LA BARONNE DE VICQ
Panneau. H. 73,5, L. 5o.
eune femme au teint blanc et aux cheveux blonds, vue de front. Le cou est orné d’une fraise à bords dentelés. Elle porte une toilette de satin noir avec des crevés blancs, une riche croix ornée de pierres précieuses et une chaîne d’or sur la poitrine. Elégant portrait d’une grande pureté et de couleurs brillantes (Voir le numéro précédent).
Jean Wildens.
Mois signale un portrait de Jean Wildens, le collaborateur de Rubens, se trouvant au siècle dernier dans la collection de M. Jegersdorff, à Cologne.
1078. WLADISLAS-SIGISMOND (Roi de Pologne, 1595-1648).
Gênes. Palais Durazzo.
Portrait ovale. H. 100, L. 80 environ.
l est vu de trois quarts en buste. Cheveux et barbe d’un brun roux,
moustaches et impériale très fines. Il porte un chapeau dont l’un des
bords est retroussé et orné d’une belle aigrette, fixée par une attache garnie de pierres précieuses, un col en toile et en dentelle blanches, un
pourpoint noir brodé d’or, une chaîne en or et les insignes de la Toison
d’or suspendus à un ruban noir. Derrière lui, une draperie rouge avec un pan de ciel.
Le portrait est de la main du maître et fut peint en 1624.
En cette année, dit Bellori, Wladislas-Sigismond, prince de Pologne, grand duc de Moscovie, voulant voir le siège de Bréda, se rendit auprès de l’infante Isabelle. A cette occasion, il passa par Anvers, où Rubens fit son portrait (1). Le i3 septembre 1624, de Baugy, l’embassadeur de France à Bruxelles, écrit au secrétaire d’état d’Ocquerre: « Le peintre Rubens est en ceste ville. L’Infante luy a commandé de tirer le pourtraict du prince de Pologne (2). ” La seconde version donnée par un témoin à même d’être bien informé mérite plus de croyance que la première.
Dans la vente Metcalf (Londres, i85o), un portrait de Stanislas (lisez Wladislas) Sigismond, monté sur un cheval bai, fut adjugé à Bousfield pour la somme de 23 1 livres sterling. Le même portrait fut adjugé dans une vente anonyme (Londres, 1860) à Smith pour 252 livres sterling.
Gravures ■■ V. S. 1 56, P. Pontius (fecit anno 1624). Le portrait gravé est de forme rectangulaire et vu jusqu’aux genoux. Le personnage pose l’une main
(1) BELLORI : Vite dei pittori. I, p. 252.
(2) GACHARD : Histoire politique et diplomatique de Pierre-Paul Rubens. P. 26.
sur son bâton de commandement, l’autre sur la hanche. Un manteau est jeté sur l’une des épaules. Il est donc gravé d’après un autre modèle ou d’après une esquisse ; 1 57, J. Van der Heyden (copie fidèle du précédent) ; 1 58,
Anonyme (ovale) ; i5g, Anonyme (ovale).
Voir planche 3ig.
1079. JEAN WOVERIUS (Van de Wouwer) (Seigneur de Quenast, échevin d’Anvers, érudit, i5y6-i635).
Bruxelles. Galerie du duc d’Arenberg,
Panneau. H. 44, L. 36.25.
e personnage, vu à mi-corps, est assis devant une table couverte d’un tapis rouge. Il porte un col blanc et un habit noir. Sur la table se 8 trouvent deux livres, l’un ouvert, l’autre fermé. Le savant médite et regarde la campagne, qui s’ouvre à gauche et dans laquelle on voit un château sur une hauteur.
Le tableau est peint avec le plus grand soin, dans la couleur la plus riche. Les proportions du portrait ne sont que de demi nature, mais il est fait largement, grandement ; les mains surtout sont admirables. C’est un vrai chef-d’œuvre des premiers temps du maître, peint en Italie vers 1602. Le personnage représenté est celui qui est assis à la gauche de Juste Lipse dans le tableau des Quatre philosophes (Voir notre n° 977) et que, d’habitude, on appelle Hugo Grotius. Il est vu dans une position identique a celle qu’il a dans cette dernière toile. Le paysage dans le fond est le même que celui que nous avons décrit dans le tableau du palais Pitti.
Un inconnu , désigné naguère comme Jean Woverius.
Dresde. Musée, 969.
Panneau. H. 106, L. 73,5.
Il est vu presque de face ; il porte une fraise et des manchettes blanches sur un habit noir. De la main droite, il met le gant à la main gauche et tient l’autre gant. La moustache est hérissée et légère, la barbiche blanche,
les cheveux châtains. Le fond du tableau est d’un ton neutre foncé. Peinture empâtée dans les chairs, dans les mains et le linge ; mince et transparente dans les autres parties. Sur la joue gauche, une ombre très foncée, presque noire.
Le tableau provient, dit-on, de la vente Tallard (Paris, 1756), où il se serait trouvé sous le nom de Van Dyck. Après l’acquisition, il fut attribué à Rubens. Mais le coloris est trop pâle et trop peu animé pour pouvoir être du maître ; le tableau doit donc être rendu à Van Dyck et être compté parmi ses œuvres de jeunesse. Non seulement la manière de peindre, mais encore l’action du modèle plaident pour cette attribution. Rubens représente les personnages de ses portraits calmes et dans l’inaction ; son élève leur prête du mouvement ou une tournure romantique.
Gravure : V. S. 287, Zucchi (sans les mains, le buste seul).
Photographies : Photographische Gesellschaft ; A. Braun.
Marie Clarisse , femme de Jean Woverius.
Dresde. Musée, 968.
Panneau. H. 1 65 , L. 76. Pendant du numéro précédent.
Marie Clarisse est assise dans un fauteuil, avec un enfant sur les genoux. Ses cheveux noirs sont ramenés en arrière ; elle porte une robe noire et une fraise. L’enfant a les cheveux bruns, une robe blanche avec un nœud rouge sur la poitrine. Le fond est formé par un mur gris et par un rideau rouge
à travers lequel on voit des carreaux enchâssés dans du plomb. La femme
a une expression morne, une figure déplaisante, des doigts très éffilés. Dans le coin supérieur, à droite, les armoiries de Van den Wouwere-Clarisse. La peinture est faite de peu, mince de couleur, rapidement touchée et cependant le portrait de la femme et plus encore celui de l’enfant sont pleins de vie.
Acheté dans la vente Tallard (Paris, 1756), sous le nom de Van Dyck, au prix de igoo francs. Attribué plus tard à Rubens ; mais peint par son élève vers 1619.
Les armes que portent le portrait sont très certainement celles de Jean Woverius, l’ami de Pierre-Paul et de Philippe Rubens et celles de sa femme Marie Clarisse. Les époux doivent s’être mariés vers i6o5, car leur premier
enfant naquit le 8 octobre 1606 ; ils en eurent encore huit autres dont