‹ L'œuvre de P. P. Rubens; histoire et description de ses tableaux et dessins (volume 4)Chapitre 93 sur 284 · L’ Assomption des Justes · texte numérisé non relu

L’ Assomption des Justes

Divers documents intéressants concernant ce tableau ont été publiés dans les derniers temps. Nous avons déjà dit qu’en 1684, les doyens de la corporation de St. Luc avaient déclaré qu’un petit tableau soumis à leur jugement et nommé les Aines bienheureuses , avait été commencé par Rubens et terminé par Jean van Bockhorst. M. Van den Branden dit que, dans la vente des tableaux appartenant à la mortuaire de Rubens, Wildens acheta un tableau du maître « imparfait et uniquement une esquisse ou un commencement de tableau, puisque seules quelques petites figures au milieu étaient à peu près terminées et que les autres, tout autour, étaient indiquées à la craie ou à la laque (1). « Wildens fit terminer le tableau par Jean Bockhorst et, en i653, on trouva V Assomption des Ames Bienheureuses dans la mortuaire du premier de ces deux peintres.

En 1668, on vendit dans la mortuaire de Jacques Stoop, à Gand, une Résurrection des Bienheureux , à 116 florins i3 sous, 14 deniers; une Chute des Réprouvés , à 5i florins, et une petite Résurrection , à i5 florins (2).

Le 2 août i683, neuf peintres, sculpteurs et amateurs de Gand déclarent authentique un tableau de Rubens, représentant les A mes bienheureuses qui avait appartenu deux années auparavant à Jacques van Hoorebeke (3). Le tableau fut expertisé l’année suivante par les doyens de la corporation de St. Luc, à Anvers, comme nous l’avons dit, et vendu à Van Biesum de Rotterdam (4), au prix de 1715 florins. Nous croyons qu’il s’agit dans tous ces documents du tableau du musée de Munich.

Dans les documents provenant de la famille de Rubens, que vient de publier M. Bonaffé, nous lisons que, dans les comptes rendus par le peintre après la mort de sa première femme, il fit défalquer 6000 florins de la somme due par le duc de Buckingham pour un tableau, représentant les Saintes Ames montant au ciel , que Messire Rubens était tenu de peindre, afin de l’envoyer

(1) F.-JOS. VAN DEN Branden: G eschiedenis der Animer psche Schilderscliool, p. 58o-58i.

(2) Messager des Sciences historiques. 1890, p. 481.

(3) Document aux archives de la ville de Gand.

(4) Messager des Sciences historiques. 1890. p. 477.

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avec le reste au prénommé Duc et qui n'était pas commencé à la mort de la défunte, c’est à dire le 20 juin 1626 (1).

La somme de 6000 florins prouve qu’il s’agissait dans cette commande non exécutée d’un très grand tableau. Il faudrait donc admettre qu’en 1626 Rubens se proposait de peindre en grand format une composition représentant Y Assomption des Justes. Le tableau de la Pinacothèque de Munich ne date pas du dernier, mais du premier temps de Rubens. Bien avant 1626, il avait la forme qu’il conserva jusqu’à la mort du maître; en 1640, on le trouva dans son atelier, non parce que Rubens y avait travaillé dans les derniers temps de sa vie, mais parce qu’il l’y avait gardé de longues années, sans le pousser plus loin et sans exécuter le grand tableau auquel il devait servir d’esquisse.

Le tableau de la Pinacothèque de Munich a été photographié par Hanfstaengl.

g5. Le Purgatoire. Une esquisse du Purgatoire (H. 1 pied 5 pouces,

L. 1 pied 2 pouces) fut adjugée à 70 florins, dans la vente del Marmol (Bruxelles, 1791).

102. Loth quitte Sodome. Ce tableau fut acquis au prix de i85o guinées, dans la vente de la Galerie du duc de Marlborough (Londres, 1886), par

M. Charles Butler de Londres.

103. Loth enivré par ses filles. Ce tableau fut acquis du duc de Marlborough par le baron Hirsch de Vienne, avant la vente de la collection de Blenheim. 11 se trouve reproduit dans le tableau du musée de Stockholm (n° 407), désigné comme le Salon de Rubens, où on le voit au-dessus de la cheminée.

104. Loth énivré par ses filles. De ce tableau, le musée de Schwerin possède une copie (n° 899. Toile. H. 108, L. 146) assez faible, qui présente de légères variantes avec la gravure de Swanenburg.

Tome I, p. 126. Agar dans le désert. Dans la vente de la collection de l’avocat Borremans (Bruxelles, 1781), un tableau « Agar accablée de tristesse, dans un paysage, haut 2 pieds 3 pouces, large 2 pieds 2 pouces « fut adjugé à 790 florins.

107. Le Sacrifice d' Abraham. La gravure de G. Huck (Voorhelm Schneevoogt 27) reproduit une autre composition que celle décrite sous ce numéro. On y

(1) Galette des Beaux-Arts, 1891. II, 387.

voit Abraham les mains jointes, les yeux dirigés vers le ciel, pleurant, et son fils, regardant devant lui. Les deux personnages sont vus jusqu’à la poitrine.

Dans la vente Jules Unger, de Cannstatt (Cologne, 1884), un tableau représentant la composition gravée par André Stock fut retirée à 7100 marcs. Il était peint sur bois et mesurait H. 140, L. 120. Le catalogue le désigne comme l’original d’après lequel la gravure d’André Stock fut faite, et le reproduit en phototypie.

Tome I, page i33. Comme nous l’avons fait observer dans une note, Tome III, page r, la somme payée à Rubens par Philippe IV pour les tableaux faits en 1637 n’était pas de 10,000 livres de gros, valant 60,000 florins, mais de 10,000 livres de Flandre, équivalant à 10,000 florins.

109. La Réconciliation d’Esaii et de Jacob. Les retouches de Rubens sont importantes. La femme et les enfants sont entièrement surpeints par lui ; les chairs d’Esaü, de Jacob et de l’homme entre les deux bœufs sont terminées de sa main.

iogbis. Esquisse de la Réconciliation d’Esaii et de Jacob. Cette esquisse fut adjugée dans la vente Munro (Londres, 1878), à A. Levy pour la somme de 325 livres 16 shellings; dans la vente A. Levy (Londres, 1884), pour la somme de 299 livres sterling.

112. Le Serpent d’airain. Bode remarque, non sans une grande apparence de raison, que Y Andromède du musée de Berlin (notre n° 667) est une étude pour la femme qui lève au-dessus de la tête ses bras entourés de serpents. En revoyant le tableau, nous avons cru devoir le reporter de 1637, date indiquée dans notre description, à i63g environ.

Tome I, page 141. Le Serpent d’airain. Ce tableau du musée de Madrid a été lithographié par A. Blanco et photographié par J. Laurent.

116. Samson pris par les Philistins. C’est par erreur que nous avons assigné la date de 1612 à i6i5 à ce tableau; c’est i632 à i635 qu’il faut lire.

Tome I, page 146. Dans le tableau David coupant la tête de Goliath de la galerie de Leuchtenberg, on voit Goliath couché par terre et David lui appuyant le pied sur la tête, prêt à frapper de son épée. Dans le lointain, on aperçoit une armée en marche.

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