LE CHRIST A TABLE AVEC LES DISCIPLES D’ÉMAUS
Gravé par J WITDOECK.
cette somme à 860 florins (1). Il eut en outre à payer 270 florins au doreur, 82 florins au forgeron, 25 florins 12 sous pour la plaque de cuivre, 55 florins pour la gravure de l’inscription et 4 florins i5 sous pour la fonte des lettres : Christo resurgenti sacrum. Toutes ces sommes et quelques autres menues dépenses formèrent un total de 2000 florins (2).
(1) Rekeninghe voor mijn heere Mordus van die sulpulture, die ick voor hem gemackt ende gestelt hebbe ende met al die siraten daer toe gedan al soo hier na volcht :
Inden eersten ghesneden 2 groote vlughels an het stuk verdint een hondert ghuldens
compt. ............... 200 ghl.
Noch ghesneden die groote vasse lanck wessende 9 voeten daeran verdint 36 ghl. compt. 36 »
Noch ghesneden die 2 festonnen met een hangende feston sammen verdint 72 ghl. compt. 72 »
Noch ghemackt den grooten pot boven op het warck, daeran verdint i5 ghl. compt. i5 »
Noch ghemackt 2 lampen an het stuck verdint 2 ghl compt. .... 4 »
Noch ghesneden die siraten in die frisse daeran verdint 8 ghl. compt. ... 8 »
Noch ghesneden die 2 kortoessen onder die frisse an het stuck verdint 2 ghl.
10 stuij. compt. ............. 5 »
Noch ghesneden 2 groote kortoessen onder tussen die groote vasse an het stuck
verdint 3 ghl. 10 stuij. compt. ......... 7 »
Noch ghesneden 2 siraten op die pillasters an het stock verdint 3 ghl. compt. . 6 »
Noch ghemaeckt 2 krollen op die pillasters an het stuck verdint eennen gulden compt. 2 »
Noch ghesneden 2 kinderkens an het stuck verdint 3o ghl., compt. . . . 60 »
Noch ghesneden die groote schulp van beijde sijden schoon compt. . . . 16 »
Noch ghesneden die vassen daer die lampen opstaen met die 2 dolhjnnen sammen
verdint 18 ghl., compt. ........... r8 »
Noch van hout dat ick tôt het warck gelevert hebbe met allen die dachhurren die het mij ghekost hebben te weeten het schrijnwarck ende voor mijnnen soon ende hooftsweer ende arrebeijt die ick ghehadt hebbe samen ten nausten overslagen sees hondert guldens. Somma bedracht tien hondert ende negenveertich ghulden.
Geaccordeert in de presentie van mon frere Théodore Galle tôt fl. 85o (Note de B. Moretus).
Noch hebbe ick verschoten om het warck tôt diversche reijssen tôt den beldesnijder te brenghen ende wederom te hallen ende om dat gheheel warck in die karcke te brenghen, samen an die arrebeijders gegeven. ...... 3 »
Noch verschoten an die duerren ende pinneelen te witten ende te prumuren tôt
2 reijssen toe ............. 4 io
Noch hebbe ick gegeven an den tummerman Haijnderick Verplanken ... 2 »
( Archives du musée Plantin-Moretus. Papiers de famille, 1606-1623. P. 227.)
(2) Despens de l’Epitaphe de feu mon père que Dieu aye en sa gloire.
A Petro Paulo Rubens pour la paincture ....... fl. 600 s.
A Otmaer van Ommen pour l'ouvrage du bois 860 »
Le monument primitif fat vendu en 1798 par les commissaires de la République française et adjugé au prix de 6 florins à un certain Truyhoven. Le tableau avait été réservé. Il fut envoyé à Paris et restitué en i8i5. La famille Moretus et le curé de la cathédrale le réclamèrent à la fois. Il fut rendu à la famille Moretus, à la charge de le faire restaurer et de le remettre aux marguilliers de la cathédrale d’Anvers pour y être conservé à perpétuité (1).
Gravures: V. S. 398, S. A. Bolswert ; 399 et 400, C. H. Hodges ; 401, Anonyme (Paris, E. Charpentier, planche cintrée) ; 402, Anonyme (J. C. Visscher exc.) ; 403, Anonyme (Mariette exc.) ; 404, Math. Küsell ; 405, Herman Weyen ; 406, Anonyme (planche cintrée).
La planche publiée par J. C. Visscher est en largeur. Un grand espace, rempli par un rocher contre lequel on voit des tètes d’anges, est laissé entre le Christ et les soldats qui se trouvent à gauche. C’est encore une de ces amplifications absurdes d’une œuvre de Rubens, comme il s’en est produit beaucoup en Hollande.
A David Remeeus pour dorer l'épitaphe de feu monpère ....
A Jan Tielemans pour le plomb délivré .......
A Hendrick Verplancken pour les estallages. ......
A Christoffel Merckx pour le fer et serrures. ......
