QUI CONDUIT UN ENFANT A LA LISIÈRE
Paris. Galerie du baron Alphonse de Rothschild.
Panneau. H. 203, L. 176.
droite se trouve Rubens, vu presque de face, le chapeau sur la tête, vêtu d’un habit noir à crevés blancs, sur lequel est jeté un manteau violet ; il porte un col, des manchettes blanches, des gants fauves. Hélène Fourment est vue de profil ; elle a des cheveux blonds frisottés tombant sur le front ; elle pose son poignet sur la main de son mari et tient dans la main droite un cordon, au moyen duquel elle conduit un enfant courant devant ses parents. Sa robe est de satin noir, avec une échancrure carrée sur le devant ; une collerette à multiples étages tombe sur le dos, le linge blanc passe à travers les crevés des manches. Elle tient à la main gauche un éventail de plumes d’autruche. L’enfant est vêtu d’un costume en toile écrue ; il porte une bavette blanche et un bourrelet, ornés tous deux d'un ruban bleu. Rubens regarde sa femme qui surveille l’enfant. Celui-ci se retourne vers sa mère et lève joyeusement la main. Rubens s’est placé dans la partie la moins éclairée du tableau. Sur son visage descend l’ombre de son chapeau ; de cette manière, le teint semble un peu brouillé, ainsi que tout le devant du modèle. Hélène Fourment est plus vigoureusement peinte : la blancheur éclatante du teint de son visage, de son buste aux seins à demi découverts et de sa blanche main aux doigts en fuseau, ainsi que les chatoiements de sa robe de soie, ressortent bien. Derrière les personnages, une échappée de vue sur le jardin. Ils semblent se promener sur une terrasse;, on voit derrière eux, à gauche, une cariatide; dans le haut, une balustrade ; dans le bas, un treillis recouvert de plantes grimpantes ; à droite, une vasque de fontaine, dans le creux de laquelle est juché un perroquet. Derrière Hélène Fourment, le ciel est teinté d’ardeurs jaunes qui font repoussoir à la robe noire. Tout cela est bien accentué, avec une grande diversité de tons et d’effets de clair-obscur. Hélène Fourment
est peinte en pleine vigueur, Rubens en demi-teinte, l’enfant dans les tons clairs. La pose est d’un beau mouvement de promenade, le groupe est bien serré, l’entourage joyeux.
L’œuvre est entièrement de la main du maitre, accessoires compris. Elle date de i633 environ. L’enfant a deux ans et doit être l’aîné du second mariage du maître.
La tradition rapporte que le tableau fut présenté par la ville de Bruxelles au premier duc de Marlborough.
Il avait beaucoup souffert. Lorsque nous l’avons vu à Blenheim, il semblait une ruine de peinture et ne faisait nullement l’admirable effet qu’il produit maintenant, restauré et convenablement éclairé. Certaines parties, notamment le visage de Rubens, ont cependant considérablement souffert.
Le présent tableau et celui d 'Hélène Founnerit suivie d’un page (notre n° 945) furent vendus par le duc de Marlborough, en 1884, au propriétaire actuel pour la somme totale et énorme de 1,375,000 francs.
Gravure : V. S. -84, J. Mac Ardell ; 85, Charles Phillipps.
Voir planche 25i.
io53. RUBENS ET SON FILS.
St. Pétersbourg. Collection Stroganofî.
ubens, vu jusqu’aux genoux, est assis sur une chaise, en s’appuyant de la main gauche sur le dossier; sa main droite repose sur la jambe; à côté de lui se tient debout son jeune fils qui le regarde et pose la main sur celle de son père. Dans le fond riche, une sculpture, de l’architecture, un rideau et une vue sur le lointain. Par la composition, aussi bien que par l’exécution, ce portrait compte parmi les plus beaux du maître. Il est d’une rare chaleur de sentiment ; dans la toilette noire et le chapeau à larges bords, il a quelque chose de fort élégant. Il est peint avec le plus grand soin dans le ton le plus clair et le plus chaud, avec une maestria extraordinaire (1).
La tête de Rubens dans ce portrait est parfaitement identique à celle
(1) WAAGEN : Gemàldesammlungen \u St. Petersburg. P. qo3.