‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 3 sur 249 · LE CHRIST INSTRUISANT NICODÈME · texte numérisé non relu

LE CHRIST INSTRUISANT NICODÈME

Bruxelles. Collection de Madame van Parys.

Panneau. H. 112, L. 82.

e Christ vêtu d’un manteau rouge et d’un habit violet se trouve à gauche ; il lève une main et étend l’autre comme un homme cherchant à convaincre un auditeur. A côté de lui, deux apôtres, St. Jean et St. Pierre ; ce dernier porte la main à la barbe d’un air attentif. En face du Christ se trouve Nicodème, une main sur la poitrine, la seconde étendue avec un geste d’étonnement, la tête couverte d’une draperie comme les prêtres juifs en portent dans les tableaux de Rubens. Derrière lui se montrent deux

( 1 ) SMITH : Catalogue raisonné. IX, 233.

(2) Catalogue de Douai. Préface, p. XVII.

têtes d’apôtres. Dans le fond, on voit une colonne. La scène est éclairée par une lampe antique suspendue au plafond, qui jette sa lueur rousse sur Nicodème. Les autres personnages sont éclairés par la lumière du jour. Le fond du tableau est sombre.

Les carnations sont remarquables par leur éclat, les couleurs des draperies sont peu nuancées, la figure de Nicodème est admirable par la manière habile dont les reflets de la lumière de la lampe sont rendus.

C’est bien une œuvre de Rubens, peinte entièrement de sa main ; cependant elle présente des particularités qui la distinguent assez nettement des travaux ordinaires du maître. Les tons pleins, énergiquement juxtaposés, les faces très allongées du Christ et de St. Pierre, le manque de distinction dans les têtes, l’éclairage simultané par la lumière naturelle et par la lumière artificielle, sont autant de traits caractéristiques exceptionnels chez Rubens et plus fréquents dans l’œuvre de Jordaens et dans certains tableaux attribués à Adam van Noort. Cela nous conduit tout naturellement à l’hypothèse que le présent tableau daterait d’avant le départ du maître pour l’Italie.

Il faisait partie de la collection de P. De Doncker lorsque, au siècle dernier, Krafft le grava.

Gravure: V. S. i3g, J. L. Krafft.

Le bon Samaritain.

Dans la vente de la collection de Lord Rendlesham, en 1806, on vendit 189 livres sterling un tableau de chevalet, attribué à Rubens, représentant la parabole du bon Samaritain.

Le Christ rend la vue à l’aveugle.

Dans la vente du cabinet de Mad. Wellens-Geelhand (Anvers, 1810) parut un paysage, attribué à Rubens et Van Uden, dans lequel était figuré le Sauveur suivi de quelques disciples et rendant la vue à l’aveugle. Panneau H. 9 1/2 pouces, L. 8 pouces.

Le Christ guérit le paralytique.

Dans la vente Martin Robyns (Bruxelles, 1758), on adjugea pour une somme de 3700 florins, un tableau, attribué à Rubens, représentant le Christ

guérissant le paralytique. Le tableau mesurait 4 pieds 2 pouces en hauteur et 5 pieds 2 pouces en largeur.

Décollation de St. Jean-Baptiste.

Un des volets du triptyque de l’église St. Jean, à Malines. (Voir n° 164). 23g. DÉCOLLATION DE ST. JEAN-BAPTISTE.

a galerie du duc de Richelieu a possédé un exemplaire de la même composition que la Décollation de St. Jean-Baptiste représentée sur un des volets du triptyque de l’église St. Jean, à Malines. On y voit le bourreau qui d’une main tient la tête, de l’autre son glaive et met le pied sur le cadavre gisant à terre. Salomé porte le plat ; une vieille femme, la torche. Dans le fond, il y a des soldats. Le tableau mesurait 6 pieds 6 pouces de haut et 5 pieds 6 pouces de large. De Piles le décrit, dans son Cabinet de Monseigneur le Duc de Richelieu (1). Il disparut lors du remaniement de la galerie (2).

Il existe une gravure de cette composition, sans les soldats dans le fond.

Gravure: V. S. 160 et 16g, Pierre de Jode (dans un ovale).

Il existe encore une gravure d’une composition attribuée à Rubens, représentant le même sujet. Au milieu, le bourreau tient la tête de St. Jean dont le cadavre git par terre ; à gauche, une princesse orientale suivie de ses femmes; à droite, le groupe des spectateurs du Cyrus et Thomyris, de Rubens: l’homme au turban, celui au bonnet hongrois et les soldats. Cet amalgame ridicule, datant du XVIIIe siècle, porte les indications « P.-Paulus Rubens pinxit. Hecquet sculp. Paris, chez Hecquet, place Cambray, à St. Maur.

Gravure: V. S. 161, Hecquet.

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