‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 3 sur 284 · SOPHOCLE · texte numérisé non relu

SOPHOCLE

Gravé par PAUL PONTIUS.

Pl. 348

il doit céder le pas à la collection Albertine de Vienne, où les dessins ne sont pas moins nombreux et sont en moyenne de qualité supérieure. Cette collection fut formée par le duc Albert de Saxe-Teschen, fils du roi Auguste III de Pologne et époux de l’archiduchesse Christine, fille de l’empereur François I et de Marie-Thérèse. Le duc Albert résida longtemps à Bruxelles avec sa femme qui fut gouvernante général des Pays-Bas sous Marie-Thérèse et sous Joseph II. Ce fut fort probablement à cette époque qu’il mit la main sur un trésor de dessins, transmis par héritage dans une famille alliée au peintre.

Plusieurs pièces de l’Abertine portent le nom du personnage inscrit, à la pierre noire, au-dessus de son portrait dessiné. Cette inscription est faite par une même main, évidemment du temps de Rubens ou peu après sa mort. Il est à croire qu’un des directeurs de la vente, Jacques Moermans par exemple, nous a conservé de cette manière l’exacte désignation des personnages représentés. Cette particularité vient à l’appui de la supposition que nous venons d’énoncer et d’après laquelle les dessins rubéniens de l’Albertine seraient restés ensemble depuis la mort de Rubens jusqu’à leur acquisition par le duc Albert, sans jamais avoir passé par une vente publique.

Les dessins de Rubens se divisent naturellement en deux grands groupes: ceux qu’il exécuta pour les graveurs et les dessins d’étude.

Dans le premier groupe, nous trouvons d’abord les séries des apôtres, des bustes antiques et des camées dont le dessin lui est attribué avec ou sans fondement, les Livres à dessiner, les Palais de Gênes et les Thèses. Ensuite, les modèles des frontispices et des illustrations, commandés par les imprimeurs. Les dessins faits pour Balthasar Moretus, le chef de l’imprimerie plantinienne et l’ami particulier du peintre, forment la majeure partie de cette dernière catégorie. Nous avons eu la bonne chance d’exhumer des archives du musée plantinien de nombreux et précieux renseignements sur ces œuvres. Dans cette subdivision, les dessins ne sont pas faits d’après des tableaux du maitre.

Nous rangeons dans le même groupe les dessins faits par Rubens pour Christophe Jegher, l’unique graveur sur bois qui ait travaillé pour lui. Il n’y a pas à douter que le maître n’ait dessiné expressément les modèles des admirables planches taillées par l’éminent xylographe. D’ordinaire, il s’inspirait pour les faire de l’un ou de l’autre de ses tableaux, dont il modifiait plus ou moins la composition.

Nous y joignons encore les dessins, faits d’après ses tableaux, par Rubens ou par ses élèves pour les graveurs contemporains et ceux qui ont

été exécutés par ces derniers, pour autant que ces diverses pièces aient acquis de la notoriété, soit par la photographie soit par leur inscription dans des catalogues de musées ou de célèbres ventes publiques.

Dans cette subdivision de notre cinquième volume, nous rangeons enfin les quelques dessins faits par Rubens pour les architectes et pour les sculpteurs.

La seconde classe des dessins de Rubens, qui forment la matière de la seconde partie du présent volume, comprend les dessins d’études. Nous les rangeons en deux catégories : ceux que le maître fit d’après des artistes de l’antiquité ou de la renaissance et ceux qu’il exécuta comme études pour ses propres tableaux. Dans cette dernière subdivision nous en trouvons un certain nombre que nous pouvons rattacher à des peintures déterminées, et d’autres, en plus grand nombre, dont nous ignorons si Rubens les a utilisés.

Il est à peine nécessaire de faire remarquer que des dessins d’étude de Rubens, dépourvus d’authencité, abondent aussi bien dans les collections publiques et privées que dans le commerce. Nous les signalons lorsqu’il ont été publiés par la photographie et appartiennent à des collections publiques.

Page 1