LA DESCENTE DE CROIX
St. Pétersbourg. Ermitage, 546.
Toile. H. 298, L. 202.
rois échelles sont plantées contre l’arbre de la croix. Sur celle de gauche est monté Nicodème, un homme d’aspect vénérable, à cheveux et barbe noirs, vêtu d’une robe sombre, ayant le linceul suspendu autour du cou. Sur les deux autres se tiennent St. Jean, vêtu d’une robe rouge, et Joseph d’Arimathie, portant un riche habit, or et blanc, dont un pan lui couvre la tête. Le Christ, entièrement détaché de la croix, est soutenu par tous les personnages du tableau et descend en ligne à peu près verticale, la tête retombant sur l’épaule gauche. Joseph d’Arimathie se penche fortement en avant et retient le corps du Sauveur par l’épaule ; St. Jean
le soutient dans le dos ; le bras droit du Sauveur repose sur l’épaule de
Nicodème. Marie, debout à gauche, est vêtue de violet pâle et de noir, et de ses bras entoure son fils. Madeleine, agenouillée sur le devant et tenant des deux mains le bras pendant du Christ, est vêtue d’une robe couleur lie
de vin à reflets et d’une écharpe bleue.
Il règne une grande unité dans la composition ; les personnages ont une affinité très prononcée avec ceux de la Descente de Croix de la cathédrale d’Anvers. Le coloris est riche et éclatant, la lumière chaude. La pose de la figure du Christ est raide et désagréable ; celle des autres personnages est
excellente. Après la Descente de Croix d’Anvers, celle-ci est la plus belle. Elle
rappelle cette dernière d’une manière frappante, non seulement par les traits des personnages, mais encore par le coloris.
Le Christ est entièrement de la main de Rubens, de même que la tête de la Vierge et le linceul. Les autres parties principales sont largement retouchées par lui. Le travail préparatoire est d’un excellent élève dont le coloris harmonise admirablement avec celui du maitre.
Le tableau date de i6i3 ou 1614.
Il fut fait pour l’église des Capucins, à Lierre, dont il orna l’autel à
droite du chœur (1). Il fut caché par les religieux lors de l’invasion des
troupes de la République française (2). Plus tard, il appartint à l’impératrice
(1) Michel: Op. cit. 164.
(2) SMIT (en VAN GRIMBERGEN) : Historische levensbeschrijving van P. -P. Rubens. P. 443.
Joséphine et fit partie du musée de la Malmaison. Il fut acquis par l’empereur de Russie, en 1814.
Photographie : A. Braun.