‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 63 sur 284 · UNE ÉTUDE DE DIX LIONS ET D’UN CHIEN · texte numérisé non relu

UNE ÉTUDE DE DIX LIONS ET D’UN CHIEN

Dessin photographie' par A. BRAUN.

Pl. 406

i3gi. La Sibylle lybique, d’après Michel Ange.

Paris. Louvre, 20227. Dessins exposés, n° 568.

Aux crayons noir et rouge. H. 52, L. 34.

Vue de profil et assise, elle tient à la hauteur de la tête, sur les bras étendus, un volume ouvert. A côté d’elle, deux petits génies.

Ces deux dessins, comme les six prophètes que nous avons décrits plus haut, sont copiés d’après le plafond de la chapelle Sixtine, peint par Michel Ange. Ils proviennent de la collection Jabach.

Photographie : A. Braun.

i3g2. L’Enlèvement des Sabines, d’après Polydore de Caravage.

Le catalogue de la vente Mariette (Paris, I77Ô, n° 1021) mentionne: « L’Enlèvement des Sabines: belle composition, exécutée en bas-relief à

Rome, par Polidore de Caravage, et dessiné parfaitement par Rubens au lavis, rehaussé de blanc. « Adjugé à 140 livres.

i3g3. Le Triomphe de Scipion, d’après Jules Romain.

Paris. Louvre, 20250.

A la plume, lavé de bistre. H. 41.4, L. 57.

Sur un pont orné de deux statues, d’un sphinx et de panneaux sculptés, passe le cortège triomphal. En avant, des licteurs, puis des porte-étendard et des musiciens, parmi lesquels on remarque une femme jouant du tambourin, un homme battant les cymbales et plusieurs autres qui soufflent de toutes leurs forces dans de longues trompettes droites ou recourbées.

Ce dessin est copié d’après un carton de l 'Histoire de Scipion , qui se trouve au Louvre (Dessins exposés, n° 264). Ce carton faisait partie d’une suite de 22 pièces que le roi de France possédait en i534 et qu’il fit exécuter à Bruxelles en tapisserie (1). Il est probable que Rubens a vu la tapisserie à Paris entre 1622 et 1625 et a fait d’après elle le présent dessin.

(1) FRÉDÉRIC Reiset: Notice des dessins exposés au Louvre. Paris, 1866. p. 242.

Il provient de la vente Crozat (Paris, 1741, n° 814), où il fut adjugé, avec trois autres, à i3o livres.

Photographie : A. Braun.

Voir planche 3g8.

1394. La Bataille de Cadore, d’après le Titien.

Bruxelles. Collection Koster.

Dessin à la plume relevé de bistre. H. 41, L. 96.

Deux troupes ennemies, l’une poursuivant l’autre, traversent un pont, à l’extrémité duquel le combat est engagé. Des cavaliers sont culbutés dans la rivière avec leurs chevaux ; quelques guerriers cherchent à remonter sur les bords élevés et escarpés de l’eau. A droite, une pièce de canon.

Le dessin reproduit, rapidement esquissée, la Bataille de Cadore , peinte par Titien, dans la grande salle du conseil à Venise, et détruite par un incendie en 1577. C’est donc d’après une gravure, ou d’après une copie peinte, que ce dessin a été fait.

Comme nous l’avons dit, Rubens s’est souvenu de la composition du Titien en exécutant sa Bataille des Amazones (notre n° 570).

Il est assez probable que le présent dessin est celui que le catalogue de la vente Hoet (La Haye, 1760, n° 461) mentionne comme: « Une Etude de la célèbre Bataille des Amazones , à la plume, et lavé, dessin énergique et hardi par Rubens, « adjugé à Van der Mark pour 3o florins. Dans la vente de ce dernier (Amsterdam, 1773, n° 1429), il fut adjugé à Neyman pour 12 florins. Dans la vente Neyman (Paris, 1776, n° 753), il fut vendu à 17 livres. Plus tard, il appartint à sir Thomas Lawrence, qui l’avait acquis dans la vente Dijonval. En dernier lieu, dans la vente Ellinckhuysen (Rotterdam, 1878), il fut adjugé à son popriétaire actuel à 290 florins.

Photographie : Neyt.

i3g5. Un Groupe de la bataille d’Anghiari, d’après Léonard da Vinci.

