‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 216 sur 249 · LE MARTYRE DE SAINT LAURENT · texte numérisé non relu

LE MARTYRE DE SAINT LAURENT

Munich. Pinacothèque, 726.

Panneau. H. 244, L. 174.

ur un gril que supportent des chenets élevés, le saint est renversé par deux bourreaux, dont l’un le pousse dans la poitrine et l’autre le tire par les épaules. Un troisième bourreau, accroupi, nourrit le feu en y versant un panier de charbons de bois. Des soldats romains ayant à leur tête un officier à cheval assistent au martyre, ainsi qu’un prêtre paien et un

(1) Catalogue du Muse'e de Bordeaux et Introduction. i856.

licteur. Dans le fond, une statue assise de Jupiter ; dans le haut, un angeapportant la couronne et la palme. Le saint nu a la peau lisse et blanche ; le bourreau accroupi, dont le torse et les jambes sont également nus, a la peau plus brune. L’expression du martyr indique la souffrance et la résignation. La fumée répand son obscurité sur les figures secondaires, qui sont en partie éclairées par les ardeurs des flammes.

C’est une œuvre secondaire exécutée, vers 1620, par des élèves et retouchée par le maitre. La figure de St. Laurent et celle du bourreau qui nourrit le feu sont repeintes par Rubens.

Ce sujet, comme la plupart de ceux où Rubens chercha des effets de ’ lumière artificielle, a également été traité par Adam Elsheimer. Tels sont encore : la Fuite en Egypte, la Vieille attisant le feu et Vénus dans la forge de Vulcain. Cependant la composition du Martyre de St. Laurent par le peintre allemand (Munich, i3g3 ; Londres, National gallery, 1014) est toute différente de celle de Rubens.

Le tableau provient de l’église de Notre-Dame de la Chapelle, à Bruxelles, où il était placé sur l’autel, à droite du chœur en entrant. Mois, dans ses notes manuscrites, dit que Guillaume de Neubourg, Électeur palatin, avait fait de grandes, mais vaines instances auprès de Mgr. l’archevêque de Malines, Humbertus a Precipiano (1690-1711), pour qu’il permit de le vendre ; après la mort du prélat, les grands vicaires consentirent. Le tableau fut payé 4000 écus de Brabant et transporté à Dusseldorf ; de là, il passa à Munich.

Jan Vos a fait une pièce de vers sur ce tableau, mais n’en a probablement vu que la gravure (1).

Dans la collection Crozat fut vendu un dessin du St. Laurent gravé par Vorsterman, avec 9 autres pièces, à 3i livres.

Le Musée de Gotha, n° 91 (Toile. H. 5g, L. 48), possède une copie de ce tableau.

Gravures : V . S. 100, Luc Vorsterman, 1621 (Dédicace: Pietate Reverendo, Virtute spectabili, Eruditione Clarissimo, D. Laurentio Beyerlinck sacræ Theologiæ Licent. Ecclesiæ Collegiatæ Antverp. D. Mariæ Virginis Canonico et Archipresbytero ob egregias ingenii eloquiique dotes cum primis sibi caro, Petrus Paulus Rubenius, cognominis divi sacram istam ustulationem, ex toto adfectu benivolenter inscribebat) ; 101, C. Galle ; 102, C. Galle ; io3, Anonyme (Chereau exc.) planche cintrée ; 104, Anonyme (Joannes Meyssens exc.) ; io5,

(1) JAN VOS: Gedichten. I, 357.

P. J. Tassaert (peut-être le Martyre de St. Etienne ) ; 106, Anonyme (J. Meyssens exc.) avec cinq personnages seulement ; 107, Jos. van Loo.

La collection des estampes du musée d’Amsterdam possède une épreuve de la gravure de Vorsterman avant l’inscription ; celle-ci et un morceau de la chaîne pendue à la ceinture du saint sont ajoutés à l’encre. Le cabinet de Bruxelles possède de la planche de Vorsterman une copie non décrite faite par le graveur lui-même et une petite copie de la planche n° io5, publiée par J. Meyssens.

Voir planche i58.

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