‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 3)Chapitre 99 sur 249 · Revers des volets · texte numérisé non relu

Revers des volets

Sur le revers de chaque volet, il y a un ange, debout la main à l’anneau d’une porte, comme s’il était prêt à l’ouvrir. Ce sont deux très gracieuses figures entières, à grandes ailes repliées, peintes en grisaille.

33g. PORTRAIT DE JEAN MORETUS.

ans un cadre ovale, au-dessus du panneau central, deux anges sculptés tiennent le portrait peint de Jean Moretus. Cette peinture, largement traitée, est le travail d’un élève, retouché par Rubens. On prétend sans raison que c’est une copie faite par Guillaume Herreyns, d’après le portrait que possède le musée Plantin-Moretus. L’œuvre est originale, elle n’a pas été transportée à Paris, et doit donc avoir été conservée à Anvers, de 1794 à 1819. Lorsqu’en 1887 les tableaux du monument de Jean Moretus furent restaurés, nous avons eu l’occasion de voir le portrait hors de son cadre et nous avons pu nous convaincre de l’exactitude des faits que nous avançons.

L’encadrement en marbre date de 181g, l’ancien monument ayant été détruit sous la République française ; l’inscription également renouvelée reproduit l’épigraphe ancienne consacrée à Jean Moretus et à Martine Plantin. O11 y a ajouté les mots suivants : « Priori cœnotapho sæculo elapso destructo optimo progenitori liberi et nepotes nobis Dni Francisci Joannis Moreti ejusque sororis nobis Dnæ Mariæ Petronellæ Moretus conjugis nobis Dni Arnoldi Francisci Josephi Baronis de Prêt novum erexerunt anno MDCCCXIX. »

Le tableau fut fait par Rubens, à la demande de la veuve de Jean Moretus, pour orner la tombe de ce dernier qui mourut le 22 septembre 1610, de sa femme Martine Plantin et de leurs descendants. Le monument funéraire fut construit dans la seconde chapelle à droite du pourtour du chœur de la cathédrale d’Anvers, où il se trouve encore. Les peintures du triptyque furent payés 600 florins, comme l’atteste la quittance délivrée par Rubens à Balthasar Moretus, fils de Jean, dont voici la traduction:

« Je soussigné reconnais avoir reçu de Sr Balthasar Moretus la somme de six cents florins, en paiement de l’épitaphe de feu son père peint par moi. En foi de quoi, j’ai écrit et signé de ma main cette quittance, ce 27 avril 1612.

Petro Pauolo Rubens ».

Ce document, reproduit ici, est conservé au musée Plantin-Moretus.

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Une lettre écrite par Balthasar Moretus à Jean Bleuwart, le 16 novembre 1617, constate que dans cette somme n’était pas compris le panneau qui fut payé à part au sculpteur Otmar Van Ommen le père (1). Ce dernier artiste exécuta aussi l’encadrement du tableau qui était fort riche. Il se fit aider par un confrère qui exécuta les figures de génies.

D'après le compte de Van Ommen, il y avait sous le triptyque un vase, figurant probablement une urne tombale, longue de neuf pieds. Entre cette urne et le tableau, on voyait deux grands cartouches. A droite et à gauche du tableau se trouvaient un pilastre sculpté et un feston. Les volets étaient ornés de sculptures. Au-dessus régnait une frise sur laquelle on voyait un grand vase. Il y avait là en outre deux guirlandes qui se réunissaient en un feston pendant ; deux lampes, deux cartouches sous la frise, deux petits génies, deux vases surmontés de lampes et deux dauphins. De chaque côté se trouvait une grande conque. Pour tout le travail et le bois, le sculpteur portait en compte io58 florins et 10 sous. Balthasar Moretus tomba d’accord avec lui pour réduire

(1) Nos vero pro imagine, quam optimo parenti posuimus sexcentos florenos persolvimus : pro imagine inquam sola : nam tabulæ ligneæ pretium alius accepit, qui parerga adornavit, et haud vilem operæ suæ mercedem exegit. (Archives du musée Plantin-Moretus. Lettres latines 1 6 1 5 à 1620. P. 1 5q.)

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