THOMYRIS ET CYRUS
Anvers. Collection de M. le chevalier Léon de Burbure.
risaille faite d’après le tableau précédent, peinte très finement de blanc et de bistre sur un fond d’un gris-brunâtre, et donnant une excellente idée des modèles que Rubens fournissait à ses graveurs.
' La pièce est exécutée par un élève et retouchée par Rubens, spécialement dans les lumières jetées sur les draperies.
Elle provient de la vente Gérard Le Grelle (Anvers, 16 décembre 18.72) où elle fut payée 610 francs.
M. Le Grelle l’avait achetée au prix de ii5 frs. dans la vente Van Lancker (Anvers, i835).
Phototypie : Jos. Maes (dans H. Hymans : La Gravure dans l'Ecole de Rubens). 793. CAMBYSE ET LE JUGE.
n sait que la tradition rapporte que Cambyse fit écorcher vif un juge prévaricateur, força le fils de celui-ci de s’asseoir sur un coussin fait de la peau du père et le nomma ensuite juge lui-même. C’est là le fait représenté par Rubens dans le présent tableau.
Au milieu de la composition, le roi Cambyse, vêtu d’un long manteau bordé de fourrure, dont la traîne est portée par un page, et coiffé d’un turban, s’avance vers le juge et le touche de son sceptre. Le magistrat est assis sur un siège élevé de trois degrés ; il se penche en avant, écrasé par le terrible avertissement royal. Sa main droite est posée sur la poitrine, sa main gauche tient une longue verge. Au-dessus de son siège, le peintre a disposé la peau de l’écorché. A côté du juge sont agenouillés une veuve avec deux enfants et un vieillard, implorant la justice du roi ; derrière eux, un homme debout touche le bâton que tient le juge et la peau qui se trouve au-dessus de son trône. Le roi est suivi de cinq conseillers et de quatre soldats coiffés de casques. L’un d’eux porte le faisceau des licteurs romains. Un grand chien se tient près de Cambyse. La scène se passe dans une superbe salle ornée de pilastres et de colonnes torses.
Le tableau fut fait pour la salle du magistrat de la ville de Bruxelles, dont il ornait la cheminée. Il fut payé 3ooo florins à Rubens par résolution du 6 avril 1622 (1). Il périt dans l’incendie causé par le bombardement de i6g5.
Smith (Catalogue. IX, 2q3 et 244) mentionne un tableau représentant ce sujet, haut de 4 pieds 6 pouces et large de 6 pieds environ, sans dire où il l’a vu, et une esquisse (Panneau d’environ 5o centimètres de haut et 60 de large) qui se trouvait, en 1840, au château de Brandebourg, à Potsdam.
Dans la vente Lormier (La Haye, 1763), une esquisse de ce tableau fut vendue 640 florins. C’est probablement celle du château de Brandebourg. Une copie de cette esquisse fut vendue dans la vente Verbuecken (Anvers, 1 777) à 200 florins.
(1) HENNE ET WAUTF.RS : Histoire de Bruxelles. III, 46.