président Richardot. (Voir la discussion à ce sujet dans le Bulletin Rubens. T. II, P. 218: Le portrait de Richardot au Louvre).

M. Willem Rogghé, de Gand, possède une esquisse assez achevée de la tète du principal personnage, peinte sur gros papier bleu (H. 5 1 , L. 23), dont la facture rappelle également celle de Van Dyck. L’existence de cette esquisse contribue à justifier le doute sur l’exactitude du nom donné au personnage. Il est peu probable, en effet, que l’on fasse l’esquisse du portrait d’un personnage décédé depuis longtemps.

Gravures: V. S. 271, Massard ; 272, Giraud. Non citée, L. A. Claessens.

Louis , duc de Richmond. Françoise, duchesse de Richmond .

Jacques, duc de Richmond.

Ces trois portraits sont mentionnés dans le catalogue, publié en 1758, des tableaux se trouvant à Easton Neston, la résidence du comte de Pomfret et attribués à Rubens. Walpole signale aussi dans le même château le portrait de Louis, duc de Richmond (1).

io34. JEANNE RIVIÈRE (Femme de Plantin, i52i ?-i5g6).

Anvers. Muse'e Plantin-Moretus. Salle II, n° 8.

Panneau. H. 62.5, L. 48.5.

a bonne vieille dame, bien en chair, est représentée en buste, vue de trois-quarts, coiffée d’un bonnet à coques de toile unie, dont deux bouts descendent en étroites bandes sur les épaules ; elle porte un col à bords tuyautés et une robe noire. Le visage, le bonnet et le col sont retouchés par Rubens (Voir notre n° 882).

Peint vers i633 pour Balthasar Moretus, au prix de 24 florins. Photographie : Jos. Maes.

Phototypie : Jos. Maes (dans Max Rooses : Christophe Plantin , imprimeur Anversois).

(1) WALPOLE: Anecdotes uf painting in England. P. 164.

to35. NICOLAS ROCKOX

(Bourgmestre d’Anvers, 1560-1640).

Il existe une gravure de Pontius reproduisant le portrait de Rockox et datée de iô3g. Dans les premiers états, cette gravure mentionne Rubens comme le peintre ; dans les derniers états, elle porte le nom de Van Dyck. Rockox est représenté en buste, vu de trois quarts, à l’âge de 79 ans. Barbe pleine, cheveux ramenés sur le front. Au cou, une fraise tuyautée; sur le buste, un pourpoint avec une rangée de boutons sur le devant et un manteau ouvert. Le médaillon ovale, figurant une niche qui renferme le portrait, est placé sur un fond architectural.

Dans la vente Schamp d’Aveschoot (Gand, 1840), un portrait, entièrement conforme à la gravure (Panneau rond de 6 pouces de diamètre) et provenant de la vente Van Rotterdam (Gand, i835), fut adjugé pour 210 francs, à Binois de l’Épine de Valenciennes. Il est évident que ce tableau est apocryphe, mais il paraît certain que Rubens a fourni le modèle de la gravure de Pontius.

Gravure : V. S. 273, P. Pontius, 1639.

Voir planche 3io.

Nicolas Rockox.

Volet de Y Incrédulité de St. Thomas du musée d’Anvers, 3o8 (Voir notre numéro 347).

Nicolas Rockox.

Anvers. Musée des Hospices civils, 57.

Panneau ovale. H. 41, L. 32.

Rockox est vu de trois quarts, les cheveux noirs et rares sont coupés assez courts. Le teint est brun, avec de vigoureux reflets de lumière sur le front, la barbe de couleur châtain est rare. Il porte une fraise tuyautée et un habit noir. C’est un très beau portrait, énergiquement et soigneusement fait; mais les carnations sont trop brunes et les ombres trop noires pour être de Rubens.

Rockox, étant né en i56o, avait 49 ans en 1609, lorsque Rubens revint à Anvers ; à voir le portrait, on y reconnaîtrait un homme de 40 ans, ce

qui plaide contre l’attribution. Le Rockox de l’ Incrédulité de St. Thomas , fait en i6i3, compte certainement dix ans de plus que le présent portrait ; il a la barbe grisonnante et des pattes d’oies aux yeux.

Jadis l’œuvre était attribuée à Van Dyck et, effectivement, dans la mortuaire de Rockox, se trouvait son portrait peint par ce maitre (i). Cependant, il est manifeste que la peinture est d’un maitre antérieur à Rubens.

io36. ALBERT ET NICOLAS RUBENS

(les deux fils aînés de Pierre Paul Rubens, Albert, 1614-1657;

Nicolas, i6i8-i655).