Paris. Louvre, 20271. Dessins exposés, n° 565.

A la pierre noire et à la plume, lavé d’encre de Chine et retouché à l’huile sur papier gris. H. 45.1, L. 64.

Quatre cavaliers se disputent un étendard ; l’un tient de ses deux mains la poignée passée derrière son dos; un second la tient d’une main et la défend

de l’autre, au moyen de son sabre levé au-dessus de la tête. Les deux derniers cherchent à s’emparer du drapeau; l’un est armé d’une épée qu’il lève au-dessus de la tète, l’autre d’une lance. Ce dernier tient dans la main la partie supérieure de la hampe brisée. Les chevaux semblent être animés de la même fureur que leurs maîtres et se cabrent, hennissent, cherchent à se mordre. Par terre, la lutte continue entre deux fantassins, dont l’un est tombé, la tête renversée sur le sol, et dont l’autre se rue sur son adversaire. Un dernier combattant se trouve agenouillé par terre, se couvrant de son bouclier.

Le dessin reproduit un fragment du tableau, destiné à orner la salle du Conseil au Vieux Palais de Florence. Léonard da Vinci avait fait le carton de cette peinture murale, mais il n’en exécuta point la fresque. Le carton original n’existait plus du temps de Rubens, mais à cette époque se trouvait encore, au palais des Tuileries, un petit tableau reproduisant l’œuvre de Léonard da Vinci. C’est d’après cette copie, ou d’après une autre qui existe encore à Florence, que Rubens doit avoir travaillé.

Le dessin possède bien toute la fougue et les formes puissantes du maître anversois. Nous croyons qu’il lui est attribué avec raison. Le sujet devait l’attirer et dans la facture soignée, dans la brillante exécution, nous devons voir une preuve de son admiration pour l’œuvre originale.

Le dessin a fait partie de la collection du comte de Tessin, ambassadeur de Suède à Paris, vers le milieu du dix-huitième siècle, et a été acquis en dernier lieu à Stockholm par M. le comte de Bark. Ce dernier le vendit au Louvre, en février i852, au prix de 4000 francs.

Le dessin a été gravé par Gérard Edelinck, d’après l’original ou d’après une copie qui a appartenu à Thomas Dinsdale, à sir Thomas Lawrence et au roi des Pays-Bas (1). La superbe estampe porte la mention : « L. d’ la finse pin. G. Edelinck Sc. » Le nom de Rubens n’est pas mentionné.

Gravure: V. S. Histoire et allégories profanes, i3o, G. Edelinck.

Photographie : A. Braun.

Voir planche 3gg.

(1) FRÉDÉRIC Reiset: Notice des dessins exposés au Louvre, p. 3 18.

i3g6. Un Cortège de Licteurs, d’après Polydore de Caravage.

Londres. Collection Malcolm, 584.

A la plume, lavé de bistre et rehaussé de blanc sur papier bleu. H. 17, L. 42.

Un cortège de licteurs romains, dans la manière de Polydore de Caravage. Composition de plusieurs figures, disposée en frise.

Le dessin provient des collections Richardson, J. Barnard et sir Thomas Lawrence. Il pourrait bien être celui qui fut vendu dans la vente Crozat, n° 814, avec trois autres à i3o livres.

i3g7. Le grand Sultan ou son Visir a cheval, d’après Adam Elsheimer.

Londres. British Muséum.

A la plume, rehaussé à la pierre noire et à la sanguine. H. 27, L. 21.2.

Dessin très soigneusement fait d’après un tableau d’Adam Elsheimer (Voir plus haut, Tome IV p. 35) et reproduit par le graveur Pierre Soutman.

Gravure: V. S. Histoire et Allégories profanes, 76, P. Soutman.

i3g8. TROIS TÈTES ET UNE FIGURE, d’après l’antique.

Paris. Louvre, 20358.

A la pierre noire.

Archytas.

Figure assise, tenant d’une main un vase, de l’autre une quenouille. Sur le siège, on lit: F. APAS. Rubens a inscrit sur le dessin, dans le haut, Archytas, en bas : Apud F. Ursinum. In numismate argenteo.

Lysias.

Buste à base carrée, avec l’inscription: AY2IAX. Rubens a inscrit sur son dessin, dans le haut: L Y SI A S ; dans le bas: Apud Horatium Victorium. In Mar more.

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