‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 107 sur 249 · PORTRAIT D’ADRIENNE PEREZ · texte numérisé non relu

PORTRAIT D’ADRIENNE PEREZ

Volet de droite.

a femme de Rockox est vue également jusqu’aux genoux ; elle porte sur la tête un petit bonnet dont un ruban en velours noir s’avance sur le front, une fraise tuyautée, une robe de satin, une mantille de dentelles, un collier de grosses perles fines entourant le cou et descendant en triple rangée jusqu’à la ceinture. Elle tient entre les mains un rosaire à grains de corail et à chaînons d’or. Dans le haut, un rideau pourpre est suspendu contre une arcade en pierre grise.

La figure est d’aspect désagréable : elle semble loucher, ses traits réguliers sont insignifiants, les chairs des joues sont molles et flasques. La peinture est bien inférieure à celle du portrait de Rockox.

34g-35o. Extérieur des volets.

A gauche les armoiries de Rockox, à droite celles d’Adrienne Perez, toutes deux sur fond neutre. Dans le bas, un cartouche surmonté d’une tète d’ange et entouré d’une guirlande de fruits.

Le triptyque comme l’indique le millésime qu’il porte et la manière dont il est exécuté date de i6i3 à i6i5. Il fut peint pour être placé sur le monument funéraire que Rockox avait fait faire de son vivant dans la chapelle de la Vierge de l’église des Récollets, à Anvers, pour sa femme et pour lui-même.

Devant l’autel, une pierre sépulcrale portait l’inscription suivante : « In Christo vita. Nicolaus Rockox Eques hujus Urb. consul VI 1 1 1 Adrianæ Perez conjugi clariss. P. cum qua XXX ann. concors vixit. Decessit XXII septemb. an. MDCXIX æt. LI. Ille conjugem secutus pridie idus Decembris anno MDCXL ætatis LXXX. Bene de sua bene de postera ætate meritus. «

Le tableau fut enlevé par les commissaires de la République française, en 1794, et l'amené à Anvers en i8i5.

Gravures : (Le panneau central) V. S. 432, Jac. Schmutzer, d’après un dessin de Gianni ; 433, P. Spruyt ; 434, Anonyme ; 435, Le Villain. Non décrite : H. Delpierre (lith.).

Dans la gravure de Spruyt, St. Thomas touche les plaies du Sauveur.

La composition du n° 434 diffère notablement de celle du tableau. Le Christ montre sa plaie de la main droite, St. Thomas la touche ; un quatrième apôtre, St. Pierre, se trouve de l’autre côté du Christ.

Photographie : Anonyme.

Le portrait de Rocicox : V. S. Portraits, 274, Chataigné (pour le musée Napoléon). Non cité : F. Lauwers.

La face antérieure du triptyque a été photographiée par Jos. Maes, d’Anvers.

35i. LE CHRIST CONFIANT SES BREBIS A ST. PIERRE.

Londres. Collection de sir Richard Wallace.

Panneau. H. 1 36, L. 117.

droite du tableau, on voit le Christ, vêtu d’une draperie blanche qui laisse à découvert un des bras et un côté du buste jusqu’à la plaie ; d’une main, il montre deux brebis dont on aperçoit les têtes ; de l’autre, il remet à St. Pierre les clefs du royaume des cieux. L’apôtre en

les acceptant incline la tête et baise la main du Christ ; un manteau jaune

est jeté sur ses épaules. Derrière lui, on aperçoit trois apôtres dont les deux les plus rapprochés du Christ regardent St. Pierre, tandis que le plus éloigné dirige les yeux vers le Sauveur. Le premier des trois a les traits bouffis,

d’aspect désagréable, et est vêtu de rouge ; St. Jean, qui vient le second, se reconnait à sa douce figure de jeune homme ; le troisième a une belle tête régulière ornée d’une barbe pleine. Ce dernier, de même que le Christ, St. Pierre et St. Jean sont faits d’après les mêmes modèles qui ont posé

pour l'Incrédulité de St. Thomas (notre n° 346). La partie supérieure de la composition est occupée par un fond sombre.

Le tableau est entièrement de la main de Rubens ; il est largement traité dans un ton chaud. Le manteau rouge, qui forme un centre éclatant dans le coloris, jette ses reflets sur les mains du Christ et sur les traits de St. Pierre. La composition est d’une simplicité extrême et n’a évidemment pas coûté grand effort à Rubens.

L’œuvre date de 1616 environ. Elle fut commandée par Nicolas Damant (1), chancelier du conseil souverain de Brabant, et placée sur un petit autel, à la droite de l’entrée de la chapelle du St. Sacrement du miracle, dans l’église

(1) J. A. RoMBAUT : Het verheerlykt Brussel , 1777. P. 187.

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