‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 42 sur 249 · ECCE HOMO · texte numérisé non relu

ECCE HOMO

St. Pétersbourg. Académie des Beaux-Arts, Galerie Kuselewich, 270.

Panneau. H. i5o, L. 100 environ.

rois figures à mi-corps. Le Christ, vu de face, jusque près des genoux se trouve au milieu. Son buste est nu ; autour des reins, il porte un linge. Ses mains sont liées derrière le dos et tiennent un roseau brisé. A droite, un soldat coiffé d’un casque soulève la draperie rouge qui couvrait le corps du Sauveur et montre les traces dont les coups de verges ont rayé son beau corps. A droite, un homme à figure vénérable, tête nue, les

cheveux bouclés, drapé dans un ample morceau d’étoffe rouge, montre le Christ et semble prononcer les mots : « Ecce Homo ! »

Une construction, formant un des côtés d’une porte ouverte, se distingue dans le fond. Le Christ et les deux figures ont des statures athlétiques. Les chairs très claires et le tissu blanc autour des reins du Christ, ressortent sur des ombres d’un brun foncé.

Le tableau est de la main de Rubens et date incontestablement de son séjour en Italie. L’influence du Caravage est très visible.

D’après une communication de M. Braghirolli, l’inventaire des tableaux de la famille Gonzaga, à Mantoue, fait en 1627, mentionne un Ecce Homo de Pier Paolo Liammingo. C’est très probablement le présent tableau. Rubens dut en emporter une esquisse ou un dessin qu’il fit graver à Anvers par Corneille Galle, à moins que ce graveur n’ait fait le dessin en Italie.

Mariette a vu le tableau dans la collection de M. de Julienne, au siècle dernier (1).

D’après H. Hymans, Rubens s’est souvenu d’une œuvre de Cigoli, actuellement au palais Pitti, n° 90. La planche date selon lui de i6i5 au plus tôt (2).

Le musée d’Amsterdam (485) et celui de Schleissheim renferment chacun une copie de ce tableau. Suivant Mois, la collection des princes d’Orange, au château du Loo, possédait, au siècle dernier, un tableau représentant la même composition (3).

Gravures: V. S. 2Ôo, C. Galle (Dédicace: Nobili viro D. Paulo Halmalio, Senatori Antverpiensi, Artis sculptoriæ cultori et patrono, Theod. Galleus D. D.); 2Ôi, Johannes Schmidt; 2Ô2, Anonyme; 253, Anonyme (Nie. Lauwers exc.).

Le cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale de Paris possède une épreuve de la gravure de Corneille Galle retouchée par Rubens.

Voir planche g5.

Ecce Homo

A la demande de l’empereur Rodolphe II, le duc Vincent de Gonzague fit exécuter par Rubens la copie de deux tableaux du Corrège de la galerie

(1) Abecedario. V, 85.

(2) H. Hymans : Op. cit. p. 45.

(3) Mols : Manuscrit 5735, p. 545 .

Page 1