‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 2)Chapitre 70 sur 302 · LA VIEILLE FEMME A LA CHANDELLE · texte numérisé non relu

LA VIEILLE FEMME A LA CHANDELLE

Collection de Lord Feversham.

Panneau. H. 102, L. 81. 6-v /islm*.

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ne bonne vieille femme, vue de front, les yeux baissés, porte au bras

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un panier et tient à la main une chandelle dont elle protège la flamme de l’autre main. Un garçon, posant la tête sur l’épaule de la vieille, se prépare à allumer une chandelle à celle de la femme. Smith loue comme merveilleuse la manière dont l’effet de la lumière est rendu.

Le tableau fut exposé dans l 'Exhibition of old Masters à Londres, en i855. Un compte-rendu de cette exposition dit du tableau de lord Feversham :

« L’œuvre fut fort admirée par Sir Thomas Lawrence ; mais elle a été

(1) Een Heydinne met twee Kinderen die vuur blaazen, in een Grot, leevensgroote, door P. P. Rubens, H. 3 v. g br. 3 v. (Catalogus de Roore dans GERARD HOET : Catalogus. II, 204).

(2) K. WOERMANN : Rubens « A lie mit dem Kohlenbecken » in der Dresdener Gallerie (Kunstchronik, 1888-1889, P- 35q).

nettoyée et a, croyons-nous, perdu beaucoup de l’éclat lumineux que Rubens communiquait à tous ses tableaux. »

La vieille femme est évidemment faite d’après le même modèle que celle du tableau précédent.

Malgré l’inscription de la gravure qui donne comme sujet la vérité banale que l’on peut emprunter la lumière à une autre lumière sans faire diminuer celle-ci, nous croyons qu’il faut considérer le tableau comme une représentation emblématique de l’idée exprimée par les vers connus de Lucrèce (II, 78) :

In brevi spatio mutantur secla animantum Et, quasi cursores, vitai lampada tradunt.

Cette hypothèse est confirmée par le nom de Cursus Mundi que Panneels donne à un sujet analogue (Voir notre numéro suivant).

Le tableau se trouvait à la mortuaire de Rubens. La Spécification le mentionne sous le numéro 125 et le titre : “ Un pourtrait d’une Vieille avec un garçon, à la nuict. »

Il appartenait à George Rogers quand il fut gravé par F. Wheatley, qui l’attribuait à Schalken. Il passa dans la vente Hastings Elewyn (Londres, 1806) et fut adjugé à g5o guinées.

La gravure de cette composition par Jacob Stahl fut faite en 1646, d'après un tableau appartenant à Muhlmann de Riga.

Gravures: V. S. 134, P. P. Rubens et Vorsterman ou Pontius ; i35,

Anonyme (Corneille Visscher ?) ; i36, J. Slahl, 1646 (Rigae in aedibus

Mulhmani) ; i36bis, F. Wheatley ; 137, Joshua London. Non citée : Judaeus Bickaert (manière noire).

Selon l’opinion des autorités les plus compétentes, Rubens a gravé à

l’eau-forte l’estampe qui lui est attribuée sous le n° 134 et Pontius l’aurait

terminée (1). Le cabinet des estampes de la bibliothèque nationale de Paris

possède une épreuve où Rubens a écrit de sa main le distique que le graveur a copié :

Quis vetet apposito lumen de lumine tolli.

Mille licet capiant, dépérit inde nihil.

Il y a encore inscrits les mots : - Cum privilegio regis Christianissimi et ordinum confoederat. Cum privilegio regis Catholici. « Cette inscription a été remplacée sur l’estampe par la suivante : « Cum privilegiis Regis

christianissimi serenissimae infantis et ordinum confoederat. « Comme le

(1) H. HYMANS : Histoire de la gravure dans l'école de Rubens. P. 148.

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