LA FLAGELLATION
Anvers. Église St. Paul. (Ancienne église des Dominicains).
Panneau. H. 219, L. 161.
a scène se passe dans une prison dont les murs lourds et sombres forment le fond du tableau. Le Christ entièrement nu, à l’exception d’une étoffe blanche autour des reins, est attaché à la colonne, le dos tourné vers le spectateur. Il nous montre son visage de profil. Son dos est rayé par les coups de verges et des traces sanglantes tachent sa blanche peau. Il courbe le buste comme accablé sous le poids de la souffrance.
A gauche, se tient un bourreau de stature herculéenne, le buste rejeté en arrière, levant la corde à nœuds, d’un geste violent, avec une expression sauvage. Un linge d’un vert noirâtre entoure le milieu de son corps.
A droite, un nègre sort du cadre. Il pose le pied sur le pli de la jambe du Christ cherchant un point d’appui pour donner plus de force à ses coups. Une férocité de tigre est empreinte sur sa figure grimaçante, pendant qu’il lève le paquet de verges prêt à frapper.
A côté de lui, un soldat, également armé de verges et retirant d’une main le linge qui entoure les reins du Sauveur, est légèremement indiqué. Dans le fond, on aperçoit un spectateur raillant qui, de la main, protège ses yeux contre les rayons du soleil. Dans le coin, à droite, un chien dont on ne voit que la tète et les pattes de devant.
L’ensemble de la composition, quoique ne comptant qu’un nombre restreint de personnages, est fort mouvementé et admirablement disposé. Le corps du Christ frappe vivement par sa blancheur éclatante. Sa chair est si délicate et si pure qu’on se sent ému de compassion en la voyant mutiler si cruellement.