Vienne. Galerie Liechtenstein, >14.

es deux jeunes garçons se tiennent debout ; l’ainé peut avoir de 10 à 12 ans, il est vu de face, vêtu de noir, portant un chapeau de feutre à bord retroussé, un col blanc, un veston de soie noire, ayant sur la poitrine et sur les manches des crevés, à travers lesquels on voit le linge blanc ; il est vêtu en outre de culottes et de bas noirs, de gants gris foncés en

peau de chamois. Il s’appuie contre une colonne, les jambes croisées. La main

droite, appuyée sur la hanche, tient un petit livre relié en parchemin ; la main gauche, dans laquelle il tient un gant, est passée autour du cou de son frère. Celui-ci peut être âgé de 7 à 8 ans. Il est nu-tête, porte un veston bleu à crevés jaunes et à rubans de même couleur, une culotte de nuance grise,

des bas blancs à nœuds jaunes. Il tient de la main droite le perchoir d’un

pinson ; dans la main gauche, le fil auquel est attaché l’oiseau ; il s’amuse à un jeu bien connu des garçons anversois, consistant à dresser l’oiseau à revenir sur le perchoir. Il est vu presque de profil, la jambe gauche en avant. Tous deux ont de longs cheveux châtain clair. Le fond se compose d’un mur, sur lequel une colonne et un pilastre en pierre de taille font saillie.

La peinture est faite dans une gamme de tons chauds et moelleux, avec beaucoup de soin et non moins d’aisance. De légers empâtements se remarquent sur les carnations. Le mouvement et la pose sont sans aucune recherche, mais

(1) H. VAN CUYCK : Nikolaas Rockox. Annales de l’Académie d’Archéologie de Belgique. Anvers 1881, XXXVII, 437.

d’une élégance et d’une grâce sans pareilles : le plus jeune, plein de naïve attention à son jeu, l’ainé, plus sérieux, trahissant déjà le jeune étudiant, le futur savant. Ils sont évidemment rendus avec fidélité; ils forment un groupe charmant par la beauté des jeunes corps pleins de santé et par l’éclat de leur costume.

Le perchoir et l’oiseau rappellent le même sujet que Rubens introduisit dans la Madone au Chardonneret à Cologne (Voir notre n° 22g).

Le tableau est tout entier de la main du maître, un chef-d’œuvre de

la plus, haute valeur. Il a malheureusement de haut en bas une crevasse passant par la main tenant le gant. Il date de 1025 ou 1626.

Le musée de Dresde (n° 975) possède une excellente répétition de ce tableau, longtemps acceptée comme une œuvre originale ; elle a été probablement exécutée dans l’atelier du maitre et sous sa direction (Panneau. H. i56, L. 91).

Elle fut achetée à Paris, en 1742, par De Brais et Rigaud, dans la collection

de M. Dubreuil, pour la collection du roi Auguste III, électeur de Saxe et roi de Pologne.

Le tableau de la galerie Liechtenstein est l’original, celui de Dresde n’est

que la répétition. Après avoir fait valoir la raison tirée de lgi facture des deux tableaux, Waagen fait ressortir un argument qui ne laisse pas de doute sur l’antériorité de l’exemplaire de Vienne. Le tableau de I4 galerie de Liechtenstein a été agrandi et s’arrêtait primitivement un peu au-dessous de la main de l’enfant qui tient le fil de l’oiseau. Ce n’est pas dans une Reproduction que l’on peindrait d’abord la moitié supérieure pour l’agrandir ensuite à la mesure définitive.

La collection Albertine de Vienne possède le dessin de deux portraits différents de Nicolas Rubens. Le musée de Stockholm conserve de lui un troisième portrait.

Monsieur le comte Duchastel-Dandelot, à Bruxelles, possède le dessin d’un portrait d’Albert Rubens.

Gravures: Tableau de la galerie de Liechtenstein, V. S. 125, G. A. Muller; 126, Pichler ; W. IJnger.

Tableau de la galerie de Dresde : V. S. 123, J. Daullé ; 124, Danzel ; Non décrites; G. Planer; F. Hanfstaengl, 1837 ; Carbonneau. On reconnait les gravures d’après l’un ou l’autre des deux tableaux par la différence de la figure tracée par le fil retenant l’oiseau. Elle forme un 8 dont les ouvertures sont fort inégales et descendent plus bas dans le tableau de Dresde que dans celui de la galerie de Liechtenstein.

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