‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 62 sur 249 · RECOMMANDANT SA MÈRE A ST. JEAN · texte numérisé non relu

RECOMMANDANT SA MÈRE A ST. JEAN

Gravé par JACOB NEEFFS.

Pl. io3.

un « représentant la mort de Jésus-Christ à la croix, » mais le nom du peintre n’est pas mentionné (i).

Le 28 avril 1618, Rubens offrit à Sir Dudley Carleton, en échange de marbres antiques, plusieurs tableaux dont il lui envoya la liste et parmi lesquels se trouvait un Crucifix, de grandeur naturelle, qu’il appelait « la meilleure pièce que jamais peut-être il eût faite. » Le tableau était estimé par son auteur à 5oo florins, il était haut de 12 et large de 6 pieds (2).

Le 7 mai suivant, Sir Dudley Carleton écrivit à Rubens : « Je trouve que le Crucifix est trop haut pour ces bâtiments peu élevés, de même que ceux de l’Angleterre, et, au lieu de ce morceau, je prendrai, si vous le voulez, le St. Sébastien » (3). Ce St. Sébastien était un autre tableau inscrit sur la liste fournie par Rubens.

Le titre donné par le peintre ne permet pas de décider si une ou plusieurs figures y étaient représentées. La grandeur du tableau était énorme, puisqu’il mesurait 4 mètres en hauteur et deux en largeur. Comme ce sont là identiquement les dimensions du Christ en Croix qui ornait jadis le réfectoire de l’abbaye de Tongerloo, il est assez probable que ce dernier est le tableau offert en vente à Sir Dudley Carleton.

La vente, dans laquelle Mathieu Anthonissen l’acquit, pourrait bien être celle du duc de Buckingham, qui eut lieu à Anvers en 1648.

Gravures : V. S. 2gS, Pontius, i63i ; 296, Anonyme ; 297, Anonyme (to be sold London by Thomas Booth) ; 298, Ragot ; 299, Anonyme (Moncornet exc.) ; 3oo, Anonyme (C. Galle exc.) ; 3oi, Langot. Non décrit: Anonyme (P. Landry exc.). Cette dernière est une très grande estampe où le sujet est entouré d’une guirlande de laurier et de chêne.

La gravure de Pontius est mentionnée dans la lettre que Rubens écrivit à Peiresc, le 3i mai i635. Rubens prétend à tort que l’estampe est datée de i632 et non de i63i. Il affirme qu’il l’a retouchée plus d’une fois de sa propre main (4). Le cabinet des estampes de la bibliothèque nationale de

(1) PlOT : Rapport. P. 228.

(2) Fiorini 5oo. Crucifisso grande al pari del naturale stimato forse la meglio cosa chio facessi giamai. (W. HOOKHAM-CARPENTER : Op. cit. 172.)

(3) Havendo dapoi considerato piu maturamente erano (au lieu de erano il faut probablement lire trovo) ch'il crucifisso è troppo grande per queste fabriche basse et quelle ancora d’Inghilterra. et in luogo di quelle accettaro (se cosi le piace) il S. Sébastian. (Ibid. 174.)

(4) E pero notorio a tutto il mondo chio mi trovaij l’anno 1 63 1 in Ingliterra et chera impossibile di far questo intaglio in absenza mia essendo stato ritocho (corne s’usa sempre,)

Paris possède une des épreuves retouchées par Rubens. Il y a indiqué de sa main l’inscription : Clamans voce magna Jésus ait Pater in manus tuas. Lucœ cap. XXIII. Cette gravure reproduit, dans le même sens, le dessin du musée de Rotterdam, en conservant ses dimensions. Seulement, la gravure a été un peu élargie sur le côté droit.

Si l’annotation utilisée par Voorhelm-Schneevoogt reposait sur une erreur et que le Christ au coup de poing n’avait pas existé à l’abbaye de Tongerloo, nous admettrions volontiers que le dessin du musée de Rotterdam a été fait par Rubens pour être gravé et ne reproduit aucune peinture du maitre.

Voir planche 102.

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