ECCE HOMO
Gravé par CORN. GALLE.
Pl. g5
A côté de lui, se trouve un bourreau à la peau brune, dont tout le corps se soulève en lançant la corde. Le contraste entre ce colosse brutal et la douce et intelligente figure du Christ, est frappant.
Le tableau est travaillé avec soin. Le coloris est un peu mat, même un peu pâle et mou, dans certaines parties du Christ. Dans son ensemble, il n’a ni la transparence ni le brillant d’une œuvre de la main du maître ; mais la majeure partie des carnations sont peintes ou repeintes par Rubens. Il est probable que les nettoyages lui ont fait perdre de son éclat.
Il faisait partie d’une suite de quinze peintures représentant les mystères du Rosaire. Cette série occupe encore sa place, dans le bas côté de l’église. L’œuvre originale de Rubens a été transférée près de l’autel, au bout de la nef, et remplacée par une copie.
Les volets qui la couvrent d’ordinaire portent l’inscription suivante : « Hanc vividam flagellati Salvatoris nostri Jesu Christi imaginem, exquisitissima arte depictam, ecclesiæ Sli Pauli dicavit P. -P. Rubens. Anno MDCXVII. »
D’après une note recueillie par Mois (5y3o. P. 48), le prix payé à Rubens pour le tableau était de i5o florins. Il fut enlevé par les commissaires de la république française en 1794 et ramené à Anvers en i8i5.
Dans les catalogues du musée de Bruxelles de l’année 1811 et 1814 figure « la Flagellation , esquisse du tableau qui sous le n° 5oi orne le musée de Paris. » Le catalogue de 1806 et ceux qui sont postérieurs à 1814 ne le mentionnent pas.
Une copie de la Flagellation (H. 235, L. 172) fut enlevée de l’hospice des incurables, à Liège, par les commissaires de la république française, en 1794. Elle fut donnée, en 1802, au musée de Marseille, où elle se trouve encore sous le n° 402. Aux archives du Louvre, elle portait la désignation : « Rubens : (d’après) la Flagellation , Cologne - (1).
Gravures : V. S. 246, Paul Pontius ; 246, F. Langot ; Non décrit : Anonyme (F. van Wyn exc.) ; Anonyme (Gaspar Huberti exc.).
La gravure de Pontius est plus en largeur que le tableau. Dans ce dernier, le bourreau à la corde touche le cadre ; dans la gravure, il est assez éloigné du bord ; dans le tableau, son coude et son talon sont en droite ligne, l’un sous l’autre ; dans la gravure, la jambe se trouve notablement en arrière. La tête du même personnage diffère également dans les deux œuvres : dans la gravure elle est vue de profil, dans le tableau au tiers seulement. Les autres têtes présentent également des différences. Dans le tableau, le nègre à droite
(1) Ch. PlOT : Rapport sur les tableaux enlevés en 1794. Pp. 48, 3 37, 347.
est coupé par le milieu ; dans la gravure, on le voit en entier. Du chien, que l’on voit complètement dans la gravure, on n’aperçoit, dans le tableau, que la tête et les pattes de devant. A première vue, on serait tenté de croire que le tableau a été rétréci dans le sens de la largeur, mais en se rappelant qu’il faisait partie d’une suite de peintures de dimensions égales à celles qu’il a encore, on doit conclure que le graveur a travaillé d’après un dessin ou une esquisse différant du tableau. Les autres gravures sont des copies de celle de Pontius. Une lithographie anonyme reproduit exactement le tableau.
Matthieu Borrekens a gravé, d’après un dessin de Pierre Van Lint, une immense gravure dans laquelle la Flagellation de Rubens, telle que Pontius l’a gravée, occupe la partie centrale et principale. Le dessinateur y a ajouté, à droite, la figure du guerrier au bonnet de fourrure que l’on voit au premier plan dans le Cyrus et Thomiris gravé par Pontius. Les autres figures sont plus espacées. La scène se passe dans une galerie ouverte ; dans le fond, on découvre de superbes bâtiments (V. S. 261.).
Le même graveur a encore reproduit la figure du Christ de la Flagellation en grandes dimensions. L’estampe porte les inscriptions « Petrus-Paulus Rubens inventor. Erasmus Quellinus delineavit. » Dans cette estampe le Christ a le corps couvert de blessures, les chairs sont déchirées et la peau pend en lambeaux sur tous les membres. Du dos, des bras et des jambes le sang coule en grosses gouttes. La figure est hideuse à voir. Cette transformation de l’homme des douleurs est due à Erasme Quellin (V. S. 244).
Voorhelm Schneevoogt (247) attribue à Rubens une autre Flagellation gravée par E. van Panderen. La planche ne portant pas de nom de peintre, l’attribution semble hasardée.
Voir planche g3.