‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 129 sur 249 · INTERCESSION DE LA VIERGE · texte numérisé non relu

INTERCESSION DE LA VIERGE

Gravé par EGBERT VAN PANDEREN

Pl. i32

plein d’effet. Une douce et chaude lumière d’une merveilleuse harmonie éclaire les chairs. Le Christ est entièrement celui du St. Thomas du musée d’Anvers. Le St. Pierre est frappé par une lumière plus chaude, la carnation du larron est plus brune, tous deux sont d’un ton vif. Le tableau doit dater de l’époque de l 'Incrédulité de St. Thomas , qu’il rappelle, mais auquel il est supérieur. On peut donc le placer en i6i5. Il est entièrement de la main de Rubens et provient de la galerie de Dusseldorf.

Gravures: V. S. i, Anonyme (Nie. Lauwers exc.) et Piloty (lithographie); ibis, Victor Green. Non décrite : J. L. Raab.

Photographie : Hanfstaengl.

Le palais royal de Turin (N° 40g), le musée de Brunswick et M. Hallier, architecte à Hambourg, possèdent des copies de ce tableau. Une répétition fut adjugée dans la vente Adrian Bout (La Haye, 1733), à 5go florins.

Voir planche i3i.

382. FRANÇOIS HOVIUS ET SES PARENTS COMPARAISSENT DEVANT LE TRIBUNAL DU CHRIST.

Munich. Pinacothèque, 747.

Panneau. H. 2o3, L. 148.

n ecclésiastique, François Hovius (Van Hove), est agenouillé auprès d’une table, à laquelle sont assis un homme et une femme en prières. A gauche, l’ange gardien du prêtre le soutient ; derrière lui, St. François son patron. Du côté opposé de la table, un homme et une femme âgés, probablement les parents de Hovius, joignent les mains en adorant le Christ. A côté du Sauveur, deux apôtres, St. Jean et St. Pierre. Dans le fond, un rideau vert entre une colonnade, avec vue sur le ciel. Derrière St. Pierre, quelques rayons chargés de registres.

C’est un tableau de l’école de Rubens, tout-à-fait secondaire, auquel le maître n’a pas mis la maiq. Il est même douteux qu’il ait été l’inspirateur de la composition.

L’œuvre fut faite pour être placée sur le tombeau de François Van Hove, curé de l’église Ste. Walburge, à Anvers, mort en i633, dont le monument se trouvait dans le chœur de l’église, du côté de l’Épitre.

Sur le tombeau, on lisait l’épitaphe suivante : - R. D. Franciscus Hovius S. F. L. quiescit hic qui ovibus hisce invigilans nunquam quievit laboravit annis XXXII defunctus A° Dni MDCXXXIII Idib. Decemb. suo vero LVIII. Animas ejus ut sit quies Deum roga ».

Lors du renouvellement du monument, en 1757, les fabriciens de l’église firent placer l’inscription suivante : « R. D. Francisco Hovio S. T. L. pastori hujus ecclesiæ. Renovarunt ædiles 1757. Obiit i633 ».

Il est à remarquer que François Hovius est représenté à un âge moins avancé que celui qu’il avait atteint au moment de sa mort. Il peut avoir quarante ans et ses parents ont à peine dépassé la soixantaine. Le tableau aurait donc été fait vers i6i5. Il est ordinairement désigné sous le titre du

Christ jugeant le clergé et les laïcs. Cette appellation est erronée ; ce ne sont

pas le clergé et les laïcs en général, mais un prêtre et ses parents qui comparaissent devant le tribunal du Christ.

Le tableau provient de la galerie de l’électeur de Bavière à Munich.

Mois remarqua, vers 1775, que dans le cabinet de l’électeur de Bavière

(incorporé plus tard dans la pinacothèque de Munich) se trouvait exactement

la même composition que celle de l’épitaphe de Hovius. Il émit, en conséquence, la supposition que l’original, par Rubens, se trouvait dans ce cabinet et que l’église Ste. Walburge ne possédait plus qu’une copie. A cette époque, il existait donc deux exemplaires de cette œuvre qui ne valaient pas mieux l’un que l’autre.

Parmi les auteurs qui ont décrit l’ancienne église Ste. Walburge, Mensaert est le seul qui signale l’existence de l’épitaphe de Hovius, il ne cite pas le nom de l’auteur présumé du tableau (1). Descamps, Michel et Reynolds n’en font pas mention. Certaines éditions du guide Berbie en disent simplement : « Dans le chœur à droite est un tableau, le portrait d’un curé, par ...» (2). D’autres éditions n’en parlent point. A Anvers même, on n’attribuait donc point le tableau à Rubens

Gravure: Non décrite, J. Piloty, lithographie.

(1) G. P. MENSAERT : Le Peintre amateur et curieux. I, 231. Bruxelles, 1763.

(2) Description des principaux ouvrages de Peinture et Sculpture actuellement existans dans les Eglises, couvens et lieux publics de la ville d Anvers. Anvers, chez Gérard Berbie (Edition française 1768, édition flamande 1765).

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