‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 32 sur 284 · L'ANNONCIATION · texte numérisé non relu

L'ANNONCIATION

Planche du Missale Romanuii de la Société des Livres Liturgiques.

Photographié d’après le dessin par CARL HAACK.

Pl. 373

encore question de faire dessiner ces deux planches par Rubens. Le i3

septembre i63o, Moretus écrit à Cordier: « J’ai reçu les thèses théologiques et les ferai imprimer avec élégance et sans délai. Quant aux gravures, je ne sais trop comment les faire exécuter. Rubens refuse de les dessiner, si on ne lui accorde trois mois pour les faire. J’ai moi-même l’habitude de le prévenir six mois d’avance, quand je veux avoir un frontispice, pour qu’il ait le temps d’y réfléchir et de l’exécuter à loisir. Il ne consacre à ce travail que les

jours fériés et ne s’y mettrait pas les jours ouvrables, à moins qu’on ne

lui payât cent florins pour un seul dessin. Je ferai donc faire le dessin par un autre. Jusqu’à présent, je n’ai pas encore vu une effigie authentique du roi Ferdinand ; si donc il en existe une par ici en peinture ou en gravure, je vous prierai de me l’envoyer (i). «

Ce ne fut donc pas Rubens qui dessina les deux grandes planches de

l’ouvrage; cependant, comme nous l’apprend une lettre de Balthasar Moretus à Balthasar Cordier, datée du 14 février i63i, on les soumit à son examen et elles ne furent imprimées qu’après avoir reçu son approbation (2).

Le portrait de Ferdinand III fut gravé par Corneille Galle. Le 17 janvier i63i, Moretus paya 86 florins pour ce travail. En inscrivant cette dépense dans ses registres, il annota que le dessin en était fait par Pierre De Jode (3).

Gravure: V. S. ig, Anonyme.

(1) Theses theologicas accepi quas eleganter et cito excusas curabo. At de imaginibus laboro qui absolvantur. Rubenius delineare eas récusât, nisi ad trimestre delineatio differri possit. Et solet fere a me præmoneri sex mensibus, ut titulum aliquem meditetur, et describat cum plenissimo otio, et diebus fere sacris; nam profanos operi tali haud impendit; aut centum florenos pro unica delineatione exigeret. Itaque per alium delineari curabo : sed hactenus veram Ferdinandi Regis imaginem haud vidimus ; si isthic extet vel picta vel sculpta, operæ pretium sit eam transmitti (Archives du musée Plantin-Moretus. Correspondance de Balthasar Moretus. Lettre du i3 septembre i63o).

(2) Imagines tandem absolutæ atque adeo hoc ipso vespero quo has scribo. In sequentem septimanam trecenta quinquaginta exemplaria excusa curabo, et mittam quot licebit per cursorem hic præfectum ; imo per Dominam Viduam Baronis de Tassis, quæ huic imperat, et nescio quam legem nuperrime indixit ne minoris folia impressa quant ipsas epistolas æstimaret. Cæterum imagines placituras spero ; quas non semel refingi atque emendari curavit donec mihi et Apelli nostro Rubenio placèrent, adeo ut tempore acquisita bonitas facile omnem moram compenset (Id. Id. 14 février 1 63 1 ) .

(3) 1 63 1 . Den 17 Januari. Cornelis gesneden Ferdinandus te peerde in folio

de Jode geteckent met verhelpen en cooper ailes te sarnen. gui. 86.

(Archives du musée Plantin-Moretus. Compte des Galle).

1266. Frontispice du premier volume de Opéra S. Dionysii Areopagitce cum

scholiis S. Maximi et paraphrasi Pachymer a Balthasare Corderio Soc. Jesu

Doci. Theol. latine interpretata et notis theologicis illustrata. Antverpiæ, ex

officina plantiniana Balthasaris Moreti. M.DC.XXXIIII In-folio.

Le titre est gravé sur une tablette qui est posée devant St. Denis l’Aréopagite. Celui-ci est assis; il tient d’une main la tablette, montre le texte de l’autre et lève les yeux au ciel. A ses côtés se trouvent St. Pierre et 5t. Paul. Dans le haut du frontispice, on voit la Trinité, symbolisée par un triangle rayonnant, autour duquel un cercle d’angelets est en adoration. Entre ce cercle et les trois saints de la partie inférieure, on voit la Foi, l’Espérance et la Charité, symbolisées par trois femmes, dont la première tient un calice et une croix, la seconde une ancre et une fleur de lotus, la troisième deux enfants. Toute la composition et spécialement la personnification des trois vertus théologales est admirable.