A Hans van Eyck steenhouder pour son travail de cinq journées et demi . Aux compagnons qui ont travaillé pour drinckgeldt . . . . .
A Otmar van Ommen pour ce qu'il avoit déboursé aux travailleurs etc. Pour la voile pendue en l’église durant l’ouvrage du Épitaphe .
A Pauwels van Laer pour la planche de cuivre de 36 1/2 Tb de poix A Hendrick pour nettoyer la planche ........
A Jan Bruydegom pour graver les lettres de l’inscription de l’Épitaphe A Peeter van Dyck voor ses vysen en coperdraet. .
A Fourmenaux pour les lettres fondues en cuivre : CHRISTO RESURGENTI SACRUM
Depuis encore payé à David Remeeus pour dorure de l’inscription et de la liste et des piédelampes .........
Item drinckgeld aulx serviteurs et bancquet aux maistres d’ouvrage .
fl,
fl,
fl.
fl. 2000
(Ibid. P. 236)
(1) SMIT et VAN Grimbergen : Historische levensbeschrijving van P. -P. Rubens. P. 4 1 3 . — CH. PlOT : Rapports. Pp. 401, 416.
Dans la collection Malcomb, à Londres, se trouve un dessin de la Résurrection par Rubens.
La Résurrection du Christ.
Sujet d’un des plafonds de l’église des Jésuites, à Anvers (Voir notre n° 12).
La Résurrection du Christ.
Prédelle de l’ Adoration des Rois à l’église St. Jean, à Malines (Voir n° 169).
Dans la collection du roi d’Angleterre, Jacques II, se trouvait : une Résurrection avec onze figures qui entourent le sépulcre (1) par Rubens.
34o. L’APPARITION DES ANGES AUX SAINTES FEMMES, PRÈS DU TOMBEAU DU CHRIST.
Vienne. Galerie du comte Czernin.
Panneau. H. 112, L. j 46 .
eux anges de grande taille, enveloppés de larges draperies, sont debout sur la pierre du sépulcre du Christ, au milieu des rayons qui jaillissent de leurs têtes et de tout leur corps, et parlent aux saintes femmes qui viennent visiter le tombeau. L’un des deux leur annonce la résurrection du Christ. Son compagnon leur montre le ciel.
De l’autre côté se tiennent six femmes, dont la première soulève le voile qui lui couvrait la tête, afin de mieux voir les anges ; la seconde, drapée comme une statue antique, cache une main sous sa draperie et appuie le menton sur l’autre. De la troisième femme, une vieille, on ne voit que la tête. La quatrième se penche avec un mouvement de curiosité ; la cinquième est vue de dos ; la sixième essuie ses larmes. Le fond est formé par une construction massive et par une paroi de rocher.
(1) A catalogue of the collection of pictur es belonging to King James the second. London 1758. P. 66, N° 744.
Étant donnés le nom du graveur et la manière dont la composition est dessinée on peut assigner à ce tableau la date de 1620 environ.
Gravures : V. S. 412, Luc. Vorsterman (Dédicace : Lectissimis Matronis, D. Mariæ Nerot, D. Lodoici Clarisse, Senatoris Antverp conjugi : nec non D. Magdalenæ De Schotte, D. Rogerii Clarisse, L. Fr. Urbi ab Eleesymonis, conjugi, Cognomines Divas, observantiæ testand. ergo offerebat Lucas Vorsterman); 413, Gio. Merlo (sans les paroles gravées dans la planche) ; 414, Anonyme.
Le graveur a inscrit près de la bouche du premier des anges : « Nolite timere vos : scio enim quod Jesum qui crucifixus est quœritis. Non est hic : surrexit enim sicut dixit et videte locum ubi positus erat Dominas. »
Photographie : J. Lôwy.
Lavice appelle l’œuvre de la galerie Czernin, que nous n’avons pas vue : un « beau tableau, encore très frais. « Waagen hésite à admettre l’attribution à Rubens. « Quoique ce soit, dit-il, une peinture saisissante, dramatique dans ses motifs, délicate de sentiment, chaude mais modérée dans les couleurs, je ne saurais la regarder comme une œuvre de Rubens. Les tailles élancées, le goût archaïque dans les plis des draperies font songer à un élève. » (1)
A en juger d’après la gravure de Vorsterman, l’œuvre de Rubens présente bien les caractères critiqués par Waagen et néanmoins, il est évident que cette estampe fut faite d’après un tableau original de Rubens. Les défauts, si défauts il y a, proviennent donc bien du maître et ne nuisent pas à l’authenticité du tableau.
Une copie de ce tableau très délicatement faite se trouve au musée de Dunkerque (n° 9). Elle est attribuée à Breugel ; elle n’est pas de lui, mais d’un autre contemporain de Rubens. A travers l’ouverture du sépulcre, on voit la ville de Jérusalem.
Voir planche 116.