LA NATURE EMBELLIE PAR LES GRACES
Panneau. H. 108, L. 72.
ans le haut de la composition s’élève un piédestal sur lequel est posé un terme couronné par un buste de la Nature, au-dessus duquel deux petits génies ailés tiennent une couronne. Les trois Grâces entourent le terme ; deux d’entre elles soulèvent le voile qui couvrait la face de la Nature, une troisième porte la main au double collier de feuillage qui orne le cou de la déesse. Une des Grâces est montée sur le dos d’un homme couché par terre. Une draperie est tendue entre les deux arbres qui s’élèvent des deux côtés du buste et de leurs branches descend une guirlande de fruits et de légumes. Dans la partie inférieure, deux nymphes, deux faunes et une satyresse sont occupés à composer cette guirlande. Un Silène tient un flambeau qui les éclaire, un nègre met le bras autour des épaules du précédent personnage en le regardant d’un air souriant. Sous la guirlande, deux panthères sont couchées, grignotant des raisins. Dans la partie supérieure du tableau, cinq satyres et un nègre travaillent à attacher la guirlande aux arbres.
Smith déclare que ce tableau est admirable et qu’il est le travail commun de Rubens et de Breughel. Il est évident, en effet, que la guirlande a été peinte par Jean Breughel de Velours.
Quand il se trouvait dans la collection du duc de Buckingham, le tableau fut dessiné par Jean Jansen Bockelts. C’est la pièce qui porte le n° n du catalogue de la galerie de ce seigneur : « Les trois Grâces avec Fruits , 3 pieds de haut sur 2 x/2 de large. »
En 1025, le duc de Buckingham, par l’entremise de Gerbier, était entré
en pourparlers pour acheter la collection de statues et de médailles ainsi
que certains tableaux, appartenant à Rubens. Le 18 septembre 1627, les peintures étaient prêtes a être expédiées (1). Après la mort de Buckingham, sa collection fut mise sous séquestre ; une partie des objets les plus précieux
fut aliénée. Son fils vendit le reste de la collection à Anvers, pendant son
exil. Un certain nombre des peintures furent achetées par l’archiduc Léopold, gouverneur des Pays-Bas, et se trouvent actuellement au musée impérial de Vienne. Un catalogue des tableaux de Buckingham publié par Brian Fairfax, à Londres, en 1758, mentionne la peinture des Trois Grâces avec Fruits et fait suivre le titre du tableau de la mention : « N. B. Sir James Thornhill a acheté à Paris ce tableau qui fut vendu après sa mort.
Le tableau, La Nature embellie par les Grâces , gravé par Van Dalen, fleurs de Breughel, fut adjugé dans la vente Gerrit Braamcamp (Amsterdam, 1771) pour 3o5 florins à Minucci. En 1794, il fut vendu dans la collection de sir Lawrence Dundas (Londres, 1794) 800 guinées; en i85i, dans la vente de lord Ashburnham, 1000 guinées, à F'uller ; dans la vente Woodburn (Londres, 1854), 388 livres sterling 10 shillings, à Gilbert.
Gravure : V. S. 85, Cornelis van Dalen junior. Cette gravure diffère du tableau en ce que les cinq satyres et le nègre qui attachent la guirlande manquent dans l’estampe. Elle porte l’inscription « Ducis Bockingamii Insignivit Joannes Johannis Bockelts in cimeliarchio. «
Voir planche 260.
Le Temps couronne le Travail et punit l’Oisiveté.
Le Temps, représenté sous la figure d’un vieillard aux ailes ouvertes, se trouve debout au milieu de la composition. D’une main, il vient de poser la couronne sur la tête du Travail; de l’autre, il tient des verges pour châtier l’Oisiveté. Le Travail est figuré par un homme solide qui a mis un genou
(1) Noël Sainsbury: Op. cït. p. io3.