‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 69 sur 302 · A UN COUVET · texte numérisé non relu

A UN COUVET

Dresde. Musée, g58.

Panneau. H. 116, L. 92.

ne vieille femme, se trouvant dans l’enfoncement d’un rocher avec deux jeunes garçons, tient un couvet que le plus jeune attise en soufflant. La lumière ardente que le feu projette est réfléchie par les visages de la vieille et des deux enfants. Sur le fond noir, pénétré de cette clarté ardente, les figures ressortent avec des flamboiements roux ; la peau ratatinée de la vieille s’éclaire par plaques accidentées, la peau unie du jeune garçon soufflant est frappée en plein ; le visage de l’autre garçon, vu de profil, n’est éclairé que par touches. Les différences de ces clartés, allant de la lumière la plus vive jusqu’aux ténèbres opaques en passant par les demi-teintes les plus variées, sont rendues avec un moelleux, une force et une vérité extrêmes. C’est une étude complète d’un effet de lumière.

Comme nous l’avons démontré en parlant de Vénus dans la grotte de Vulcain (notre n° 700), le présent tableau n’est qu’un fragment coupé dans la Vénus refroidie et se réchauffant du musée de Bruxelles (n° 4i3). M. Karl Woermann, l’éminent directeur du musée de Dresde, en se ralliant à notre manière de voir, a donné comme mesure du morceau enlevé : hauteur 116 centimètres, largeur du bord supérieur 60 centimètres, largeur du bord inférieur

26 centimètres, hauteur à partir du bord supérieur jusqu’au point où commence la ligne diagonale marquant le coin coupé, 66 centimètres. La bande ajoutée se trouve en majeure partie à gauche ; mais, à droite, le tableau de Dresde a été également un peu élargi.

Le tableau, dont le fragment a été enlevé, date de 1622 environ. Il était entièrement de la main du maître. La coupure a été opérée vers la fin du XVIIe siècle. Nous savons avec certitude qu’elle était faite en 1747, car à cette date le tableau du musée de Dresde, tel qu’il est actuellement, figurait dans la vente de Jacques de Roore (La Haye, 4 septembre 1747) (1). M. Woermann nous apprend que le tableau fut acheté par l’électeur de Saxe vers le milieu du XVIIIe siècle (2). Il est donc probable qu’il provient directement de la vente de Roore.

Gravures : V. S. i38, V. Piort ; ï3g, C. F. Boëce ; 140, Anonyme F. Basan (exc.) ; 141, Smith.

Photographie : A. Braun.

Voir planche 274.

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