La planche est signée: Pet. Paid Rubenius pinxit. Corn. Galleus sculpsit.

Le dessin fut payé 20 florins à Rubens ; la gravure 100 florins à Théodore Galle, le 18 décembre i632 (1).

Gravure: V. S. 53, Corneille Galle, le père. Le cuivre de la gravure est conservé au musée Plantin-Moretus (Salle XIX, n° 65) et a été utilisé dans Titres et Portraits gravés d'après P. P. Rubens pour F imprimerie plantinienne .

Voir planche 364.

1267. Vignette pour le titre du second volume de Opéra S. Dionysii Areopagit.

Sur le titre du second volumedu même ouvrage se trouve une vignette, représentant les armoiries du cardinal et prince de Dietrichtstein tenues par deux angelets volants. Cette composition est assez insignifiante et nous n’aurions jamais songé à l’attribuer à Rubens, si les comptes de Balthasar Moretus ne faisaient foi que le dessin a été payé à Rubens. La somme de 12 florins, inscrite pour le dessin de Insignia Card. a Dietrichstein , se rapporte évidemment à cette vignette (Voir n° 882).

Gravure non citée: C. Galle.

(1) A0 1 632 . Den 18 december Cornelis gesneden den tytel naer Rubbens Opéra S. Dionysii. gui. 100.

(Archives du muse'e Plantin-Moretus. Compte de Théodore Galle. Fol. 77 r°).

1268. Frontispice de Gelrische Rechten des Ruremundtschen Quartiers van nienws oversien ende verbetert door last van haere Doorluchtichste Hoocheden. Tôt Ruremundt. Bij Johan Hompes. M.DC.XX.

A droite d’une arcade, au-dessus de laquelle on lit l’inscription: Viroque clarescere pultkrum , se trouve le portrait en pied de l’archiduchesse Isabelle ; à gauche, celui de l’archiduc Albert, la couronne sur la tête, une épée dans la main gauche. Dans l’ouverture de l’arcade est suspendu l’écusson des Archiducs, entouré de la chaîne avec le bijou de la Toison d’or. Derrière l’écusson, un rideau qui est tenu des deux côtés par les Archiducs et sur lequel on lit le titre du livre. Au-dessus de l’écusson, un cheval monté par un chevalier de la Gueldre en cuirasse, qui tient dans la main gauche une lance garnie d’une flamme, et dans la main droite un écusson ovale avec les armoiries de la Gueldre. Des deux côtés du cavalier, un ange volant tenant des deux mains une banderole, sur laquelle on lit la devise: Armis et legibus. Sous l’arcade un cartouche, derrière lequel on voit une tête d’ange et sur lequel on lit l’adresse de l’éditeur. A gauche de ce cartouche, l’écusson couronné de la Gueldre; a droite, celui de la ville de Ruremonde, rattachés l’un à l’autre par une guirlande de fruits.

Lorsque, en 1619, les États de la Gueldre eurent rédig é un projet des coutumes de ce duché, ils le soumirent à l’approbation des archiducs Albert et Isabelle qui l’approuvèrent le ig septembre 161g. L’impression fut confiée à Johan Hompes de Ruremonde, qui fit exécuter le travail à Cologne.

Les États de la Gueldre eurent recours à Rubens pour faire dessiner et à Jean Cobbaert pour faire graver le frontispice de l’ouvrage. Ils payèrent au premier 12 florins et au second 65 florins, suivant le compte qui s’est conservé aux archives de Ruremonde (1).

Le cuivre de la planche se conserve aux archives de Gravure non citée: Jean Collaert.

Ruremonde.

(1) Aen het copere van de plaete

gl. 4 St.

Aen ’t teeckenen van den titel aen Mr Rubenio

Aen Hans Collart voor ’t snijden

Aen de letteren te snijden

Aen ’t papier

)) 10 St.

Aen het coper te drucken

Port van brieven te besorgen

J. B. SlVRÉ : Gravure naar eene onbekende ieekening van Rubens (De Maasgouvv. Maastricht. 10 April 187g).

1269 Frontispice de C. Gevartius, Pompa Introitus honori Serenissimi principis

Ferdinandi Austriaci Hispaniarum Inf antis S. R. E. Card. Belgarum et

Burgundionum gubernatoris a S. P. Q. Antverp. décréta et adornata. Antverpiæ,

excudebat Joannes Meursius. M.DC.XLII. In-folio.

Nous avons donné la description et l’histoire de ce frontispice aux pages 33 i-334 du troisième volume de notre ouvrage.

L’esquisse en grisaille de cette composition se trouve au musée de Cambridge n° 240.

Photographie: Lord.

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