DES PHÉACIENS
Florence. Palais Pitti, 9.
Panneau. H. 128, L. 207.
droite, il y a une montagne rocheuse, dont la pente trace une ligne diagonale à travers le tableau. A gauche, dans le lointain, on voit un port de mer avec des vaisseaux à l’ancre. Sur la montagne quelques bâtiments et une chute d’eau. Au premier plan, vers le milieu, Ulysse accourt, cachant sa nudité au moyen d’une branche d’arbre. Plus à droite, Nausicaa, fille d’Alcinoüs, s’arrête et lève son voile pour le regarder. Une vieille cherche à l’entraîner pour lui dérober cette vue indécente. Ses trois compagnes regardent également avec une curiosité nullement déguisée. Vers la gauche, on voit deux ânes, un char antique et deux femmes. Dans le ciel apparaît, sur des nuages, une scène de l’Olympe, Minerve qui vient implorer la clémence de Jupiter pour Ulysse.
Le bas du tableau est d’une tonalité énergique mais sombre, c’est bien là une île propice aux naufrages. Dans le haut, le ciel bleu est strié de nuages d’un blanc chaud, à travers lesquels le soleil projette sa lumière sur le profil et la crête des montagnes. Un cercle de nuages obscurs entoure la scène de l’Olympe.. L’opposition entre le ciel chaudement éclairé et la terre sombre est énergique et heureuse. Le haut de la montagne est traité dans la manière fine de l’école antérieure à Rubens. C’est une page magistrale, pleine de vigueur, seulement un peu sombre dans les extrémités.
Le paysage est de la main de Van Uden, mais retouché par Rubens, qui y distribua les lumières et peignit les figures.
Le tableau a fait partie de la collection du duc de Richelieu et fut décrit par de Piles sous le nom de « Vue de Cadix (1). »
Il fut transporté à Paris à la fin du siècle dernier. Il figure dans le manuel du Muséum français de i8o3, où il est gravé au trait. La mesure indiquée dans ce livre: 3’ 6” de large sur 2’ 4” de haut, est de pure fantaisie, comme bon nombre d’autres mesures données par les graveurs des planches de cet ouvrage.
Il existait une répétition de ce tableau dans la galerie Aguado (H. 235, (1) De PILES: Œuvres. IV, 33q.